La France au bord de la faillite ?

1.417.668.982.414 €…
C’était le montant de notre dette publique voilà quelques heures. Depuis il s’est aggravé…
Alors aujourd’hui se pose la question raisonnable de savoir si la France n’est pas au bord de la faillite ? D’autant si l’on relève que notre déficit pour 2009 sera de 140 milliards d’euros soit quasi trois fois plus qu’en 2007. En fait, il suffirait que sur les places boursières les agences de notations ne donnent plus à l’Etat français la cotation exceptionnelle “AAA” pour que notre beau pays connaisse les affres d’une descente aux enfers. Aujourd’hui, on est donc en droit de s’interroger sur la fiabilité comme de la solvabilité de l’Etat français avec un déficit, qui atteint 84 % PIB.
En fait la France bénéficie d’une tolérance officielle qui n’apprécie sa logique financière que dans le montant des intérêts de sa dette qui ne représentent que 6 % du budget de l’Etat. Loin des 10 % fatidiques, le seuil de tolérance qui une fois atteint ferait passer notre pays du statut d’Etat capable d’honorer ses dettes au statut de mauvais payeur.
En logique économique, cela signifie que tant qu’on paye les intérêts de sa dette, on trouve des prêteurs. Sauf qu’à y voir d’un peu plus près, ces 6 % sont essentiellement dus à la faiblesse des taux du moment. Que depuis le début de la crise, les banques centrales n’ont eu de cesse de ramener leurs taux directeurs le plus près possible de zéro. Ces derniers envisageraient même de le faire passer tôt ou tard en territoire négatif. Autant d’incertitudes qui permettent aujourd’hui à l’Etat français de surfer sur la vague, de jouer, mais pour combien de temps encore ?

Où et comment économiser…

Comme dans la gestion d’un ménage : si on a toujours recours aux emprunts, dits de confort, on finira, sans s’en rendre compte à connaître un jour le surendettement, à se mettre dans le rouge. Sauf qu’aujourd’hui, les Français ne sont plus disposés à se serrer la ceinture. En auraient-ils encore les moyens qu’ils le refuseraient avec raison. Car s’il est temps de réagir, c’est à nos politiques de le faire et d’être les premiers à montrer l’exemple. Mais eux sont-ils prêts à revoir leur train de vie ? Là reste la question que l’on est en droit de poser ?
Tout d’abord sont-ils prêts à instaurer une pratique anticumulard qui engagerait nos élus à ne jouir que de deux mandats au maximum ? Sont-ils prêts aussi à revoir le niveau de leurs émoluments qui frôlent la gabegie pour ce qui concerne particulièrement nos députés comme nos sénateurs ? Un député revient au minimum à 25 000 €/ mois. Somme à laquelle il faut ajouter de nombreux avantages. Sans oublier que grâce à un certain Jean-Louis Debré, alors Président de l’Assemblée Nationale, depuis la dernière législature, si nos chers députés sont battus, ils conservent néanmoins et durant 5 ans le minimum de leur traitement à savoir près de 7 000 €. Ensuite ad vitam æternam 1 420 €, sans être obligés d’aller rendre des comptes à Pôle Emploi… Elle n’est pas belle la vie ?
A ce propos, un texte voté dans une belle unanimité à Droite comme à Gauche, alors que pendant ce temps, 70 % des Français, après 40 années de dur labeur, auront une retraite qui ne dépassera pas les 1 000 €. Sauf que durant ces fameuses 40 années, ils auront individuellement versés à la collectivité au minimum 400.000 € de charges + impôts, les intérêts en sus ? Où sont passées ces sommes ? Et aujourd’hui on voudrait les faire “bosser”, jusqu’à 70 ans, alors que l’on paye nos gamins à rester chez eux.
Par ailleurs, quand on sait que plus de 60 % de ces heureux élus du Peuple sont aussi des fonctionnaires, on aura compris que cela n’est pas prêt de s’arrêter.
A ce propos est-il normal qu’une Assemblée censée représenter l’ensemble du peuple français, qui a pour rôle principal le vote du Budget, de la dépense publique, du nombre de fonctionnaires soit majoritairement constituée de fonctionnaires ? Cette surreprésentation de la sphère publique nuit fortement à notre démocratie et à notre pays.
Les Français sont en droit d’exiger des élus indépendants, à même de contrôler la sphère administrative et de maîtriser les dépenses publiques. Ils sont aussi en droit d’exiger de rendre incompatible le mandat de député ou de sénateur et l’appartenance à la fonction publique. Ainsi, tout fonctionnaire élu député ou sénateur devra choisir entre son mandat et son appartenance à la fonction publique dans l’année suivant son élection.

