France : Le divorce avec l’Entreprise

Dans une période où des spécialistes de la chose nous expliquent que le chômage n’est pas un fléau mais un signe de progrès auquel il convient tout simplement de s’adapter ; qu’étant donné que personne ne pleure le temps des diligences ni celui des lampes à pétrole ! Pourquoi devrions-nous, alors que le progrès génère du temps de libre et du bien-être au niveau individuel, considérer qu’il deviendrait un élément hautement perturbateur sur le plan social ? Certes, la réponse serait extrêmement facile à donner. Car s’il est reconnu que technologiquement, nous sommes au 21ème siècle, force est de constater qu’au quotidien nos représentants, qu’ils soient politiques ou sociaux, pour conserver un espoir de reconnaissance pataugent allègrement en plein 19ème siècle ! Le tout conforté par nos lois, nos règles, notre organisation, notre philosophie du travail, qui fonctionnent toujours selon des schémas vieux de plus de cent ans et probablement en totale inadaptation à notre environnement technique d’aujourd’hui.
Dans une période où des spécialistes de la chose nous expliquent que le chômage n’est pas un fléau mais un signe de progrès auquel il convient tout simplement de s’adapter ; qu’étant donné que personne ne pleure le temps des diligences ni celui des lampes à pétrole ! Pourquoi devrions-nous, alors que le progrès génère du temps de libre et du bien-être au niveau individuel, considérer qu’il deviendrait un élément hautement perturbateur sur le plan social ? Certes, la réponse serait extrêmement facile à donner. Car s’il est reconnu que technologiquement, nous sommes au 21ème siècle, force est de constater qu’au quotidien nos représentants, qu’ils soient politiques ou sociaux, pour conserver un espoir de reconnaissance pataugent allègrement en plein 19ème siècle ! Le tout conforté par nos lois, nos règles, notre organisation, notre philosophie du travail, qui fonctionnent toujours selon des schémas vieux de plus de cent ans et probablement en totale inadaptation à notre environnement technique d’aujourd’hui.
Plus, pour ces penseurs, vouloir éradiquer le chômage en créant des emplois serait donc une utopie car le but de nos avancées technologiques est précisément de supprimer des emplois et de faire travailler l’électronique à notre place… Nous serions donc en pleine contradiction avec nous-mêmes. Sauf que notre démographie appelle toujours plus de candidats sur le marché du travail. Que preuve du contraire, il faut travailler pour espérer gagner un salaire ; le seul sésame que l’on connaisse pour avoir toujours en tête l’espoir qui fait vivre, celui de pouvoir s’élever dans la société. Un mécanisme logique et humain qui n’est pas prêt de laisser place semble-t-il, à un autre schéma d’équilibre entre les hommes. Même si la question mérite d’être posée et étudiée, avec le sérieux nécessaire et en prenant tous les impératifs en compte. Car c’est une vérité, notre société, notre mode de pensée comme de fonctionnement, d’acceptation de l’Autre se doivent d’être repensés. Avec une question quasi existentielle à résoudre, en fait de savoir si nous sommes en quê-te perpétuelle d’un mieux vivre à travers la recherche d’une activité pérenne et gratifiante. Ou plus difficile à admettre, en quête d’un mieux vivre personnel, valorisant pour son image mais aux conditions d’efforts et d’engagement pour la société des plus minimisés ?  

Sommes-nous arrivés au bout d’un système ?

