Jacques Chirac

Jacques Chirac

Comme on le supposait ou plutôt l’espérait, le Président de la République vient d’annoncer qu’il ne solliciterait pas le suffrage des Français pour un troisième mandat. Et avec lui c’est une page importante de l’histoire politique de la France qui se tourne. Une partie de l’histoire moderne de notre pays qui s’achève… Jacques Chirac aura été le dernier d’une série d’Hommes et de Femmes qui auront eu durant près de 40 ans le destin de notre pays entre leurs mains. Des hommes et des femmes qui nous auront proposé des cohabitations que l’on croyait impossibles au point de nous laisser une droite qui ressemble à la gauche et une gauche «bobo» des plus conservatrices et par bien des côtés même, des plus libérales. En fait une exception à la française, diront les spécialistes, animée par des politiques de tous bords, seulement concernés par la défense de leur fond de commerce. Une caste supérieure qui par ses égarements, aura même amené, dans un fauteuil, le leader du Front National au deuxième tour des Présidentielles 2002. A ce propos qu’en sera-t-il pour 2007 ? Sommes-nous manipulés par les sondages ? Réponse dans 40 jours…

En fait, des Hommes et des Femmes peu à l’écoute des Français, seulement concernés par leurs plans de carrières, leurs mandats à répétition et multiples au point de se demander si la plupart d’entre eux n’aurait pas le don d’ubiquité. Nul n’a osé se pencher sur cette dérive à la française avec ces cumuls de mandats et surtout sur les opportunités de gains d’emplois qui pourraient se libérer si on les limitait. Probablement des dizaines de milliers et en prime l’opportunité d’offrir un visage plus divers, plus humain du monde politique, une véritable équité hommes femmes. De fait permettre au plus grand nombre d’entre nous, d’être les acteurs du changement, de la modernité, pour une France plus humaniste et à l’écoute de tous. Oui, acteurs de notre devenir et non «porteurs de solutions» capables seulement de subir les contrecoups des erreurs des uns et des autres et d’honorer toujours plus une dette à fond perdue. Une dette, comble du comble, que nous allons laisser à nos enfants, aux générations à venir. Une France qui se gargarise des exploits du CAC 40, 100 milliards d’euros de bénéfices en 2006, quand pour un oui ou pour un non on n’hésitera pas à couper le gaz ou l’électricité dans un foyer modeste et pour 60 euros de retard. Des leaders politiques qui s’inquièteront d’une possible baisse des effectifs à Airbus, car médiatiquement plus importante que le sort réservé à des milliers de sous-traitants déjà affaiblis par des sacrifices consentis depuis des années. En fait une administration qui va protéger les grandes structures et leurs employés mais sanctionnera la moindre incartade d’une pme-pmi…

40 ans de politique alternative qui aura miné le peu de confiance que les Français accordent à leurs dirigeants politiques, comme à leurs dirigeants syndicaux d’ailleurs, au point de s’abstenir toujours plus de voter, même lors des grandes échéances. Seules les élections municipales, dans les villes moyennes et villages semblant résister à cette désaffection, cette apathie des Français pour la chose politique.

Une France victime aussi de la pensée unique de gauche qui sévit dans les médias, la fonction publique ou l’école… Une France victime d’une droite complexée, qui n’ose avouer sa différence, comme une “maladie honteuse” à cacher. Car plus facile à dire que l’on a le cœur à gauche et d’omettre que son portefeuille est à droite, comme on le voit dès que nos élus se plient à l’obligation de publier, notamment, leur patrimoine. Qui ose dire aujourd’hui : “je suis de droite” ? Quel artiste ? Quel journaliste ? Quel enseignant ? Quel fonctionnaire ? Le constat peut sembler étrange après douze ans de chiraquie, mais il est difficile d’être de droite en France. Même si cela ne veut plus rien dire, il faut savoir le reconnaître…

D’ailleurs, comment briser ce “tabou à la française” ? C’est une réalité, il existe des “lieux interdits à la droite” : culture, médias, entreprises publiques, Education nationale… Plus, dans ces lieux chaque jour des hommes et des femmes dissimulent leurs «pensées inavouables» de peur d’être isolés parce qu’ils ne font pas allégeance à la pensée dite correcte. Et comble du comble, nos élus de droite qui vont dans le même sens en réservant quelques places fortes de leur politique culturelle à des animateurs déclarés à gauche. Dans quel but ? Inavoué ? Pas si sûr, les municipales c’est pour bientôt.

En fait, pour avoir oublié que la noblesse de la Politique, c’est d’être cohérente et fidèle à ses engagements ; ces hommes et ces femmes, de droite comme de gauche, qui auront hérité d’une France joyeuse, prospère, insouciante, ambitieuse et fière de ses origines nous l’auront rendue, 40 ans plus tard, amère, revancharde et aigrie. Créant le terrain propice à toutes les injustices, toutes les dérives et surtout tous les dangers de ko.

En fait une élection présidentielle qui vient juste à propos pour tourner la page…
Encore faudra-t-il qu’au lendemain du deuxième tour, l’élu(e) sache convaincre la majorité d’entre nous que le meilleur est à écrire et que dorénavant nous serons tous logés à la même enseigne. Cela n’est pas gagné, d’autant que plus de 60% des Français ne se reconnaissent ni à droite, ni à gauche et propose l’interrogation de cette échéance, à savoir qui profitera de ce constat : François Bayrou ou Jean-Marie le Pen ?



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