Gardons la mémoire

Usons de nos expériences pour mieux appréhender nos lendemains, dira le sage…
C’est dans cet esprit que le Président Jacques Chirac, en instituant, en 1993, une journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites, dira que «le savoir est le seul bien qui augmente quand on le partage». Il force aussi à la clarté, à la transparence des arguments comme des faits.
Alors oui, il était judicieux de fixer une journée nationale au 16 juillet pour célébrer chaque année la date anniversaire de la rafle du Vélodrome d’hiver à Paris. Mais aussi et surtout pour que jamais ne s’efface de la mémoire collective, les victimes de ces crimes racistes et antisémites commis par l’Etat français. Tout en n’oubliant pas de rendre hommage aux “Justes de France” ; ces hommes et ces femmes qui ont recueilli, protégé ou défendu, au péril de leur propre vie et sans aucune contrepartie, une ou plusieurs personnes menacées de génocide.

 
L’histoire est  bien souvent
un cruel recommencement

Lorsque le Commandant suprême des Forces Alliées, le Général Dwight David Eisenhower, découvrit les victimes des camps de la mort, il ordonna de prendre toutes les photographies et films possibles. Il imposa aussi que les Allemands des villages voisins soient guidés à travers les camps et même qu’ils enterrent les morts… Il expliqua sa décision pour, dira-il, que le moindre témoignage soit enregistré, filmé et bien conservé dans la mémoire collective : «parce qu’au cours de l’histoire, il se trouvera toujours un enfant de salaud qui se lèvera et proclamera que cela n’a jamais existé.» Pour que l’Homme se souvienne de quoi il peut être capable et qu’en toutes occasions les remords le gagnent. Sauf que c’était sans compter, comme dirait Edmund Burke que «Tout ce qui est nécessaire pour que le mal triomphe est que les Hommes bons ne fassent justement rien…».

 

Voilà plus de 60 ans, sous le joug nazi, plus de six millions de Juifs périssaient dans des conditions que même aujourd’hui on a du mal à imaginer. On en parle moins, mais dans ce drame de la seconde guerre mondiale on ne dénombre pas moins de 20 millions de Russes, plus 10 millions de Chrétiens, mais aussi des Communistes, des Résistants Espagnols, des Bohémiens, des Homosexuels, des Musulmans morts dans des conditions quasi analogues. On pourrait parler aussi de ces 1 900 prêtres catholiques qui furent humiliés, morts de faim ou assassinés, massacrés, violés, brûlés, tandis que les peuples russes et allemands, l’Europe, les Etats-Unis regardaient ailleurs… On pourrait parler aussi de ces 10 millions d’Allemands victimes du nazisme et même des alliés, dans leurs conditions de prisonniers…
Finalement, pourquoi ce 16 juillet ne pas se souvenir qu’il y a eu un génocide Arménien. Pourquoi ne prendrions-nous pas cette journée à témoin pour parler du Darfour, du Soudan, de l’Afrique noire, du Liban, des massacres de Sabra et Chatila, de l’Irak, de l’Afghanistan, du Tibet, de la Palestine et même d’ailleurs où la famine tue toujours plus. Oui, parler, montrer du doigt tous ces lieux où Femmes et Enfants, sont les victimes innocentes d’Hommes sans consciences, seulement attirés par le profit.

 

Femmes et Enfants victimes innocentes de stratégies politico-économiques, mises en place par les maîtres de ce monde, qui le temps de leurs intérêts oublient culture, religion et couleur de peau. Dans ce club fermé, seule la couleur du billet vert, motive l’instant présent, engage l’avenir et malheur à qui se pose devant leur chemin.
Oui seulement des Hommes avides de pouvoir, les Femmes ne pourraient pas mettre en danger la vie de leurs enfants.
Alors, peut-être que l’Union pour la Méditerranée est le premier signe qui pourrait changer la face du monde…
Il faut y croire, car qu’on le veuille ou non, nous sommes tous frères…

 

André-Gérôme GALLEGO
Directeur de la Publication
Andreg@aol.com


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