La récidive

Francis Manaud

En élisant François Hollande à la tête du pays, nous avons accepté un changement d’orientation politique dans l’espoir d’un redressement rapide de l’ensemble de nos conditions de vie. Comme il est difficile à la nouvelle majorité de concéder à l’ancienne un certain nombre d’avancées profitables à notre pays, son premier travail consiste à détricoter l’ensemble de ce qui avait été réalisé auparavant sans même attendre des résultats qui auraient pu s’avérer bénéfiques. C’est malheureusement toujours ainsi que se passent les choses, ce qui produit sans aucun doute un immobilisme dont nous avons de plus en plus de peine à nous défaire. C’est ainsi que la nouvelle Garde des Sceaux n’a pas tardé à s’attaquer au problème de la délinquance chez les jeunes et de remettre en cause les centres fermés pour privilégier le dialogue, comme si cette façon de procéder devait s’adresser à une population capable de faire la part des choses. En effet dans la plupart des cas, pour se faire comprendre il faut opposer la violence à la violence et montrer à ces jeunes déstructurés que la violence est sans issue et que donc il faut choisir une autre voie que celle qu’ils ont adoptée. En fait le véritable échec dans notre politique vis-à-vis d’une jeunesse qui croit que tout peut lui être permis, c’est d’avoir supprimé le service militaire. Ce dernier avait fait ses preuves dans l’émancipation des jeunes paysans d’autrefois.

 

La République nous doit assistance et protection

 

Il serait on ne peut plus utile, pour remettre dans le droit chemin les enfants privés de tout sens civique dans une société multiculturelle qui est en train de se construire en établissant de nouvelles règles du vivre ensemble. Hélas on détruit peu à peu les anciennes casernes pour construire des logements sociaux qui ne formeront rien de plus que de nouveaux ilots de délinquance et de super marchés de la drogue. Dans le même élan, on va remettre en question le problème de la récidive qui met en lumière la difficulté de remettre dans le circuit social des individus déjà condamnés pour des faits identiques. Tout le monde sait bien que la prison n’est que le moyen provisoire d’écarter un délinquant de la société pour éviter tout phénomène de vengeance et si possible, pour lui donner le temps de la réflexion vis-à-vis du crime qu’il a commis, tout en sachant qu’à l’issue de sa peine, il lui sera bien difficile de se réinsérer dans une société déjà bien exigeante pour ceux exempts de tous reproches. La plupart du temps, les peines prononcées bénéficient de remises parfois très importantes. Que survienne alors un nouveau crime et l’on peut en conclure sans aucune hésitation que ni la thérapie ni la réflexion ne sont venues à bout d’une pathologie incurable. Dans ces conditions l’enfermement à vie semble la seule solution sans aucune contestation possible. En France peu de gens meurent en prison et pourtant si tel était le cas, bien des drames auraient été évités. La République nous doit assistance et protection. Cela a un prix, il faut accepter de le payer même au prix de l’abolition de la peine de mort.

 

Francis Manaud



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