En France, où vont nos salaires ?

Et pour être plus précis, où va le montant des charges salariales toujours plus importantes, comme inexpliquées ? C’est en fait, dans cette période encore plus critique pour notre pays, la question responsable que l’on se doit de poser aujourd’hui à nos dirigeants. Oui, crise ou pas, il faut enfin que cesse cette chape de plomb systématique qui nous est opposée dès l’instant où nous abordons ce sujet ô combien sensible et d’actualité.
Oui, une démocratie se doit d’être transparente et dans ce domaine, du partage social, encore plus qu’ailleurs. Mieux comprendre le comment et le pourquoi de tous ces impôts directs, basés sur les salaires. D’autant, première injustice, qu’ils ne sont pas identiques pour toutes les catégories sociales… Et quand il s’agit du droit à la retraite, comprendre où se trouve l’équité entre tous les Français. Surtout quand on sait que certains vont partir avec quasiment la totalité de leur dernier salaire et d’autres avec seulement 50 % de ce montant, car pour des raisons inexpliquées les calculs sont différents. Alors où est la justice ? D’autant, et là c’est une certitude, que depuis plus de 30 ans, les revenus de la majorité des salariés français, soit la seconde catégorie, ont baissé. Alors que dans le même temps les charges ont pesé toujours plus sur l’économie, comme sur les employés et les entreprises. Ainsi et même si on le dit peu, depuis plus de 30 ans, la précarité s’est vraiment installée chez près de 60%, des Français. Et ce n’est qu’un début.

Mai 68, le leurre social

Oui, on le sait peu, mais le déclin social a commencé à prendre vraiment racine avec la fameuse génération 68. Celle qui va prendre sa retraite ces prochains mois. C’est ainsi que pour ces femmes et ces hommes, les revenus mensuels moyens ne dépasseront pas 1 100 €/mois. Crise ou pas, tout augmente, sauf les retraites. Bizarre. Dans ces conditions, on peut raisonnablement penser que pour cette catégorie de personnes, le pire est à venir, sauf à s’expatrier.
Ce qui peut paraître également révoltant, c’est aussi et surtout que si depuis 30 ans, les salaires baissent pour la majorité des Français, il n’en est pas de même au sommet de l’Etat, gauche et droite confondues. Et l’exemple du salaire du patron d’EDF, n’est que la pointe de l’iceberg, d’un marché de dupe où nous sommes condamnés, nous la majorité silencieuse, à être les éternels oubliés de la reprise ou pas.  

Le partage de la valeur ajoutée ?

Un slogan politique ou l’éternelle question qui suscite toujours les mêmes débats, et pas seulement depuis le début de la crise. Au point même que certains spécialistes du domaine se prennent les pieds dans le tapis dès l’instant où cette question du “partage de la valeur ajoutée” reprend force et vigueur dans l’actualité sociale ; où elle met directement en cause, les us et coutumes de certains voire leur corporatisme, pour être toujours plus enclins à se protéger au détriment de la majorité des Français.
Et à ce propos les études diverses et fournies de l’Insee, ne peuvent encourager le doute. La baisse sur une longue durée des revenus salariaux est constatée et serait même la cause principale de la fragilité de l’économie française.  

L’Insee et ses vérités…

Oui, les statistiques de l’INSEE sont formelles. Si ces dernières démontrent que la part des salaires est stable de 1955 à 1973 et connaît même une amélioration très nette de 1974 à 1982 ; quand un certain Valéry Giscard d’Estaing était aux affaires ; elles montrent aussi une chute nette de 1983 à 1989, avec son successeur. Ainsi, le premier septennat de François Mitterrand et les effets du plan Delors sont marqués par une forte dégradation de la part des salaires, qui passe en dessous de la moyenne connue entre 1955 et 1973. La première cohabitation, en 1986, ne commencera à inverser la tendance qu’à partir de 1987, pour se stabiliser à partir de 1990.  
Le premier fait marquant est donc que la politique dite de “rigueur” s’est étendue sur les 2 septennats de François Mitterrand et non sur le seul premier, comme il est trop souvent dit. Sans oublier les effets du plan de rigueur de Jacques Delors qui vont se poursuivre bien au-delà, car il faudra attendre 1997 pour voir le salaire moyen se remettre à croître. Une rigueur qui provoquera au nom, il faut le rappeler, de l’Europe, la grande montée du chômage que l’on a connue dans la seconde moitié des années 1980.

Des salaires en dents de scie…

Oui, pour le commun des Français et depuis 30 ans, les salaires sont en baisse. Oui, la déflation salariale est bien un phénomène indiscutable et important. Seulement en partie masquée par la réintroduction des revenus salariaux du capital, que ce soit dans le secteur financier ou dans l’industrie. Oui, depuis 1983, le décrochage des salaires est donc indubitable. Oui, depuis cette date, le niveau du salaire moyen peut être globalement estimé aujourd’hui à -25 %. Une baisse qui est clairement plus importante dans l’industrie et surtout pour les petits salaires. Pour ces derniers, on peut même avancer un “retard” salarial de -35 % à -45 %. Alors qui pour défendre cette majorité silencieuse ?
Mais aussi, qui pour nous expliquer où est passée la cagnotte réalisée avec le prélèvement automatique et obligatoire des charges salariales ? Qui, pour répondre et expliquer cette gabegie ? A qui ont-elles vraiment profité ? Pour un salaire de 1 500 € brut la partie employée sera de 320 € additionnée à la part patronale qui sera de 340 € soit 660 €/ mois par individu. Soit plus d’un tiers du salaire, cherchez l’erreur…  

André Gérôme Gallego
Directeur de la Publication
andreg@aol.com


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