L’environnement à bon dos

Autre gabegie avec toutes ces taxes que l’on nous invente chaque jour. Particulièrement celles qui concernent l’environnement et les 15 taxes qui lui sont directement liés. Les taxes sur l’essence représentent déjà 74 % du prix à la pompe mais on ose quand même nous parler d’une augmentation prochaine de +10 %. A ce propos, comment se fait-il que le même distributeur, Total en l’occurrence, propose à chaque station des tarifs différents qui peuvent avoir des différences de moins 0,10 € ? Qui contrôle ? Qui défend le consommateur que nous sommes ?
Sait-on que les Français sont les citoyens-contribuables les plus taxés et les plus réglementés d’Europe ? Augmenter encore les prélèvements, quelles que soient les intentions qui motivent ces décisions, fragiliserait des centaines de milliers de ménages déjà en grande difficulté et condamnerait irrémédiablement des milliers de Pmi-Pme comme des artisans à la faillite.
Autre niche où l’Etat exerce peu son contrôle : celui des associations en tous genres. Tout est bon à mettre sous le label “Loi 1901”, pourvu que ça rapporte des subsides net d’impôts. Et tant pis si dans le même temps on fait la pige à des entreprises qui elles vont devoir payer, taxes, charges en tous genres, impôts et seront toujours dans le collimateur de nos administrations. Oui, il serait temps de rendre publique la liste de toutes les associations qui bénéficient, sans contrôle, de subventions publiques dans le cadre des politiques culturelles, sportives, de l’environnement, de la recherche, du soutien scolaire, etc.

 

Les impôts locaux…

Ils explosent partout en France. Un matraquage fiscal insupportable dans le contexte économique actuel et sans que nous ne sachions vraiment où passe notre argent. N’est-il pas temps, là aussi, de mieux contrôler ? N’est-il pas temps de définir des compétences exclusives pour chaque type de collectivité ? D’attribuer un seul impôt à chaque collectivité ? De faire contrôler l’évolution annuelle des finances locales par le Parlement ? D’attribuer les subventions de l’Etat en priorité aux collectivités qui dépensent le moins, c’est-à-dire les moins riches ? Alors qu’aujourd’hui entre les Conseils Généraux, les communautés d’agglomérations, les groupements de communes, plus personne ne sait qui est qui ? Sauf que de nouvelles administrations s’organisent, qu’on y planque les copains et qu’immanquablement on y engage de nouvelles dépenses et de nouveaux salaires non négligeables pour nos élus ; au minimum 1 000 €/ mois pour une réunion par mois ? Mais là on le dit moins… Pour l’anecdote, un élu d’une commune du Nord Toulousain vient de s’affecter la somme de 5 000 € pour frais personnels, à valoir pour ce dernier trimestre 2009 ?
Autre exemple ailleurs, avec la ville de Paris où les impôts locaux explosent cette année encore. En particulier avec la taxe d’habitation qui augmente de +11,7 % et la taxe foncière de +55 %. Un matraquage fiscal qui est intolérable dans le contexte économique actuel.
Que dire aussi de la cagnotte récemment découverte et que le Sénat entend conserver pour ses propres activités alors que l’Etat, les Français en ont grandement besoin. Comment s’est constituée cette cagnotte ? Où allait-elle avant ?
En fait il est temps que la vie politique française retrouve des valeurs d’égalité et de justice. A quoi bon s’insurger contre la nomination d’un Jean Sarkozy à la tête d’une place forte économique européenne, si dans le même temps ceux-là même qui crient à l’injustice, à Gauche comme à Droite, vont favoriser leurs potes, leurs amis, leurs proches dans telle ou telle situation et comme toujours au détriment d’autres moins bien nés. C’est écrit, il sera plus facile à un Jean Sarkozy de devenir avocat ou notaire qu’à ma fille parce qu’elle sera justement la fille de quelqu’un qui dérange pour ne pas dire plus. Et qu’elle sera barrée par un guignol… Comme ce fut le cas récemment…

André Gérôme Gallego
Directeur de la Publication
andreg@aol.com




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.