La notion de liberté au siècle des Lumières

La liberté individuelle n’est en fait que la somme d’autres libertés, qu’elles soient économiques, sociales, politiques, religieuses comme de pensée ou d’expression… C’est ainsi que dans bon nombre d’écrits de sages de l’Antiquité mais aussi du XVIIIème siècle, elle nous apparaît d’une rare limpidité. Aristote dans l’Éthique à Nicomaque, livre III, Platon dans La République, expriment une réflexion sur la liberté, mais pour ne l’aborder que sur le plan métaphysique. Épicure aurait, selon l’interprétation sujette à caution de Ci- céron, inventé la notion de clinamen pour éviter le déterminisme qui découle de la physique. Epictète, Descartes et plus tard Saint Thomas d’Aquin, Spinoza et Leibniz auront toujours osé le questionnement de la Liberté de pensée en résonance avec la liberté individuelle…

Des philosophies qui, avec le temps, auraient dû donner un ordonnancement plus juste et plus ambitieux de nos sociétés. Liberté économique et sociale pour concevoir un libéralisme ouvert mais à contrôler en permanence, la dérive et la perte de repères équitables n’étant jamais très loin. Et l’actualité, prend un malin plaisir à nous le rappeler chaque jour un peu plus !
Car prôner le libéralisme, c’est de fait s’opposer aux préjugés nobiliaires passéistes en remplaçant le privilège de la naissance par un système social fondé essentiellement sur le mérite personnel. C’est ainsi que l’on peut favoriser la libre-circulation et l’esprit d’entreprise, tout en étant capable de conserver une grande lucidité, donc une liberté. Ce qui n’empêchera pas de s’interroger sur la gestion de la mécanisation, de con- trôler l’expansion économique pour éviter un impérialisme dévastateur et même de s’opposer au système esclavagiste qui, bien souvent, continue à sévir sans en porter le nom…

L’autre Liberté

Oui, l’autre liberté de nature confessionnelle, qui pourrait, bientôt, peser bien plus qu’il n’y paraît justement sur la liberté individuelle :  la Liberté religieuse, de l’inquisition au déisme ou au matérialisme pur et dur avec la légitime question de savoir qui pour lutter contre les manifestations de l’intolérance que l’on commence à voir poindre en France et ailleurs… Qui pour remettre en question que l’on puisse lutter contre la Providence déterminant le destin de l’Homme ? Comme si nous étions victimes d’une inoculation volontaire, de type préventif comme prétendent nos gouvernants mais qui pourrait demain nous faire perdre notre identité et nos valeurs judéo-chrétiennes… Que l’on ne s’y trompe pas ! Oui, en 2012 qui pour s’opposer à la superstition, au fanatisme, au prosélytisme guerrier et même colonisateur et pas seulement dans le sens Nord/Sud ? Mais aussi, qui pour intervenir directement contre l’arbitraire des con-damnations, les erreurs judiciaires qui frappent trop souvent les petits ? Particulièrement ceux qui, par leurs écrits, leurs prises de positions ou leurs actions auraient tendance à déranger l’ordre établi en faveur d’une minorité ? Oui qui, comme hier, pour avoir le courage et même la témérité de défendre un Capitaine Dreyfus ou chez nous, un Jean Calas ?
Que dire aussi de la Liberté politique, de l’absolutisme à la souveraineté nationale, ou comment combattre la théorie de la monarchie de droit quasi divin et héréditaire avec ses excès centralisateurs ? Comme on le voit dans nos régions avec des petits monarques qui n’en n’ont pas le titre mais règnent comme tels sous prétexte que leur pouvoir leur est donné par le Peuple via les urnes. N’avons-nous pas obligation et devoir de réagir en critiquant ces excès ? Est-il déplacé de dénoncer que ces systèmes reposent surtout sur la faiblesse d’esprit des sujets ? Sommes-nous si sûrs que l’on ne maintient pas volontairement le peuple dans l’ignorance par la vulgarisation de connaissances sans importance et très éloignées de son vécu quotidien ? Ne sommes-nous pas abusés par tous ces outils de communication plus sophistiqués les uns que les autres, mais pour quel type d’information, quelle révélation porteuse de bienfaits pour le commun des mortels ? Ne sont-ils pas des gadgets qui nous donnent l’impression de pouvoir agir, mais toujours en vain ? Alors que, dans le même temps, on omettra de lutter par tous les moyens contre la censure, contre les abus de justice et de pouvoir et aussi contre la perversion et les excès des idéaux de liberté.
Qui pour rallumer la flamme de l’espoir en son prochain ?



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