La menace terroriste

Francis Manaud

Il faut bien en convenir, il est très difficile pour nous Occidentaux de comprendre et d’analyser ce qui se passe depuis maintenant une décennie en Afrique et dans les pays arabes. On croyait apparemment bien naïvement que la disparition de Ben Laden avait décapité toute cette organisation terroriste dont le paroxysme de l’horreur avait été atteint lors la destruction des tours jumelles de New York. Les événements récents que sont les troubles en Syrie et l’attaque du centre commercial à Nairobi au Kenya montrent que le terrorisme tisse sa toile, dans un premier temps de manière dispersée et sporadique, ce qui ne veut pas dire qu’à terme il ne s’organise pas et devienne une véritable menace pour les grandes puissances. En Syrie comme auparavant en Irak et en Libye, notre sens aigu de la démocratie nous a amenés à écarter les dictateurs au profit de groupuscules se revendiquant de mouvements libertaires et qui très vite se sont avérés de dangereux totalitaires religieux. Nous avions pourtant en exemple l’Iran qui a chassé le shah et dont l’attitude vis-à-vis d’Israël ne cesse d’être une menace pour la paix du monde. En Syrie, nous montrons du doigt Bachar el Assad sans connaître réellement la composition des éléments qui composent ce qu’il appelle des terroristes et leurs véritables motivations. Ce qui est maintenant acquis et qui est très grave, c’est que la frange jihadiste revendique dans ses rangs des ressortissants occidentaux recrutés parmi des jeunes de nos cités sensibles. Ces jeunes déstructurés, convertis à une forme de la religion musulmane, vont mourir pour une cause dont ils ne connaissent pour ainsi dire rien.

 

Le risque majeur

 

Ce faisant,  s’ils échappent à la mort au combat, ils deviennent des dangers pour leur propre communauté d’origine qu’ils menaceront à terme d’attentats ou de prosélytisme en direction des jeunes. D’ailleurs à regarder de plus près le conflit syrien, on peut légitimement se demander s’il s’agit d’une révolution intérieure pour s’opposer à une dictature, ou s’il s’agit des conflits d’intérêts liés à sa position géographique. L’Iran, la Russie, mais aussi le Qatar produisent du gaz dont l’acheminement par la Syrie est un enjeu stratégique et commercial important. Chacun des pays concernés se trouve dans l’un ou l’autre camp, ce qui rend moins antipathique la posture de Bachar el Assad et son combat pour éviter que son pays ne tombe dans des mains comparables à celles qui se sont emparées de la Libye. Dans un autre contexte, mais dans le même esprit, ce qui se passe en Afrique est tout aussi préoccupant. L’aspect tribal des terroristes qui ont la mainmise sur une vaste partie de ce continent rend leur mise hors d’état de nuire tout aussi compliquée. Fort heureusement la France a mis un coup d’arrêt à leur progression au Mali mais le risque majeur demeure la possibilité que tous ces groupuscules fusionnent leur commandement et ne viennent à terme exporter leur combat en Europe ou aux Etats-Unis par l’enrôlement de certains de nos ressortissants. Désormais la vigilance devra être de mise dans les milieux religieux intégristes qui sont les pépinières de ces futurs terroristes.

 

Francis Manaud



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