La faillite menacerait-elle l’Europe ?

Une vérité que bon nombre de nos dirigeants veulent nous faire oublier et pourtant tous les ingrédients sont là pour annoncer le pire. Même le Royaume-Uni, dont la survie ces dernières années ne tenait qu’à sa place boursière, pourrait en être, ces prochains mois, la première victime. D’autant qu’aujourd’hui la confiance n’est plus là et que chaque jour les Bourses font les montagnes russes, rendant de fait tout possible… 
C’est ainsi qu’avec ses partenaires européens, la Grande-Bretagne, a joué ces dernières années à la roulette Russe, au poker menteur. Sauf qu’aujourd’hui le temps est arrivé d’afficher ses craintes et d’annoncer contre la récession : un budget de “guerre”. Un pays conscient que le FMI ne se trompe pas quand il lui prévoit, une récession de 4,1 % en 2009 contre une moyenne mondiale qui s’établirait à 1,3 %. Soit, d’après les spécialistes, un déficit record de 175 milliards de livres qui, selon les très “optimistes” prévisions du gouvernement britannique, devrait atteindre quand même les 79 % du PIB en 2014. Ce qui obligera de fait et sous peu, le pays de Sa Gracieuse Majesté, à être contraint de faire appel justement au FMI pour éviter la faillite. Un mauvais souvenir qui ramène à un peu plus de 30 ans, en 1976, où déjà l’entité monétaire avait agi pour sauver la livre sterling… Sauf qu’il n’est pas certain, que cette dernière ait vraiment, aujourd’hui, les moyens d’empêcher le naufrage.

Pourquoi l’Angleterre est-elle autant touchée par la crise ?

Oui, finalement pourquoi l’Angleterre et pas la France ou l’Allemagne ? Car tout simplement ce pays n’a pas seulement vendu son âme à la Finance, mais lui a aussi concédé son outil industriel. Ainsi à part, un peu d’aéronautique, que reste-t-il, outre Manche, de compétences, de savoirs ? Depuis Margaret Thatcher, l’économie britannique, s’était orientée vers les services financiers, avec tous les risques, que l’on découvre aujourd’hui, de faillites en cascades ou d’escroqueries de type Madoff. Une stratégie suicidaire qui voulait que l’on mette tous ses atouts dans un même panier. La finance et ses produits, au service d’une croissance qui était fondée essentiellement sur le crédit. Comme leur exemple américain, ces dernières années, les Britanniques étaient plutôt réputés pour leur taux d’endettement que pour leur taux d’épargne, en 2007, 1,4 %, contre plus de 15 % en France. Avec un taux d’endettement des ménages anglais qui est en légère régression à 170 % du PIB, contre 100 %, en moyenne, dans la zone euro.
Mais pendant ce temps, en France, qu’avons-nous fait ? C’est la question aussi à laquelle nous avons, nous les profanes, peu de réponses crédibles. Certes la France a été, en la matière et par tradition plus raisonnable que l’Angleterre. Nous prêtons aussi beaucoup d’intérêt à la qualité de notre industrie, de nos savoirs, de nos spécificités de terroirs comme au tourisme. Une recherche permanente de respect d’identité, de différence, d’indépendance à mettre en avant ; pour autant de valeurs sûres que certains prédateurs guettent et dont ils voudraient bien nous spolier. Sauf qu’aujourd’hui, notre pays est en train de renouer avec un taux de chômage qui risque bien d’atteindre, fin 2009, les 10 % et même les 10,5 % si on prend en compte les DOM. En fait du jamais vu depuis 1999. Avec en complément, comme le prévoit à juste tire l’Insee, une destruction, cette année, de plus de 700.000 emplois dans le seul secteur marchand non agricole. En fait, même si les spécialistes ne veulent pas céder à la panique et font mine de l’ignorer, toutes les projections sur la reprise de la croissance reposent en grande partie sur un hypothétique besoin frénétique de consommation. Sauf qu’elle se fait attendre, car les Français n’ont plus confiance en demain. Aujourd’hui toutes les belles prévisions ne reposent que sur un tas de croyances. Croyance que les consommateurs inquiets, en période de soldes, ont tout de même envie de consommer, croyance que justement les prix à la consommation vont baisser et surtout que les plans successifs de relance vont fonctionner. Et particulièrement le fameux prêt national que le Président de la République, Nicolas Sarkozy, vient d’annoncer à Versailles…
Mais il est vrai et particulièrement en politique que : «sera toujours bien pauvre celui qui n’aura plus aucune promesse à offrir en gage de sincérité et de don de soi». Sauf qu’aujourd’hui les promesses ne font plus rêver…
Peut-être est-il simplement temps de se convaincre, l’exemple britannique ayant montré ses limites, qu’il faut enfin recréer en France, comme en Europe les conditions d’une économie basée sur la valeur du travail, l’équité, la justice, le partage des richesses…
Que ce ne soit pas toujours les mêmes qui sachent tirer les marrons du feu, pendant que les autres s’épuisent pour la collectivité.
Sinon nous pourrions vivre une rentrée des plus chahutées…   

André Gérôme Gallego
Directeur de la publication
andreg@aol.com


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