JT 253 – A quand la fin de la lutte des classes ?

A quand la fin de la lutte des classes ?

On aurait pu croire que la chute du Mur de Berlin comme l’élargissement de la communauté Européenne, justement à ces pays de l’Est, seraient venus gommer les erreurs du passé, que ces événements auraient révélé, en Europe, une dynamique politique, économique voire culturelle, beaucoup plus forte, plus imprégnée, de liberté, de volonté d’agir tous dans le même sens, pour le meilleur devenir de l’Homme. Pourtant les hommes et les femmes qui ont subi dans ces pays et durant tant d’années, le joug communiste, ont témoigné de ce qu’il aura été coupable d’atrocité, de privations dans bien des domaines. Les images ont-elles aussi parlé d’elles-mêmes, pour révéler au monde entier qu’il aura été tout sauf un bienfait pour les classes les plus modestes comme les plus faibles voire les minorités qui auront été les victimes programmées d’une machine infernale. Car le communisme tourne autour d’un système philosophique qui n’a jamais pu être mis en oeuvre sans l’appui d’une dictature. Avec comme toujours et pour première conséquence un désastre économique majeur et durable, dont seules sont épargnées les classes dominantes au pouvoir.

En France on le sait bien, l’Etat, est un mauvais gestionnaire, un mauvais employeur et surtout il a des comportements partisans. Si tu n’es pas du bon côté du balancier, tu restes l’éternel oublié, quand tu ne deviens pas la cible à éliminer. Dans un pays communiste, l’Etat ne sait pas prévoir les besoins, organiser la production, ni motiver le personnel. Il suffit pour s’en convaincre de voir l’état dans lequel se sont trouvés la Russie et ses pays satellites, quand il s’est révélé au monde occidental à la fin de la guerre froide.

Finalement on aurait pu croire, qu’après avoir vécu les pires entraves à la liberté de pensée, d’expression, de se réunir, de s’associer, d’entreprendre, toutes ces populations, ces hommes et ces femmes, enfin libres d’agir, auraient accueilli comme une bouffée d’oxygène les bienfaits du capitalisme. L’accès à un monde plus libéral, où malgré ce que l’on peut en dire, le meilleur de l’homme peut se révéler, à la condition qu’il veuille bien s’en donner les moyens…
Or, on a l’impression que plus que le capitalisme, aujourd’hui le libéralisme donne de l’urticaire à bon nombre d’acteurs de cette ancienne URSS, comme à quelques caciques de la contestation permanente que contient notre pays. En fait, pour ces derniers nostalgiques, cela représente une opportunité de vivre sur un fond de commerce, les meilleures extases de leur vie, en faisant croire au rêve du tout égalitaire et au moindre effort. Un sujet dont il faudra bien débattre un jour prochain, même s’il eut été légitime d’en explorer les limites justement lors de ces présidentielles.

Oui le libéralisme fait peur même s’il a su intégrer dans sa philosophie, tout en prônant une liberté individuelle d’action et de choix, la politique au service de l’économie, au service de l’Homme… Car, on ne le dit pas assez, le libéralisme en politique, c’est surtout la diversité d’opinion et son respect ; le choix et la liberté de mouvement pour les hommes… En économie, c’est la confiance dans le consommateur pour définir ses réels besoins, pour savoir les traduire dans ses achats. Le rôle de l’Etat étant de veiller à assurer dans les meilleures conditions les principes de concurrence.

Alors certains diront que le libéralisme est le cousin germain du capitalisme à outrance dont on a mesuré les méfaits, en 1929, où il a poussé à la ruine, bon nombre de pays se réclamant de sa logique. Avec pour résonance directe la responsabilité dans des guerres meurtrières, dont la seconde guerre mondiale. Sauf que les pays occidentaux, n’appartenant pas au Pacte de Varsovie, ont su trouver en lui les raisons d’un équilibre entre le poids de l’Etat et le marché. Ainsi partout où l’Etat s’est désengagé au profit de l’initiative privée, le consommateur s’y est retrouvé, le pays a gagné un champion international modernisé, le nombre total d’emplois du secteur a crû dans un marché en croissance accélérée. Et il est regrettable que notre pays, la France, soit resté englué dans ses contradictions, avec en permanence des luttes de classes illusoires, dont le premier effet négatif reste ces 1.300.000 rmistes, un nombre toujours croissant de sans-abris, etc.

Notre système n’est plus aussi bon. Ses organisations sont sexagénaires : Sécu, retraites, organismes gouvernementaux… Quelle organisation n’évolue pas en 60 ans ? On empile commissions et agences sans redéfinir les missions de l’Etat. Le souverainisme est la forme modernisée du jacobinisme centralisateur et inefficace. A contrario, les réorganisations dans l’entreprise peuvent amener jusqu’au changement de patron. Alors qu’au sein de l’Etat, rien de tout cela, car la droite comme la gauche se satisfont facilement des structures et des institutions, dès l’instant où elles leurs garantissent le pouvoir.

Peut-être est-il temps que la gauche s’écarte des slogans démagogiques et invente, pourquoi pas, une combinaison nouvelle de libéralisme et de socialisme, comme le voudrait Ségolène Royal… Que la droite modernise l’Etat et libère les initiatives pour créer plus de richesses, car on ne peut redistribuer que ce l’on a.

Les Présidentielles étaient l’occasion rêvée pour débattre sur le devenir d’une société, du meilleur pour notre pays ; de définir les choix et stratégies pour y arriver et permettre à tous, du moins au plus grand nombre, il ne faut pas rêver, de s’épanouir. Alors qu’en fait, à moins de 50 jours du premier tour, c’est le calme plat.

Dommage…



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