La hausse des prix maîtrisée ?

En tout cas, pas celle des emballages et de leurs contenus… Voilà quelques mois, habitué à l’achat quasi maniaque d’une catégorie de gâteaux secs, bien définie, je fus bien entendu attiré par une démarque “royale”, du type «un paquet acheté l’autre offert». En fait le prix de l’ensemble dépassait de 40 % le prix habituel d’un seul paquet.
Mais quelle ne fut pas ma surprise, en ouvrant l’une des boîtes, de constater que là où se logeaient habituellement 6 portions de gâteaux, il n’y en avait plus que 4. Je pensais alors à l’erreur lors de l’emballage ? J’ouvris donc immédiatement le deuxième paquet où le constat fut identique… Bizarre, je lançai donc mon enquête auprès de mes proches… Et là comme ailleurs je constatai que chacun ne notait pas de changements dans les emballages, mais dans les contenants. Là ce sont les “cracottes” qui sont plus courtes et plus fines, ici c’est la boîte de riz qui est remplie au ¾. Et même la boîte de sardines qui ne contient plus 4 poissons bien serrés les uns contre les autres, mais plutôt 3 noyés dans une sauce abondante… D’autres vont constater que les desserts, les yaourts, n’ont plus la même consistance, ni la même quantité. Et même une grande marque de parfum qui n’a pas changé l’emballage extérieur de son nectar, mais qui en interne en a créé un second qui va stabiliser une bouteille plus petite.

Pauvre France

Pourtant la méthode, probablement «la plus pernicieuse», reste la modification de la recette d’origine mais sans changer l’emballage d’origine. Ainsi, les apprentis sorciers de l’alimentaire remplacent des ingrédients nobles et onéreux par des matières premières moins chères voire changent la composition du produit pour abaisser son coût de revient. Ils nous trompent pour faire croire que les prix n’augmentent pas, alors qu’ils ont pris plus de 15 % depuis janvier…
Et voilà que notre confrère “60 millions de consommateurs” relève avec virulence, dans un numéro spécial, ces procédés utilisés par les fabricants comme par les grandes surfaces, pour tromper leur clientèle. Soulignant avec justesse «qu’il faut être un consommateur sacrément avisé» pour remarquer ces pratiques, un tantinet répréhensibles. Il est à noter que même les statistiques officielles, pourtant animées en principe par des spécialistes de l’anti-fraude, ont bien du mal à les détecter. Alors imaginez l’acheteur lambda que nous sommes…
Dans un autre domaine, mais tout aussi évident du peu de respect et de considération que l’on porte dans ce pays au consommateur en général et aux Français tout court, c’est celui des prix pratiqués à la pompe…   Ainsi prenons le cas du SP95 : le même jour on peut le trouver à 1,44 euros dans une station Total, 200 m plus loin toujours dans une station Total à 1,50 euros, dans la marque Elf, propriété de Total, à 1,36 euros, Shell : 1,40 euros et dans une petite station de la commune de Peyssies, 35 km de Toulouse, à 1,40 euros… Cherchez l’erreur ?
En fait, dans ce pays au moment où la plupart des Français peine à boucler sa fin de mois, où l’on pourrait s’attendre à plus de solidarité, on se rend compte que dans ces domaines comme ailleurs, le Français moyen restera toujours le dindon de la farce…
Un manque de morale qui, là comme ailleurs, commence à poser de graves préjudices aux Français les plus faibles, les moins avertis voire à celles et ceux qui ne peuvent bénéficier du coup de piston qui facilite le quotidien.
Ainsi, le dicton de la rue : «Dis-moi qui tu fréquentes et je te dirai si tu as une chance de t’en sortir», est toujours plus d’actualité, à Gauche comme à Droite, et quelque soit le dossier abordé.
Pauvre France…

André-Gérôme Gallego
Directeur de la publication
andreg@aol.com


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.