La parité

Francis Manaud

Après la loi sur le mariage pour tous, le gouvernement semble vouloir s’attaquer à un nouveau problème de notre société moderne : la parité. Il est vrai qu’aux frontons de nos bâtiments publics, l’égalité est encadrée par la liberté et la fraternité, faut-il que cette égalité concerne aussi celle des sexes dans la vie publique ? Il n’est pas douteux que le patriarcat a largement dominé notre pays durant les siècles derniers. Il faut dire que l’émancipation de la femme moderne en France ne date que de l’après-guerre, juste récompense de sa participation à l’effort fourni pour renvoyer l’envahisseur dans ses foyers. Dès lors la femme, dont le rôle consistait essentiellement aux tâches ménagères, a voulu s’impliquer de plus en plus dans l’économie du pays et profiter des avancées technologiques qui la débarrassaient progressivement de ces tâches. Peu à peu des femmes célèbres se sont illustrées dans des domaines autrefois réservés aux hommes et dès lors pourquoi ne pas aménager notre société pour leur faciliter une accession à des emplois au paravent plus particulièrement masculins ? Il faut en convenir : les obstacles sont nombreux et le principal, celui de devoir assumer la maternité qui bien souvent demeure un frein au regard de leurs homologues masculins. A cet égard le code du travail a permis que cela ne soit plus un obstacle ni dans le maintien ni dans la progression normale des échelons de l’entreprise.

 

Obliger n’est jamais une bonne manière d’agir

 

Aujourd’hui tout ce qui concerne le domaine de l’esprit n’a plus aucune frontière sexuelle et parfois même les tâches les plus surprenantes qui paraissaient autrefois réservées aux hommes sont pratiquées par des femmes exceptionnelles… Toute la question est désormais de savoir s’il fallait légiférer pour établir un quota destiné à leur réserver une place dans des domaines qui ne semblent pas les attirer particulièrement ? La politique est-il l’un de ces domaines où les hommes seraient enclins à truster les postes ? Notre gouvernement a voulu donner l’exemple en nommant autant d’hommes que de femmes dans sa composition tout en réservant les ministères régaliens mis à part un, aux hommes. A la première modification intervenue, ce sont deux femmes qui en ont fait les frais. Obliger n’est jamais une bonne manière d’agir, mieux vaut s’en tenir à l’évolution naturelle des choses et si les femmes veulent s’intéresser de façon active à la politique, point de quota pour qu’elles y parviennent. En obligeant les partis politiques à la parité forcée par des pénalités, on les oblige à des artifices qui fragilisent notre démocratie. La parité dans les élections municipales rejette souvent les femmes en position non éligible tout simplement car elles ne sont présentes que contraintes par la loi. Et pourquoi pas un gouvernement composé de 70% de femmes ? La parité un principe certes, mais une faute quand elle devient obligation.

 

Francis Manaud



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