Elections européennes : Le défi de l’abstention ?

Dans cette période de difficulté planétaire, d’incertitude devant notre devenir, de fébrilité même à s’engager, à prévoir ou anticiper sur notre avenir, voilà qu’arrivent les élections européennes. Déjà qu’elles étaient par excellence les élections les moins comprises et les plus boudées, le millésime 2009 risque de connaître la plus importante abstention électorale. Ainsi, pour les spécialistes de la statistique, en juin prochain, le score de participation ne dépasserait pas les 40 %. Sauf que comme le rappelait voilà peu notre Premier ministre, François Fillon, derrière ce défi de l’abstention, se cacheraient de vraies raisons, de vrais griefs connus, et pour une bonne partie légitimes, contre l’Europe.

La première, pour le citoyen lambda, la méconnaissance totale des rasions d’être de l’Union Européenne. Au point qu’à chaque fois qu’une difficulté se présente à nous, systématiquement l’on pense à Bruxelles pour en désigner le coupable tout désigné. Il faut dire que nos politiques en jouent parfaitement, probablement pour cacher leurs propres carences voire incompétences. Alors, c’est la lourdeur des procédures européennes, qui fera l’unanimité, suivi de près par l’absurdité parfois de certaines décisions. Mais c’est surtout l’impression diffuse qu’une structure qui est à la fois omniprésente et impuissante, s’érige au-dessus de nous, trace notre destin sans nous avoir rien demandé. C’est bien entendu, la commission européenne, dirigée par Manuel Barroso, qui attire le plus de suffrages contre elle. Bref, le bilan de tous les défauts d’une organisation où 27 nations cherchent en permanence le moyen de travailler ensemble avec efficacité. Et pourtant et a contrario ce serait, justement toutes ces carences ou manquements qui devraient nous pousser à aller voter, pour pouvoir changer la donne. Car comment serions-nous crédibles, en critiquant chaque matin le “machin”, et surtout ses technocrates, si au moment des élections, le seul où il nous soit permis de nous exprimer, de changer la donne, nous préfèrerions aller à la pêche ? Si le 7 juin nous décidions de ne pas aller aux urnes pour voter, à quoi serviraient nos critiques ou réserves ?
Mais, me direz-vous, comment mobiliser plus largement ? Comment éviter tous ces faux débats de campagne qui polluent systématiquement cette élection ? Comment rappeler surtout et à plus de responsabilités nos dirigeants politiques, toutes tendances confondues, qui sont incapables de relever le débat ? Le portent ou le limitent en permanence à des résonances extranationales, en apportant une critique systématique des actions du gouvernement, nous détournant de fait des vrais enjeux de ce rendez-vous européen. Que dire aussi des attaques incessantes dont est victime le président de la République ? Lequel, il faut en convenir, n’a pas démérité quand il était à la présidence de l’Europe, au contraire. Et puis, surtout, dans cette période de grande crise où le pire pourrait être à venir, ne pourrions-nous pas une fois au moins nous montrer plus responsables, plus rassembleurs autour de valeurs de tolérance et d’humanisme qui sont les piliers d’une France solidaire et ambitieuse.

Sans l’Europe ?

Et puis, maintenant que le constat de la gravité de la situation est fait, la grande question que l’on se doit de se poser est de savoir combien de temps nous faudra-t-il pour que l’économie retrouve son niveau d’avant crise ?
Si l’on se fie aux gouvernements et aux autorités financières et bancaires de tout poil, la sortie de crise, c’est promis, est pour fin 2009. Et pour ce qui est de retrouver le niveau d’avant crise, les économistes penchent pour une moyenne de trois ans…
Sauf qu’il est plus raisonnable de penser que la crise va s’éterniser, sur plusieurs années, au moins 10 ans. Que l’Europe n’est en aucun cas responsable, mais que cela est dû essentiellement au fait qu’il faille toujours plus de temps pour se désendetter que pour s’endetter. Nous avons dernière nous de très longues années de consommation à crédit ou de déficit budgétaire. Depuis le début des années 80, le recours à l’endettement est devenu pour les Etats le moyen de faire face à la crise pétrolière et à la récession qui s’en est suivie.
Plus de 20 ans d’endettement donc… et sûrement bien plus pour nous désendetter… ?
Et sans l’Europe, impossible de nous rétablir.

André Gérôme Gallego
Directeur de la publication
andreg@aol.com


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