France Télécom; Un os à ronger ?

C’est devenu une habitude, à France Télécom, il se passe tou- jours quelque chose. Hier malheureusement des actes de désespoir, comme on l’a vu voilà quelques jours encore, de la part de personnes fragiles, dont le quotidien professionnel devenait insupportable et apportait encore plus à la détresse personnelle.
Mais aujourd’hui ce sont les grands gourous de la communication comme des ressources humaines qui font leur entrée dans l’arène médiatique. Des psys modernes qui viennent de nous pondre un questionnaire qui comprend pas moins de 170 questions.

Une véritable enquête contre le pouvoir en place ? Un réquisitoire contre l’organisation, contre les méthodes des petits chefs ? Ou bien une étude précise sur les us et coutumes de comportement de chacun des “cobayes” qui se seront gentiment prêtés au jeu des questions/réponses ? Non, diront “les béni oui oui” qui auront pondu la chose, sauf que l’on sait très bien qu’une enquête quelle qu’elle soit, est toujours à plusieurs dimensions. Aujourd’hui, on relèvera les critères sur la motivation individuelle et collective, les compétences, les modes de fonctionnement des supérieurs, mais demain on aura aussi les éléments nécessaires pour évaluer celui ou celle qui se sera prêté au jeu. Des enquêtes qui pourraient ainsi décider des mutations, des promotions, des mises au placard. Voire même plus, si d’aventure, certains n’hésitaient pas à se lâcher.
Mais me direz-vous, officiellement elles devraient rester confidentielles ? Officiellement oui, sauf que si l’on veut trouver des solutions pour tel ou tel service on se doit d’argumenter et comment le faire dans un total anonymat, sans offrir des pistes de reconnaissance ? Plus si demain, comment cela a déjà été expérimenté, justement à France Télécom comme me le confiait un syndicaliste en vue, certains petits malins se décidaient à brouiller les pistes avec de vraies fausses informations, histoire de “planter” le processus, le système ? Plus encore, si chaque questionnaire permet de balancer son supérieur. Bravo la dérive ?

 

Didier Lombard, cumulard en chef ?

En fait tous ces questionnaires, faits aujourd’hui pour endormir leur monde, n’ont pas encore fini de livrer leurs vrais secrets intimes. Dès lors pour les observateurs avertis, il est surprenant que les syndicats se soient laissés prendre au jeu, se soient contentés de cet os à ronger.
En fait le mal dont souffre France Télécom comme bien d’autres entreprises françaises, c’est la volonté stratégique de leurs dirigeants et parfois des gourous à leurs services, sous prétexte de rentabilité, d’efficacité, de déshumaniser systématiquement la relation avec l’autre. L’utilisation à outrance d’internet pour régler la moindre demande, la volonté de cloisonner les services, a brisé la chaîne humaine et aujourd’hui le résultat est là. La quête au profit a ses limites et à France Télécom, on vient de les dépasser.
Au fait, pour la fine bouche, dans le questionnaire, rien ne rappelle que Didier Lombard le boss, celui qui mordicus ne veut surtout pas démissionner et qui achèvera sa mission à France Télécom en 2011, dirige aussi 5 autres conseils d’administration. Dans le hit parade des grands patrons cumulards, il est même classé en 13ème position. Oui, il est l’un des patrons français d’entreprises classées dans le CAC40, parmi les mieux payés. En effet le bonhomme qui doit avoir le don d’ubiquité combiné à un relationnel haut placé et juteux, possède aussi quatre autres mandats d’administrateurs ?
Oui, le patron de France Télécom sévit aussi dans les conseils d’administration de Thalès, de Thomson, de ST-Microelectronics, comme de Radiall. Autant d’entreprises qui comme France Télécom, sont liées aux télécommunications et à l’électronique et dont Didier Lombard a à déterminer la stratégie. A ce propos, surprenant que personne n’est relevé dans ses missions, l’opportunité de conflit d’intérêts. Mais il est vrai que dans ce milieu des grands copains et grands coquins, on se coopte, on se protège, on chasse ensemble. Oui, Didier Lombard, l’homme aux grandes oreilles comme le disent ses proches, ne cumule pas pour le plaisir de parader. Non il ne cumule pas pour garnir une carte de visite, mais pour conforter des compléments de salaires, des primes et autres avantages en tous genres. Car ces grands manitous, à l’instar des politiques qui les ont copiés, se voient versés par chaque grande structure, dans lesquelles ils opèrent, des jetons de présence qui, pour le boss des Télécom, lui ont rapporté la bagatelle de 170.000 euros, rien qu’en 2008.
Elle n’est pas belle la vie ?

André Gérôme Gallego
Directeur de la Publication
andreg@aol.com


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