JT 258 – Toulouse Mieux Vivre

Toulouse «Mieux Vivre»

Parce qu’à Toulouse l’on pourrait mieux vivre pour peu que l’on prenne tous conscience de cet héritage de valeurs et de force que les générations passées nous ont légué et dont nous avons bien du mal aujourd’hui à en valoriser les valeurs d’ambitions comme de partage…

Je ne sais si l’on peut dire que la ville de Toulouse vit le 24ème siècle, de sa fondation. Même si les historiens sauront me rappeler avec justesse que l’histoire de notre capitale s’écrit dès 300 av. J.-C. avec l’établissement d’une peuplade celte, les Volques Tectosages… Et surtout que les Romains ne tardèrent pas à coloniser toute cette région fertile pour fonder au 1er siècle avant J.-C., Tolosa et même nous apporter notre fameuse brique rose.

Mais ce que personne ne contestera, c’est que justement au fil des siècles passés Toulouse devient une métropole dont la personnalité continue, encore aujourd’hui, à s’affirmer dans l’enracinement de son histoire. Tout ici respire cette volonté de montrer en permanence ses origines, susciter des Capitouls à Claude Nougaro, sa différence, son audace, ses raisons d’un humanisme éclairé, son tempérament et même sa révolte contre l’ordre établi. Comme une âme supérieure, une indépendance d’esprit, un tantinet dérangeant, qui nous habiterait et que les rois de France, comme d‘autres plus tard tenteront d’écraser, en vain, malgré ce qu’il en sera dit. Oui, une âme supérieure qui s’impose même, quasi naturellement, à toutes celles et ceux qui un jour font de Toulouse leur destination, leur port d’attache.

Toulousains, un peuple conquérant, inventif, prompt aussi à partager et faire la fête le plus souvent ? Certes, mais surtout qui sait conjuguer avec bonheur des phases d’apparente insouciance avec un esprit de conquête que ce soit sur le terrain sportif, culturel, politique, scientifique que dans les airs, pour imposer son authenticité.

Et pourtant, ce colosse de sérénité et de confiance en son destin allait montrer sa fragilité un matin du 21 septembre 2001. Ce jour-là, à 10h17 précisément, une immense explosion retentit à Toulouse, l’usine AZF, où étaient stockées entre 200 et 300 tonnes de nitrate d’ammonium, est réduite en poussière, ne laissant qu’un immense cratère béant. Dans un rayon de 3 km tout est drame et désolation, pour un bilan plus lourd que les chiffres officiels annoncés de 30 morts et de 2 500 blessés. Une ville groggy, atteinte au plus profond d’elle, et qui encore aujourd’hui, a du mal à se réveiller, sortir de ce cauchemar. Une ville qui, quoiqu’on le dise, aura perdu son âme supérieure, son statut d’invincibilité et qui met du temps à s’en remettre, il faut s’en convaincre.

Mais bien sûr, il faut aussi savoir positiver voire tourner la page et se dire, avec le recul, que sur les cendres de cette catastrophe vont s’établir les plus belles ambitions : Cancéropôle, pôles de compétitivité, Galiléo etc. Qu’ici vont s’écrire les plus belles pages de notre avenir économique… Mais quand même, il reste pour Toulouse à se réinventer, à se redonner un esprit conquérant, une force, une lumière nouvelle, une unité, se renouveler une identité.
Sûr, Toulouse est victime de la morosité ambiante qui gagne à tous les niveaux de notre société et dans toutes les sphères, même les plus protégées de notre pays. Les Toulousains, comme les Français dans leur grande majorité, sont trop souvent les victimes d’ordres établis, pour ne pas dire de «combinazione». Ils sont aussi, trop souvent les laissés pour compte de la manne économique nationale, comme locale que se partagent toujours les mêmes, malgré leurs oppositions de façades.

Et l’élection présidentielle n’y changera rien…

Reste alors à se convaincre, comme nos illustres prédécesseurs que notre destin ne dépend que de nous, de notre bon vouloir, de notre travail. Et surtout de notre amour pour notre ville, comme pour notre pays, seuls capables de chasser en nous ce vague à l’âme qui nous paralyse de trop.

Au risque d’être à contretemps, en décalage, oser s’approprier de nouveau notre ville, en faire notre étendard pour mieux la protéger, car sans ce supplément d’âme qui conforte notre identité, nous ne sommes rien.



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