La défaite de Barack Obama !

Aurait-elle sa résonance française ? Pourrait-elle même démontrer que la démocratie est en danger ? Que les progressistes déclarés sont à jamais peu compris de la base, faute de n’avoir pas su ou voulu créer sur le terrain des relais pertinents capables de prêcher la bonne parole ? Oui la défaite des démocrates américains associés à toutes les indiscrétions que livre, à qui veut les connaître, le fameux site internet WikiLeaks met la démocratie en danger. Et nous avons tous, à un degré ou un autre, la lourde responsabilité de cet état de fait, au point de concevoir et participer, comme en France, à une certaine crise démocratique. Nous les journalistes, en sortant trop souvent de notre rôle d’informer pour devenir militant, ne sommes-nous pas aussi les porteurs d’idées partisanes ? Car, comme les autres, incapables que nous sommes à favoriser l’intérêt général et à ne pas oser s’attaquer à quelques corporatismes. A titre d’exemple, voyez à Toulouse le malaise “Tisséo” ou l’illustration de la dérive syndicale, du chantage permanent avec des employés qui ont la garantie de l’emploi et n’hésitent pourtant pas à demander une augmentation de 300 €/ mois pour cause de pénibilité.
Ces derniers ne se préoccupent en rien de la désorganisation et des difficultés qu’ils ont engagées, auprès des plus faibles parmi nous. Mais ils feront tout, pour que leurs jours de grèves soient d’une manière ou d’une autre payés. Qui pour les montrer du doigt ?
Sur le même sujet et en aparté, que dire aussi quand une municipalité de Gauche décide d’une festivité gigantesque autour de l’inauguration du fameux tramway qui doit soi-disant changer la vie des Toulousains ? Quand Pierre Cohen et ses amis, élus de gauche et grands donneurs de leçons, engagent les Toulousains à assumer un budget de 350.000 € pour des festivités qui n’ont même pas eu lieu ? Alors que la logique économique, responsable, voudrait que l’on se contente de couper symboliquement des rubans, à l’heure où nombre de familles ont toujours plus de mal à faire face au quotidien.
C’est tout simplement scandaleux. Il serait d’ailleurs intéressant de savoir qui a, encore une fois, bénéficié de cette manne financière ? Qui pour les montrer du doigt ?

 

Où est le courage démocratique ?…

Oui, une démocratie en danger qui pourrait mettre en avant la fragilité du présidentialisme voire de l’hyper personnalisation de la politique, comme aux Etats-Unis avec Barack Obama ou en France avec Nicolas Sarkozy. Au point de se poser, pour notre pays, la question de savoir si à un moment ou à un autre, nous sommes vraiment sortis des élections présidentielles. Si finalement le quinquennat ne serait pas la machine à tuer la démocratie… Oui, un malaise ambiant additionné au fait, particulièrement à droite, de l’inexistence d’un militantisme de terrain ; celui qui affirme l’empreinte d’une idée, d’une vision pour la France. A titre d’exemple, qui aujourd’hui, parmi les “partis du Président”, labellisés UMP, pour défendre sur le terrain la politique de François Fillon ? Qui parmi tous ces élus locaux, dont c’est pourtant le rôle premier, pour prendre le temps d’informer, d’expliquer voire de rassurer la base, celle qui fait la démocratie ? Qui pour créer les relais d’informations, pour susciter des formations adaptées, tout ce qui fait finalement la raison d’être d’une vie politique partagée ? Mais en France sommes-nous vraiment en démocratie ? Voyez au Conseil Régional de Midi-Pyrénées où des élus sur la liste UMP, prennent la liberté de trahir leurs électeurs en quittant le navire. Ou une Corinne Lepage qui sentant le vent tourner, abandonne François Bayrou et ce qu’il reste de son MoDem. Sauf que sans le MoDem, celle-ci n’aurait jamais été élue avec un mouvement qui représen-te 3 000 âmes en France. L’honnêteté intellectuelle aurait voulu qu’elle et ses complices rendent leurs mandats…
Oui le courage démocratique ne se décrète pas ; il se gagne pas à pas et avec le plus grand nombre. Nos élus ne manquent pas de ressources humaines, de savoirs comme de forces économiques pour créer les outils qui feront la différence demain… Alors, pourquoi ne sont-ils pas capables de fournir à leurs supporters le vademecum qui fera la cohésion d’idée et de propagande, là où se vit le quotidien, loin des antichambres ministérielles ? Un vrai travail politique qui serait mené, celui-là, en profondeur et par des militants écoutés car informés, avertis et conscients des enjeux. Des femmes et des hommes présents en permanence sur le terrain, car eux seuls sont crédibles pour être capables de faire le lien entre l’action au sommet et leur vécu de citoyen lambda. Alors qu’aujourd’hui tout se joue à l’Assemblée Nationale voire au Sénat avec des débats et des luttes de fonds de commerces qui font le spectacle, mais n’assurent en rien le mieux vivre quotidien du Français moyen. Nos élus auraient-ils la crainte d’être dépassés par la base ? Ont-ils tout compris de ce qu’ils ont eu à voter ? Ou se sont-ils seulement contentés d’appuyer sur des boutons, rouge ou bleus, pour soutenir leur camp ?

