Et si l’on posait ensemble le décor France…

Oui, si nous rêvions un instant, d’avoir entre nos mains le pouvoir de tout changer. Quelle serait notre premier engagement, notre première mission, le rêve d’avance à partager que nous aimerions vivre avec le plus grand nombre de nos contemporains ? Que du baratin de journaliste en mal de reconnaissance et lui-même en quête de pouvoir de dire, de faire, allez-vous me dire ? Car tout est déjà bien ficelé, bien contrôlé. A droite com-me à gauche les rôles sont bien répartis et les successions bien engagées. Mais alors, sommes-nous donc seulement condamnés à n’être que des faire-valoir ? A n’être que des témoins, des supports de vocations qui n’ont leur mot à dire qu’à chaque échéance électorale ? Des zombies qui ne seraient là, le temps d’un week-end, que pour faire la claque, mettre de l’ambiance à la grande kermesse des valeurs retrouvées, conforter des alibis ?
C’est vrai comme vous, je le constate chaque semaine en lisant le courrier des lecteurs du Journal Toulousain : j’ai, l’impression que, depuis que je suis en âge d’entendre et de comprendre, nombreux sont les spécialistes qui, comme une rengaine jamais à bout de souffle, nous ont alertés sur les dysfonctionnements de la société française. A chacun son calcul, son analyse, son livre, son émission télé pour nous parler de ces fameux records non publiables que détiendrait notre pays. Celui de la dette publique, d’une fiscalité parmi les plus lourdes d’Europe, d’un chômage constant à +10 %, d’une relance qui traîne à venir. Mais surtout, pour une majorité d’entre nous, d’un pouvoir d’achat des plus faibles, d’une perte de confiance, et pour clore le débat du poids récurrent de notre administration, entre autres handicaps…
Subsides contre retraites minables

Et après 40 ans de dur labeur, une retraite minable, alors que dans le même temps nos élus, ceux qui sont chargés d’améliorer notre quotidien, se votent ici et là des subsides, des jetons de présence dont chacun d’eux dépasse allègrement, ce que nous tend comme obole une société française qui nous aura spoliés durant toute une vie. Pour l’anecdote, sait-on aussi qu’un délégué syndical qui siège au CA d’une administration, comme Airbus, France Telecom, la Poste, EDF, Gaz de France, etc. va toucher sur l’année des jetons de présence qui auront une valeur comprise entre 50.000 € et plus de 100.000€ ? Ils seront reversés en principe à son syndicat, mais de toute façon transformés, en grande partie, en frais non imposables pour l’intéressé. Alors se pose la question de la liberté syndicale, de la liberté d’action, de la liberté d’agir en faveur des camarades ? Ils seraient donc tous complices ? Que des beaux discours de circonstance ?
Aujourd’hui, il sera politiquement plus opportun à une entité régionale de donner 60.000 € à une association pour consolider la création de 2 emplois que d’offrir un budget pub annuel de 5 000 € au Journal Toulousain qui permettrait à ses employés un mieux-vivre mérité, et surtout une considération, une forme de respect pour leur travail, leur audace, leur générosité.

De beaux discours…

En fait, ceci est la démonstration par les écrits et les chiffres que des générations de professionnels de la politique, et autres partenaires susceptibles de partager le pouvoir, tout en cumulant les mandats et les avantages en tous genres, en influant ici et là, ont faussé les cartes du jeu démocratique. Tout en nous laissant un passif, qui endette à vie plusieurs générations de Français. Coupables, des femmes et des hommes, plus soucieux de gérer le temps qui coule entre les élections, de soigner leur image, que de s’attaquer aux problèmes qui ruinent la France. En fait, une trop grande partie d’entre eux, est plus concernée par la défense de ses propres statuts que susceptibles d’aller se frotter aux corporatismes en tous genres qui pourraient nuire à leur image de marque, comprenez… leur fond de commerce.
Ils se réfugient le plus souvent derrière des soi-disant valeurs de mieux-vivre à préserver, pour nous inventer de beaux discours, tenter de nous donner de belles leçons de civisme voire d’humanisme et nous laisser une trace glorieuse de leur passage, telles les 35 heures. Faire des lois à son nom, toute une vanité finalement ! Alors que pendant ce temps, tout un chacun constate sans pouvoir changer le cours des choses, que son pouvoir d’achat recule et atteint même la cote d’alerte. Affaiblir finalement toujours plus une majorité de Français, que le passage à l’euro avait déjà particulièrement touchée. Une France où l’on semble plus concerné par les exactions de certains lobbies, plutôt que d’entendre les demandes raisonnables et justifiées de cette majorité silencieuse qui fait mine d’admettre tout et son contraire. Mais pour combien de temps encore ?

