Insécurité routière

Chaque jour, les informations distillées par les autorités spécialisées nous rappellent que des gamins se tuent en trop grand nombre sur les routes de France, sans que nous ayons les moyens efficaces de les prévenir voire surtout de les diminuer. Mais comment parer à une indiscipline toujours plus forte, aux excès de vitesse qui sont à plus de 80 %, la cause principale de ces accidents mortels ? Car si on ajoute à ce tableau des plus noirs, l’excès d’alcool, l’absorption de stupéfiants, le mépris des règles du Code de la route, on aura vite l’explication de la cause de l’hécatombe routière. En septembre dernier on aura recensé +17,7 % de tués sur nos routes. Les optimistes relèveront que le nombre de blessés a lui baissé de -6,5 %, sauf que rien n’évalue, pour ces accidentés, le futur et les conséquences dans le temps des blessures d’aujourd’hui.
Comme on l’aura compris, des chiffres catastrophiques qui toucheront majoritairement des gamins, bien souvent installés sur un deux roues. En fait une victime sur trois sera âgée de 15 à 24 ans, conduisait ou était transportée sur un engin de ce type. Des jeunes plus indisciplinés, plus vulnérables, surtout la nuit et le week-end, la route étant la cause principale de la mortalité de cette tranche d’âge. Les femmes sont moins touchées que les hommes et ont trois fois moins de risques d’être tuées. Car elles sont plus disciplinées, plus responsables et probablement un tantinet autoritaire quand elles sont passagères.

 

Un budget colossal…

Comme toujours, pour calmer l’opinion publique, le ministre de l’Intérieur, d’aujourd’hui ou d’hier, brandira tout un arsenal de menaces en tous genres, mais toutes plus inefficaces les unes que les autres. Encore une fois, on fera appel à la mobilisation générale des forces de l’ordre, dont la présence visible et dissuasive sera renforcée sur l’ensemble du réseau routier et autoroutier. Comme toujours, avis aux contrevenants, en fin de semaine, à la sortie des discothèques, les contrôles d’alcoolémie et de vitesse seront à nouveau opérationnels…
En fait, rien de bien original, des effets d’annonces pour calmer l’opinion publique. Sauf que les chauffards continuent à braver la loi et même à en jouer de plus en plus.
Jamais l’arsenal répressif mis en place tout au long des routes de France n’aura été aussi lourd. D’ici 2012, on parle même de doubler le nombre de radars installés sur l’ensemble des routes de France et particulièrement aux lieux-dits les plus dangereux. En fait de passer leur nombre total à 5 000, alors qu’il est aujourd’hui de 2 500 radars. Tout un arsenal qui surveille toujours plus les automobilistes français et sans que cela ne change vraiment la donne finale. Car pour les professionnels, ce sont plutôt les détecteurs de radars qui surveilleraient les pièges à contraventions, installés ici et là par les pouvoirs publics et permettraient aux initiés de passer très facilement entre les mailles du filet. Au point même que les spécialistes de la chose se demandent simplement qui se cache derrière ce juteux commerce des détecteurs de radars ? 

 

La France, le mauvais élève…

Pourtant, la France est, en Europe, le pays qui consacre le plus gros budget à la lutte contre l’insécurité routière. Une enveloppe énorme de plus de 2 milliards d’euros par an. Sauf qu’elle paraît relativement peu si l’on compare cette somme à celle justement de l’insécurité routière, qui elle, atteint les 25 milliards d’euros par an.
Les radars, envers et contre tous, ont leur nécessité ? On l’espérait sur le plan de la sécurité individuelle, mais pour les pouvoirs publics, c’est surtout du côté de la rentabilité financière directe qu’ils apparaissent incontournables. Ici c’est quasiment du “à tous les coups on gagne”. Ainsi, sait-on que leur multiplication, sur les routes de France, qu’ils soient fixes ou embarqués, a produit en 2008, plus de 500 millions d’euros de recettes ? Ce qui fait cher la photo souvenir, diront les concernés. Ainsi, enregistre-t-on près de 11 millions d’infractions signalées par les radars fixes et environ 7 millions par les engins embarqués. Chiffres auxquels il faudrait ajouter près de 5 millions de “flashs inexploitables”. Un comble !  
Autre revers de la médaille, merci le permis à points, ce sont aujourd’hui près de 3 millions de Français qui circuleraient sans permis de conduire. Mais surtout, ils seraient mis en cause dans près de 20 % des accidents en 2008…  
Alors que faire, si l’on veut endiguer cette menace toujours plus cruelle qui plane sur nos enfants ? Notre tracé routier n’a pas changé et chaque année ce sont des milliers de jeunes conducteurs en plus qui tentent de se faire leur place dans le trafic. Comment éduquer ? Est-il d’ailleurs possible d’édu- quer ? Comment étions-nous, nous les parents, au même âge que nos gamins ? Là comme ailleurs la répression a-t-elle un sens ? N’est-il pas temps de légiférer sur la puissance des véhicules qu’ils soient à 2 ou 4 roues ? Ne peut-on réglementer les périodes de formation avec un temps d’apprentissage déterminé et la possibilité de conduire au début que des véhicules motorisés de faible cylindrée ? Aujourd’hui un gamin qui vient d’obtenir son permis, peut avoir accès, le jour même, à un bolide qui pourra monter à 200 km/h. Un tel laxisme est-il bien responsable ? Et les parents, quid de leur responsabilité ? Il faudra un jour vraiment la délimiter, car en fait tout commence là…  
 

André Gérôme Gallego
Directeur de la publication
andreg@aol.com


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