La nature de l’Homme

Avec les dérives que chaque jour l’actualité nous rapporte, on pouvait déjà se poser bon nombre de questions, sur la nature de l’homme. Mais quand certains se prennent pour Dieu le Père…, on peut se demander, à juste raison, ce que devient justement l’Homme dans tout ça ?
«Tout se transforme rien ne meurt» disait Lavoisier… Quand l’heure viendra serons-nous transformés en bleuet ou en grisaille, pour ne pas changer notre quotidien. Question existentielle qui ne va pas interroger d’un iota la nature de l’Homme, dit moderne, se croyant de tout temps maître de l’univers. Au point de s’être attribué depuis toujours tous les attributs, tous les droits, toutes les qualités de la Création, quasiment sans aucun devoir à s’infliger comme contre partie. Plus, au point d’avoir érigé en règle suprême des rapports de force supérieurs avec ses congénères, comme avec son environnement d’ailleurs, faisant même croire, à certains, qu’ils pourraient être justement les maîtres de ce monde.
Par cette attitude irresponsable, l’Homme a négligé ou exploité, sans aucun égard et à son seul profit, les règnes de la nature. Ces règnes grands et petits qui sont issus de la même matrice, de la même volonté, de la même miséricorde et probablement du même amour relationnel au Créateur, pourquoi pas. Sauf qu’il a enfermé Dieu dans des croyances spirituelles séparées, de la vie ordinaire et quotidienne. Responsable d’avoir édifié des théories voire des dogmes, et pire, de se les être appropriés. De tout temps d’avoir, sans aucun droit, sans aucune légitimité et impitoyablement, imposé sa version de Dieu par la force, prônant seulement la terreur. Au point d’en faire, alors qu’il était signe de fraternité supérieure, un venin que l’homme a répandu partout où il est passé…

Où est l’engagement humaniste ?…

Faisant régner ainsi la force en règle ; oubliant les particularités qui nous ont été données, ou prêtées, à savoir l’esprit, l’âme, la pensée, la vie, qui sont en toutes choses essentiels à se sentir Homme. Comme un gène malin inscrit, pourrait-on croire, dès la création, générant le fléau qui s’introduit dans le monde par la seule volonté de l’Homme, par ses pensées, par ses actes, par sa convoitise de tout et de rien. Avec une erreur majeure qui a amené, l’Homme, à inscrire comme règle, dans ses relations avec l’autre, le non respect justement de tout engagement humaniste. Abordant le chaos avec la rupture du contact avec la vie, conciliant l’émergence des droits, voire l’exigence de droits supérieurs. Sans aucune obligation de contrepartie, sans aucune obligation de rien.
Comme une impression de retour à notre histoire primitive, à la création de ce monde que l’on aurait pu croire parfait ; la lumière séparant l’Homme des ténèbres. Mais où déjà, était-il dit que l’Homme ne serait que l’homme… «Partis d’Orient, au pays de Senaar, ils s’établirent et tracèrent leur première ville de brique et de bitume. De peur d’être dispersés sur la face de la Terre, ils voulurent imposer leur force et domination en construisant une tour capable de toucher le Ciel, disaient-ils : Babel. Mais le Créateur ne l’entendit pas de cette oreille et voyant leur œuvre et la puissance qui se révélerait incontrôlable, les dispersa sur la face de la Terre de sorte qu’ils cessèrent de bâtir leur ville. Plus, embrouillant leur langage afin qu’ils ne se comprennent plus, les uns des autres…» nous dit la Genèse. 

 

La Laïcité…

Sauver le monde à la dérobée, à l’insu de tous et même de soi-même, beaucoup l’ont pensé, imaginé. Mais, le Monde peut-il être sauvé sans justement la volonté de l’Homme ? Rien n’a lieu sur cette terre qui ne nous implique pas. Chaque guerre est la retombée radioactive de notre haine quotidienne et de celle de nos congénères. Tandis que chaque action juste, chaque parole claire pourrait redresser notre tête, nous restituer cette humanité perdue, nous ne faisons rien pour l’imposer, nous l’imposer. Ici tout est question de dominance et de faire valoir par la seule force de la puissance.
Pourtant conscient d’être à un moment donné dépassé, à court d’arguments d’Egalité, de Fraternité et surtout de Justice, l’Homme a réagi. Il a même pensé trouver la solution idéale en créant une autre religion “la Laïcité”. En fait, un effet de manche mal accompli qui a, on le voit chaque jour plus, créé les conditions d’un vide dont d’autres pourraient, si ce n’est déjà fait, un jour pas si lointain, profiter.  
Bien sûr, nous ne sommes pas responsables de tout, mais notre vision de la réalité ne veut se complaire que dans du soi-disant concret. Oubliant de fait que nous sommes individuellement et en permanence nécessaires à la création quotidienne du monde.
Car chacun de nous, si nous ne sommes jamais les gardiens d’un accompli, sommes toujours les co-créateurs d’un devenir.
A trop l’oublier, ou feindre de ne pas le voir ou le savoir, on va finir par chuter et après…

André-Gérôme Gallego
Directeur de la Publication
andreg@aol.com


Comme dirait le philosophe catalan, Rodolph Fauria-Gort «ils ont l’ambition de changer le Monde, alors qu’ils n’ont même pas les moyens de changer de paire de chaussette…»


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.