Il faut avoir le moral…

…Bien accroché pour croire encore que demain sera meilleur.
Oui, par temps de tempête, que de for-ces morales nous habitent pour encore garder le cap et surtout la tête froide. Car à bien y regarder de près, et d’où qu’elles viennent, quelles sont les informations sociales comme économiques, qui pourraient, nous redonner le sourire, l’espoir que tout repart dans le bon sens ? Encore ce matin, en France, victimes de voyous en col blanc, 70.000 personnes viennent de perdre leur emploi… Alors que dans le même temps on nous annonce qu’en 2008 les bourses ont brûlé l’équivalent de 40 % du PIB mondial. 25.000 milliards de dollars, pas perdus pour tout le monde, qui sont partis en fumée sur les marchés, une paille. Autant dire des centaines de milliards d’euros de capitalisation de bon nombre de petits épargnants qui auront été, encore une fois, les premières victimes d’un système pervers. Un système qui aura agi, en toute illégalité au nez et à la barbe d’Etats qui posent pourtant les règles d’échanges et qui se prétendent aujourd’hui victimes. Nous réinventant, pour l’occasion le fameux «responsables mais pas coupables» qui dans un autre domaine avait fait tant couler d’encre…
Sauf que sur le plan économique nous n’en n’étions pas à un premier coup d’essai, on avait déjà eu l’expérience de l’échec. Car aujourd’hui, le bilan est tout simplement plus catastrophique qu’en 2002. En fait, la plus mauvaise performance depuis son origine il y a tout juste vingt ans ; après le krach de l’automne 1987.
Et dans le même temps…

Comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, voilà que l’Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss), la banque de la “Sécu” nous annonce une perte de 5 milliards d’euros supplémentaires par rapport à ce qui était attendu initialement. Ainsi, au déficit de l’État qui devrait atteindre près de 80 milliards d’euros en 2009, un record, notamment en raison des mesures de relance et de la crise économique, va s’ajouter le déficit toujours plus “abyssal” de la Sécurité sociale, estimé entre 15 et 20 milliards d’euros pour 2009. Se posant pour la énième fois la question des compétences comme de la responsabilité des quidams en charge, là aussi, de tout réguler. Incapables depuis des décennies, de nous proposer une bonne fois pour toute, l’analyse des causes, comme les remèdes à suivre. Mais en sont-ils capables ?

Pas aussi anodin que l’on pourrait le croire…

Ce midi en plein Toulouse un homme d’un certain âge était allongé à même le sol sur un trottoir cyclable. Sans que cela n’émeuve ni les cyclistes gênés par sa présence, ni les passants et encore moins les chauffeurs de véhicules qui l’ont obligatoirement croisé, avant que je n’arrive… Que n’arrivent les pompiers alertés ; qui eux allaient se montrer d’un humanisme rare…
Probablement que cet inconnu, qui n’avait rien de ces SDF professionnels qui ont chien pour garantie de liberté et le RMI pour survie, était encore et voilà peu, parvenu à conserver toute sa dignité dans cette société intraitable.
Mais comme cela peut arriver à tout un chacun, nul n’est à l’abri d’une telle descente aux enfers, il aura perdu pied au fil des épreuves, au fil du temps. Il aura mal encaissé la perte d’un emploi et de plus en plus difficilement, les déconvenues, les absences de soutien comme de réconfort. Pour, du jour au lendemain, se retrouver dans la rue abandonné de tous. Abandonné par une société qui telle une sangsue lui aura pris durant des années le meilleur de ses forces, l’aura fait rêver sur ses prétendues valeurs d’équité et de fraternité. Mais le jour “J”, celui où le retour sur l’investissement “retraite” se devait d’être là, aura trouvé tous les prétextes majeurs pour se dérober devant ses engagements. Pour information, la majorité des retraités français, après avoir cotisé plus de 40 ans, se retrouve avec moins de 1 000 euros/mois. Où sont passées nos cotisations ?
Une société française qui aura perdu de ses repères humanistes et même de ses repères politiques. Entre nous, qui peut dire aujourd’hui qui est de droite ou qui est de gauche ? Hier, on pouvait avoir l’espoir de croire que le changement aurait sa part de rêve…
Aujourd’hui ?

On soutiendra la grève

Demain au Journal Toulousain, oui on soutiendra la grève générale qui s’annonce. Pour ma part je serai aux côtés de mes potes de la CFTC, car même dans nos métiers, l’injustice est grande entre les grands navires aux salaires et conditions de vies de Ministre, mais aux pertes parfois stratégiques, toujours subventionnées. Des PMI, comme la nôtre, qui ne dégagent même pas un salaire pour leur dirigeant qui a pourtant engagé tous ses biens et même plus dans ce défi. Ces PMI qui sont pourtant et au fil du des années, des réservoirs de rêves pour celles et ceux qui sans nous, sans le Journal Toulousain, n’auraient jamais pu s’exprimer. Mais cela on l’oublie trop souvent dans ce pays…   

André-Gérôme Gallego
Directeur de la publication
andreg@aol.com


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