Et si le gouvernement parvenait à créer 100.000 emplois ?

C’est dans tous les cas son pari et il faut bien dire que la mesure est osée. Car dans une période de difficulté générale, annoncer que dans ces conditions, l’allègement de charges patronales avoisinerait les 13 milliards d’euros, pourrait paraître encore une fois comme une provocation. Car le sous-entendu serait propice à dénoncer encore et toujours un gouvernement qui ne serait là que pour aider les riches patrons. Sans oublier que voilà peu une baisse de la TVA dans la restauration devait elle aussi porter sa part d’emploi nouveau. Sauf que les amis d’André Daguin, sont aujourd’hui bien loin d’avoir rempli la mission contractuelle qui leur avait été confiée.
Ainsi, dans le schéma défendu par Valérie Pécresse, la ministre du Budget, les employeurs seraient dispensés de payer les 5,4 points de cotisation familiale sur les rémunérations allant de 1,6 smic à 2,1 smic, soit de 2290 à 2620 euros net par mois. De fait l’éventail de salaires le plus large possible avec dans l’industrie 80 % des emplois concernée contre près de 100% dans le monde agricole.
D’où cette extrapolation économique que les spécialistes ont réalisée pour garantir que la mesure rapporterait pas 100.000 mais 150.000 créations d’emplois, d’ici 3 ans.

Une contrepartie douloureuse…

Oui, avec une contrepartie qui pourrait s’avérer douloureuse, car c’est le taux normal de TVA que l’on va modifier. Il est aujourd’hui fixé à 19,6 % et il passera bientôt à 21,2 %. Avec un consommateur qui, en bout de chaîne, devra payer la note. Même si officiellement et comme le rappelle le gouvernement, cette hausse de TVA ne concerne que 40 % des biens et services consommés. Qu’à titre d’exemple, les loyers des habitations qui pèsent tant dans le budget des ménages les plus modestes, ne seront pas directement touchés. Plus, que les revenus du capital seront eux aussi, taxés à hauteur de deux points supplémentaires de CSG. Pour autant de décisions que l’on présente comme des garanties de résultat, pour combler le manque à gagner de la Sécurité sociale dans la baisse des cotisations ?
Sauf qu’encore une fois, et tant pis si l’on joue les avocats du diable, ce sont les grosses multinationales qui seront les grandes bénéficiaires de ces mesures, même si elles ne sont pas les plus grandes créatrices d’emplois. Et en espérant même que ces mesures ne viendront pas les aider à aller construire hors de notre pays d’autres unités de fabrication ?

Les Artisans et les Pme/Pmi oubliés ?

Ainsi et a contrario, ce n’est pas un hasard si en France l’Artisanat est reconnu comme «la plus grande entreprise de France» et pourtant il est oublié de ces mesures. Ce qui amène la question de savoir si le gouvernement n’aurait pas eu plus d’intérêts à lancer une vraie banque spécialisée dans la création et l’aide au développement et à l’attention uniquement de ce type d’entreprises. On le sait, le bâtiment, l’informatique, mais pas seulement, manquent cruellement de mains d’œuvres qualifiées. Un fonds d’aide aux artisans aurait permis de faciliter la formation de jeunes apprentis et dès l’âge de 14 ans et non pas 16… Former un jeune, c’est l’engager à partager un rêve, mais aussi à le sortir des griffes de l’inconnu, représentée par une société qui ne dit pas tous ses maux. Mais cela demande du temps, de l’argent et une certaine forme d’engagement responsable que nos petits patrons ont dans leurs tripes. Car eux aussi ont connu ce parcours du combattant et n’ont qu’une envie, qu’un objectif : transmettre leur savoir…
Et puis supprimons toutes ces aides, transformées en lois qui ne rapportent rien et n’engagent personne. Comme la Loi sur les 35h, compensée par une autre loi dite Tepa pour travailler plus, etc. Sauf que tout mis à bout, cela représente pas loin de 50 milliards que l’on pourrait économiser…
Mais, on ne le dira jamais assez, la politique, à droite comme à gauche, c’est l’art de ce qui se voit. Et on le sait, l’économie, la science c’est à l’inverse, l’art de ce qui ne se voit pas…
Et en période électorale…

André Gallego
Directeur de l’information



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