Ingrid Bétancourt…

Qui nous ramène aux racines chrétiennes de l’Europe ?…
Comme des millions de téléspectateurs, j’ai suivi, vu et revu les images de la libération de l’ex-otage le plus emblématique des FARC : Ces révolutionnaires d’un autre temps, dont on ne sait plus s’ils combattent pour des idées ou pour conserver une parcelle de terre colombienne indispensable pour faciliter leur trafic de drogues… Oui, une Ingrid Bétancourt dont les premières paroles ont été pour louer Dieu de l’avoir protégée tout au long de ce calvaire, et dont le geste permanent aura été de serrer fort, entre ses mains, un chapelet et son crucifix.
Après les avoir embrassés avec force et passion,  elle confiera ne s’en être jamais séparée. Autant de symboles, d’actes de foi, qui m’ont personnellement ému. Inconsciemment, un acte politique, relevé nulle part mais pourtant si fort dans un pays où sous prétexte que l’Etat et l’Eglise sont séparés, marginalise toujours plus la foi chrétienne. Certes officiellement, dans un Etat laïque, il est évident que les religions n’ont pas à intervenir dans les affaires du pays. Sauf que la nature ayant horreur du vide, à trop “casser du sucre” sur la communauté chrétienne, on va finir par encourager d’autres confessions, d’autres coutumes et valeurs. Et comme l’aurait dit Henri Laborit : «Ce n’est pas l’utopie qui est dangereuse, car elle est indispensable à l’évolution. C’est le dogmatisme, que certains utilisent pour maintenir leur pouvoir, leurs prérogatives et leur dominance qui l’est…». Et si d’autres valeurs viennent accompagner la foi, comme l’actualité quotidienne nous le démontre ici et là, alors là, danger.
Ma démarche ne participe ni de l’effusion mystique, ni de la nostalgie, ni même de la quête spirituelle, comme le prétendraient certains… Pour moi qui suis empli et passionné de toutes les croyances, toujours en quête de recherche spirituelle, c’est d’abord la raison supérieure qui me guide. C’est aussi et surtout la crainte inavouée de lendemains incertains pour la sécurité de mes enfants, pour ceux que j’aime, pour mon pays la France et plus. Probablement comme toujours en pareille situation, moi qui me dis pourtant tolérant et humaniste, je me sens peu à peu replié sur moi-même et inconsciemment ramené au christianisme, comme à ma source de vie. Car je crois profondément que le message évangélique garde une valeur fondatrice pour les Hommes de ce temps. Et peut-être que d’autres me diront, à raison, que là réside peut-être aussi le danger…

Même Sartre…

Certains, avec raison, pourraient pousser la contradiction en me rappelant que la laïcité a justement été inventée pour nous protéger de toutes ces dérives… Sauf que je me demande justement si la laïcité n’est pas devenue la peureuse révision à la baisse des points de vue individuels comme collectifs. Pour moi, aujourd’hui, on assiste imperceptiblement à ce que j’appelle, “La refondation du Monde”, où le principe d’Humanité qui est le nôtre, semble ne plus être la priorité voire la force de conviction première de nos dirigeants. Oui, même dans notre pays, il serait temps de prendre le questionnement antichrétien, très au sérieux. Il est urgent de ne plus craindre de confronter le christianisme à ses critiques les plus troubles.
A trop galvauder l’Histoire, on en oublie l’identité chrétienne de l’Europe et tout ce qu’elle a apporté d’humanisme, ici et là dans le monde. Non, il n’est pas question d’histoire simpliste, ni de religion, mais de culture. Les valeurs de la civilisation occidentale et a fortiori de la France sont chrétiennes, dans le sens de l’Evangile où la Parole est entièrement tournée vers la liberté, l’égalité et l’amour entre les Hommes. Qui dit mieux ?
En Sicile, au 11ème siècle, les trois religions monothéistes vivaient l’idéal, à mes yeux, en pratiquant leur culte dans un même lieu, le vendredi était réservé aux Musulmans, le samedi aux Juifs et le dimanche aux Chrétiens.
Quant aux plus nostalgiques des marxistes, coupables de certaines fixations, je voudrais rappeler que courant mai 1968, un certain Jean-Paul Sartre, interviewé pour le Nouvel Observateur par un certain Daniel Cohn-Bendit, énonçait cette “terrible phrase”, reprise en titre sur une double page : «L’Homme ne se nourrit pas que de pain!»…
Comme chacun le sait, une citation empruntée à la Bible… Bizarre, non…

André-Gérôme GALLEGO
Directeur de la Publication
andreg@aol.com


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