La boîte à outils

Francis Manaud

Jeudi dernier la France retenait son souffle, le Président prenait la parole afin de nous donner son sentiment sur la politique qu’il entendait mener pour nous faire passer un cap économique particulièrement difficile. Le chômage au plus haut, à deux doigts de son record historique, un déficit des dépenses de l’Etat bien au-dessus des 3% annoncé et un Pib voisin de zéro. Ajouté à cela un environnement européen aussi déprimé que le nôtre, avec Chypre à qui on va devoir prêter encore un peu plus d’un argent que nous n’avons pas, et une Italie sans gouvernement qui traîne une dette monstrueuse malgré des efforts méritoires mais insuffisants. Un tel diagnostic imposait sans aucun doute un remède de cheval. Nous avons eu droit à une cure d’homéopathie doublée d’une séance d’auto persuasion dont on peut légitimement se demander si cela sera capable de redresser une situation de plus en plus dégradée. Le chômage nous dit-on, va continuer à augmenter mais il va diminuer à la fin de l’année grâce à une politique d’aide aux entreprises sous la forme de contrats de générations aidés et la mise à disposition de prêts destinés à faire baisser les charges qui obèrent la production. Le côté positif des choses c’est enfin le constat que le salut ne peut venir que des entreprises et de leur gain de productivité, mais encore faut-il que ces dernières puissent obtenir des banques les avances annoncées pour alléger leurs charges. Et l’on peut légitimement se demander d’une part si les entreprises auront envie d’utiliser de tels outils, et si oui, s’ils seront suffisants pour leur redonner un semblant de compétitivité pour relancer la croissance sans laquelle le chômage ne pourra pas diminuer.

 

Le seul remède possible…

 

Fournir des outils pourquoi pas, encore faut-il savoir s’en servir et plus encore sont-ils adaptés à la situation ? La taille de nos entreprises est-elle suffisante pour pouvoir s’adapter, et les banques sont-elles prêtes après les turbulences qu’elles ont subies à prendre les risques indispensables à une reprise économique durable ? Rien n’est moins sûr. Il faut compter sur des entreprises qui désormais craignent pour leur survie. Il est à craindre que le bilan en fin d’année soit bien moins positif que celui prévu à moins que la croissance mondiale ne soit au rendez-vous, mais là, nous sommes dans le domaine de la loterie et donc du hasard. Il faut bien se rendre à l’évidence : le seul remède possible ne peut venir que des économies qui sont à réaliser conjointement par l’Etat et par les collectivités locales qui ont laissé filer les dépenses sans discernement, ce qui a pesé de plus en plus sur les charges des entreprises. Alléger significativement les charges des entreprises tout en les obligeant à en profiter pour investir dans leur modernisation et dans la préparation à leur compétitivité de demain. Les débarrasser du carcan d’une législation sur le travail qui les paralyse et leur fait craindre les variations parfois brutales de l’offre et de la demande. Une révolution en somme qui ne sera pas sociétale mais « entrepreriétale » et qui remplacera la boîte à outils par une vraie machine à produire de la richesse.

 

Francis Manaud



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