 

Qui pour défendre les plus modestes ?

En France, le pays soi-disant des Droits de l’Homme, ne sommes nous capables d’entendre que les gémissements des agriculteurs, des viticulteurs, voire des agents EDF ou de Gaz de France ? Qui pour défendre les plus modestes d’entre nous ? Qui pour défendre les patrons des Pme-Pmi, les artisans qui ont tout investi dans leurs rêves fous, ont sacrifié leur famille ? Qui pour s’indigner quand l’un d’entre eux, lassé de tous ces mépris, ne trouve la force que pour échapper définitivement à ce monde des soi-disant vivants ? Un monde injuste où il aura courbé en permanence l’échine, ravalé sa dignité en espérant que le lendemain lui apporterait enfin la lumière tant méritée. Sauf qu’aujourd’hui comme hier les conseilleurs ne sont pas les payeurs.  
Qui, pour dire que dans nos campagnes, en 2009, bon nombre de fermes n’ont même pas l’eau courante ? Que rare n’est pas la semaine où l’on ne découvre une personne âgée décédée depuis plusieurs jours dans l’indifférence générale ? Que faisons-nous pour nos aînés afin qu’ils restent le plus longtemps possible dans le cocon familial ? Ailleurs, dans les pays nordiques par exemple, on étudie, on cherche, on trouve la meilleure façon de leur garantir un mieux-vivre décent et mérité jusqu’au dernier instant. Pourquoi n’en est-il pas de même dans notre pays ? Les maisons de retraite horriblement chères, ne sont pas la panacée, nous le savons tous. Elles sont du reste, surpeuplées… Mais aussi, qui, pour dénoncer ces hôtels particuliers insalubres à souhait, où des familles entières s’entassent dans une chambre de 9 m², louée en moyenne 800 euros par mois ?  

Une remise à plat des mentalités et des habitudes

Le monde change, les méthodes aussi et nos politiques ne semblent pas à même d’analyser avec lucidité la situation, incapables de nous fournir les outils qui gagnent. Incapables d’avoir l’audace de permettre à toutes et tous de trouver matière à conserver au fil des ans et des générations, la force de vivre mieux. En fait, ils sont trop dépendants de leur future réélection. Car il leur faudrait souvent le courage de dire “non” à une rue qui se manifeste sans se préoccuper des autres, à des lobbies bien organisés qui ne sont pas toute la cité. Prendre le risque de perdre une élection en proposant des mesures impopulaires pour certains, plus protégés, mais indispensables pour la majorité d’entre nous ? Très peu pour eux ! Ce manque de courage nous vaut de constater aujourd’hui que l’idée même de réforme est pratiquement inutile. Que c’est à une remise à plat complète des mentalités comme des habitudes qu’il faudrait avoir le courage de s’attaquer. A l’image de ce député socialiste du Tarn, grand défenseur devant l’éternel du non cumul des mandats. Piégé par un journaliste, il clamera même être opposé à ce qu’un élu fasse plus de 2 mandats à la suite, mais se ravisera vite quand on lui citera comme exemple Martin Malvy, le Président de la Région Midi-Pyrénées qui lui brigue un 3ème mandat… «Un homme à part», dira-t-il…
Et puis comment le nier ? Nous avons un Etat dont les serviteurs, quand ils n’en ont pas le contrôle, appréhendent l’entreprise comme une entité suspecte, mais surtout comme une cible facile et corvéable à merci. Ce n’est pas un hasard si la majorité de nos législateurs, et donc nos élus, qu’ils siègent à l’Assemblée Nationale ou au Sénat, sont à l’origine et à plus de 60 % des fonctionnaires. Ceux-là même qui auront la garantie du travail à vie, mais se voteront des avantages cumulables à merci… Tout en n’hésitant pas, avec la complicité de leurs alter ego en région, à pousser sans risque, le bouchon un peu loin, au point d’amener plus d’un entrepreneur à jeter l’éponge, et parfois plus gravement à la dépression voire au suicide. Qui cela chagrinera-t-il ?
Qui pour le défendre ? Un artisan, un gérant de pme-pmi, c’est moins important qu’un employé de France Telecom ou de Thalès ?

André Gérôme Gallego
Directeur de la Publication
andreg@aol.com


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.