C’est la question que l’on doit se poser, tant le mal-être des Français, comme des Européens est palpable. Aujourd’hui, à l’inverse d’hier, il ne suffit plus d’avoir un salaire assuré pour être heureux, pour avoir le sentiment d’une vie accomplie. Notre environnement social, notre position dans la société, notre relation avec l’Autre sont autant de facteurs importants qui vont donner le “la” d’une vie harmonieuse ou pas. Un mal-être qui, comme toujours, va trouver son expression la plus forte dans l’entreprise. Théâtre de tous les espoirs, comme de tous les défis, c’est là que les états d’âme trouvent leurs prétextes, là que les tensions humaines sont les plus palpables… Que l’on peut ressentir, en premier lieu et particulièrement pour notre pays, que le divorce des Français avec notre mode de société est bien prononcé. Que même l’entreprise et ses valeurs sociales reconnues ne sont plus assez fortes pour garantir à celles et ceux qui ont la chance d’avoir “un job” de se satisfaire de leur existence.
La fin de l’entreprise comme pilier fort de la Nation serait-elle annoncée ? En fait c’est la question que bon nombre d’analystes de la chose sociale, se posent depuis plus de 20 ans. Avec une interrogation forte pour savoir si nous sommes engagés comme, cela semble être le cas, dans un processus d’avènement d’un nouveau profil du salarié un tantinet plus individualiste, peu enclin à afficher sa fierté d’appartenance, en total détachement avec le groupe. Un vrai mercenaire qui ne serait seulement intéressé et motivé que par son positionnement social de l’instant, mais toujours prêt à s’offrir au plus offrant.

Le lien professionnel remis en cause ?

C’est vers la fin du 2ème millénaire que la dégradation du lien professionnel avec l’entreprise commence à faire son apparition. On note une belle accélération de cette défiance, en 2005 avec près de 20 % des salariés qui se disent totalement désengagés vis-à-vis de leur entreprise. En 2007, ils seraient près de 30 %. Et aujourd’hui plus de 40 % feraient le même constat et seraient même prêts à s’expatrier histoire de s’offrir d’autres défis. Ce qui démontre d’un mal-être criard, d’un manque de reconnaissance comme d’envie à partager un projet d’avenir commun est fort, ici dans l’Hexagone.
Sans oublier que de l’autre cô-té du balancier, se trouve aussi un chef d’entreprise auquel il manquerait certes un regard plus large sur le contexte dans lequel se jouent ces nouveaux comportements. Sauf, que, on l’oublie trop souvent, ses propres difficultés à mener le bateau occulteraient de fait sa perception claire des besoins pour garantir l’avenir. D’autant qu’un réflex bien français voudrait que quand tout va bien, on le doive au personnel. Mais qu’a contrario quand tout va mal, c’est celui qui aura investi toutes ses économies et mis à mal l’équilibre familial qui sera montré du doigt comme seul responsable à livrer à la vindicte populaire. Et puis n’hésitons pas à le dire : les syndicats naguères comptables de l’équilibre social s’étant depuis trop longtemps grisés à jouer les atouts cœur des politiques de gauche, ils sont passés à côté de leur mission pour finalement et quasi définitivement perdre leur crédit auprès même de leurs propres troupes. Et si l’on ajoute que, là comme ailleurs, les ressources humaines ont montré leurs limites en étant aux mains de gourous de la “Com”, plus concernés par la manne financière que par les enjeux, les voilà qui proposent des plans de formations déshumanisés et labellisés avec l’application de recettes frelatées, mais très lucratives. Telles que les théories de la motivation de Maslow & Co, celles de la communication “PNL et AT” du management situationnel d’Hershey et Blanchard voire même les techniques d’organisation telles que la célèbre approche systémique. Tout ceci pour finalement nous créer un monde superficiel où plus personne ne sait qui est qui et surtout ne se reconnaît plus. Un monde virtuel déshumanisé où l’homme n’est plus au cœur de nos préoccupations, où seul peut-être les plus avertis de la chose trouveront matière à exister, mais pour combien de temps ?
Sauf qu’en attendant, de l’autre côté du Chanel, bien loin des vérités franco/allemandes et sans crier gare, l’Angleterre semble avoir trouvé les remèdes miracles. Ainsi, avec des entreprises pourtant plus taxées que les nôtres, les firmes britanniques sont également celles qui créent le plus de richesses : près d’un quart de la valeur ajoutée des sociétés européennes. En 2010, 100 livres sterling investies en main d’œuvre et en équipements ont généré 194 livres de valeur ajoutée, contre 157 livres en France et 142 livres en Allemagne. Nos grands patrons français, dont bon nombre sont d’anciens fonctionnaires qui n’ont jamais risqué le moindre centime d’euros dans l’entreprise qui leur garantit de hauts salaires et même des stock-options, auraient-ils à apprendre en termes de people management ?
Il est temps de revoir nos modes de fonctionnement car si-non demain nous annonce une belle révolution.



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.