 

Feu, la taxe professionnelle ?

Sauf que quand la décision prise dans l’hémicycle arrive sur le terrain, elle n’intéresse plus aucun élu ; droite et gauche confondus. Car les défis de leur propre communication sont simplement ailleurs. A titre d’exemple, voyez la suppression de la fameuse taxe professionnelle qui était calculée sur un chiffre d’affaires et qui a tant soulevé l’indignation, notamment de la part d’élus de gauche qui prétendaient à la perte d’une manne financière locale. Cette suppression cachait une super taxe d’habitation professionnelle, dont le taux a été laissé à la libre appréciation des maires des communes. Alors aujourd’hui se pose la question de savoir si, par exemple, Martin Malvy, qui sur le sujet à l’époque entretenait la fronde de l’injustice et de l’inconscience contre le pouvoir “Sarkoziste”, était bien informé sur le sujet ou s’il tentait de mauvaise foi de manipuler l’opinion publique ? Sauf qu’aujourd’hui dans une économie toujours plus difficile, on se retrouve avec un super impôt, payable par tous les créateurs d’entreprises, même par ceux qui sont passés du statut de chômeur à celui d’auto-entrepreneur. Ainsi, ces derniers, véritables dindons de la farce, se voient “facturer”, pour certains près de 2 000 € d’impôt pour avoir simplement occupé un local, même si leur chiffre d’affaires n’est toujours pas là…  
Bref aujourd’hui, les partis ne sont-ils pas volontairement et simplement réduits à un fan club ou à un aréopage de notables locaux entourés de supporters ? Alors que le militantisme est essentiel. Oui, essentiel pour élaborer, arbitrer et convaincre le plus largement possible, mais aussi pour s’interroger personnellement sur le bien fondé de telle ou telle décision de notre propre camp. Dans les périodes de crise, les citoyens attendent du sens, une vision qui éclaire l’avenir et permette de comprendre et d’agir sur le présent. Mais avant tout chose, de la justice et de la transparence dans tout ce qui fait la décision qui engage l’avenir du pays, des Français. La notion de Nation est fondée sur un projet politique et autour de valeurs fortes, inscrits dans un projet d’ensemble qui nous conforte et nous projette dans l’histoire du pays. Or aujourd’hui, on mesure toujours plus les difficultés des conditions d’accès au pouvoir, au simple travail politique. Une caste idéologique menée par des intellectuels, des politiques, des syndicalistes, des associations et quelques médias bien soutenus économiquement paralysent le débat au point de susciter le désintérêt général pour la chose politique. Un mélange des genres qui fait que l’on ne sait plus qui est qui ? Avec des “entre deux” qui ne satisfont plus personne et montrent les limites d’une démocratie qui n’en a que le nom…
Sauf que tôt ou tard la réalité finit toujours par prendre le dessus sur les discours ! Et là attention danger ! Car quand le Peuple a perdu tout espoir en demain, rien ne pourra le retenir.

André Gérôme Gallego
Directeur de la Publication
andreg@aol.com


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