France, tu vas à ta perte…

En permanence et quelque soit le jour, mon premier réflexe en entrant chez moi, c’est de savoir où se trouvent mes animaux. Whisky mon Colley récupéré àla Spa, Princesse une petite chatte sauvage et ses deux petits, offerts eux-aussi parla Spatoulousaine, chère à Mesdames Buzzichelli et Sanchez, de vieilles complices dans la défense des droits des animaux.

Le soir, comme de logique, mon petit monde, m’attend avec impatience. Entre jeux, caresses et distribution de nourriture, le même rituel se perpétue de jours en jours et rien ne pourrait nous faire manquer ce rendez-vous d’amour partagé… Alors, par ce temps peu clément, l’envie de protéger mes complices, m’habite d’autant plus. C’est dans le salon ou la cuisine qu’ils trouvent remède à se protéger des affres de ces grands froids. Parfois, l’un des chats n’est pas au rendez-vous et c’est l’affolement général. La nuit tombe et l’inquiétude grandit, pour ne s’estomper que quand la famille est enfin reconstituée…

L’occasion de constater la chance que nous avons d’avoir un toit, du chauffage et les «gamelles» pleines… Au point, bien souvent de me culpabiliser en pensant chaque jour, chaque soir, à ces personnes, ces familles, ces enfants qui dans cet hiver rigoureux dorment à la belle étoile. Pas un instant où je ne me dis que si j’avais le pouvoir d’agir, de faire plus que de donner les quelques pièces ou les sandwichs ou croissants achetés à l’épicerie du coin… Je le ferais… Avec, je l’avoue, une résonance intime qui m’interpelle et me rappelle à mon devoir, en m’interdisant de me trouver des excuses de ne rien faire, de ne pas agir, alors que probablement je pourrais faire plus, moi qui me prétends humaniste. Certes, j’ai mes propres problèmes, mes propres soucis, je ne peux embrasser toute la misère du monde. D’autant que j’ai moi-même et malgré les apparences, bien du mal à m’en sortir. Oui mais, c’est probablement trop facile, quand même…

Mais voilà qu’il y a quelques jours la France, le pays des Droits de l’Homme, des Lumières, des Montesquieu, Rousseau, Voltaire, Diderot comme des Hugo, Kant, Jaurès, Cassin, Monnet, nous proposait une nuit à -6° avec ce que les spécialistes appellent une température ressentie de -14°… L’intolérable à vivre, à supporter par des êtres qui sont déjà très fragilisés. L’impossible condition humaine qui va forcer enfin les autorités à faire plus que d’habitude, si ce n’est à faire tout court, en ouvrant d’autres lieux d’hébergements. Distribuer soupes et repas chauds pour donner enfin à ces familles, ces «êtres vivants », on se demande grâce à quelle force surnaturelle, l’espoir de passer au moins une nuit protégés de ce mal que seul l’Homme est capable d’imaginer, de créer et de faire subir… l’indifférence.

Sauf que même là, tout semblait trop beau. Une embrouille entre «convives» et ce sont les services sociaux et mêmela Policequi sont appelés pour ramener le calme. L’occasion qui est donnée aussi de vérifier les papiers, origines et titres de séjours, avec ce que l’on imagine comme suite à donner… Certes, le travail des Policiers n’est pas facile, n’est pas simple et eux aussi ont des familles, des conditions de travail probablement beaucoup plus difficiles que les miennes. Mais quand même, n’était-il pas temps pour tout un chacun de pouvoir bénéficier d’une nuit de trêve, d’une nuit de «Noël hors du temps» et des mesquineries humaines ? Bien sûr et comme  toujours, des crapules sont là pour exploiter la misère humaine. Bien sûr que ces femmes et enfants qui sont, aux carrefours de circulation, à nous proposer de laver le pare brise de nos véhicules, ne le font pas seulement dans leur seul intérêt, mais pour le comptes de mafias, dont les chefs sont bien à l’abri dans leur pays d’origine. Et que dire de toutes ces gamines qui proposent leurs charmes le long du canal ? Comme de ces gamins qui hier mendiaient et aujourd’hui, mieux habillés, portables en main, ont pris du grade et font le tour des «petits commerces»… Il ne faut pas être un grand spécialiste de l’observation pour constater ces petits manèges, et même voir quelques gros véhicules rôder autour de ces proies comme on veillerait sur un cheptel.

Sauf que l’autre soir, des femmes, des enfants avaient trouvé un instant de paix et de bonheur et qu’on n’avait pas le droit de briser ce rêve lui aussi «Made in France» pour lequel tant de français ont sacrifié leurs vies… Le rêve  des Droits de l’Homme…

 

André Gérôme Gallego

Directeur de l’information



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