Ils vivent aux frais de la princesse…

Il n’y a pas un jour, où un journaliste plus curieux que d’autres, plus courageux ou n’ayant plus rien à perdre, ne se penche sur les abus constatés ici et là… Ne montre du doigt, celles et ceux, les privilégiés de la République, qui vivent justement à ses dépends. Non, pas un jour, où le discours de nos élus qui nous demandent toujours plus de sacrifices en tous genres, ne vienne s’entrechoquer avec des indiscrétions où l’on découvre que la France d’en haut se cache dans les jupons, pas toujours très propres, de la mère République.
Dégraisser le mammouth disent-ils quand l’occasion est bonne de rejoindre la vox populi… Mettant l’accent sur telle ou telle institution, entité ou profession, mais se gardant bien de s’appliquer à eux-mêmes les restrictions qu’ils appellent de leurs vœux, pour le soi-disant bien des Français. Nicolas Sarkozy, promettait, s’il était élu, de nommer un gouvernement réduit d’une quinzaine de ministres au maximum. Mais qu’en est-il vraiment depuis sa prise de fonction ? Ségolène Royal, elle, jurait, que le train de vie de l’Élysée serait revu et corrigé. Sauf que la région Picarde qu’elle gouverne depuis quelques années n’est pas un exemple, notamment dans ce domaine.  
Mais surtout, aujourd’hui, les Français s’informent toujours plus. Ils profitent de tous les moyens de communication, dont Internet, pour partager leurs infos. Ils comparent, sont avertis de tout et sûr que les prochains gouvernants auront fort à faire pour réduire la faille entre ceux qui vivent sur la bête… et les autres.  
Le Français moyen, comme ils disent, a les outils pour détailler les mille et un avantages qui ont recréé, dans notre bonne vieille France, de nouvelles catégories de privilégiés. Il y a nous, corvéables à merci, qui vivons au jour le jour et ceux qui s’épanouissent grâce aux largesses de l’État ou du CAC 40 dans d’autres sphères.
Il y a les supers privilégiés appelés “grands patrons”, les copains de Noël Forgeard qui sans avoir risqué le moindre centime dans l’entreprise qu’ils dirigent, toucheront, notamment en stock options, le pactole quand viendra le moment de tirer sa révérence. Il y a aussi, ceux qui justement vont avoir une retraite sur mesure, avec l’opportunité d’une reconversion en devenant conseiller pour bénéficier d’émoluments moins imposés, de la voiture de fonction, du secrétariat dévoué, des déplacements financés… Enfin tout ce qui vous facilite le train-train quotidien et vous permet d’amortir en douceur le nouveau statut de retraité. Il y a bien entendu ces nominations de copinage au Conseil d’État où l’on ne pointe pas le matin et où certains ne disposent même pas d’un bureau. Voire ces architectes en chef des monuments historiques qui sont quasiment logés gratis dans les châteaux de la République. Mais que dire de ces hauts fonctionnaires du Sénat ou ces attachés diplomatiques qui engrangent les petits cadeaux que l’administration leur a concoctés net d’impôts ? Dixit un internaute averti, il y a des décennies qu’ils n’ont jamais été révisés
Il y a aussi cet inspecteur général des Finances parti buller au sein d’une grande entreprise et qui se retrouve à gagner, par an, l’équivalent de 244 années de salaire d’un smicard. Cet autre conseiller de ministre qui voyant la défaite arriver, trouve une mutation miracle dans une petite république de l’Est, aux frais de la princesse. L’exemple de ces anciens ministres qui finissent leurs carrières au Conseil constitutionnel ou dans des instances similaires et vont cumuler un salaire de 15 000 euros avec des retraites de député voire de sénateur. Sans oublier que pour bon nombre, parmi eux, bien souvent d’anciens fonctionnaires, des émoluments vont se retrouver additionnés à leur retraite professionnelle d’origine. Le tout qui sera imposé très, très doucement par rapport au vulgum pecus.
Et bien entendu les exemples ne manqueraient pas non plus, si l’on se penchait un peu plus sur le sort de quelques élus notoires de notre belle région.  
Voilà le vrai clivage entre la France d’en haut et celle d’en bas, qui n’est pourtant pas celui sur lequel s’apitoient nos dirigeants d’hier comme d’aujourd’hui.  
A quand une nouvelle révolution…

André-Gérôme GALLEGO
andreg@aol.com


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