Elections Européennes; Circulez, il n’y a rien à voir…

C’est en juin que les Français devront élirent leurs députés. Sauf qu’aujourd’hui plus qu’hier, les élections européennes ne semblent pas faire recette. Oui, aujourd’hui plus qu’hier, où la préoccupation des Français reste plus que jamais le quotidien immédiat et non la guéguerre interne des partis pour savoir qui va partir ou pas. D’autant qu’une fois à Bruxelles, les heureux élus se font rares en discours et actions. Il faut savoir le dire, l’Europe c’est loin…
Alors les grands mouvements prennent leur temps, conscients de leurs forces, pensant encore une fois que tout va se régler dans la dernière ligne droite entre l’UMP et le PS. En fait ils n’ont pas tout à fait tort, même si cette élection est bien différente des autres.
Et puis surtout, il serait mal venu de parler stratégie et ambition européenne auprès des Français, alors que l’on est incapable chez nous d’endiguer la crise comme la montée du chômage et surtout la morosité ambiante qui gagne tous les foyers. Demain est incertain : c’est la première vérité que les Français comprennent. Plus, ils attendent des remèdes à ce fait inéluctable avant de réfléchir à autre chose. Même la venue d’Obama, lors du dernier sommet du G20 n’a pas monopolisé les bonnes intentions comme présenté ici et là par les médias, un tantinet aux ordres du pouvoir…
Pourtant c’est dans un peu moins de deux mois, que les Français se rendront aux urnes pour désigner leurs députés européens. Souvenons- nous que par le passé, ce type de scrutin n’a guère passionné les foules, avec en 2004, plus de 57 % des électeurs qui s’étaient abstenus ; un record sous la Vème République. Et il n’est pas sûr que cette année, on fasse beaucoup mieux.

 

 
A l’UMP Dominique Baudis s’interroge ?

… Sur la manière de répondre aux attaques dont il fait l’objet pour sa gestion de l’Institut du Monde Arabe. Mais surtout, désigné tête de liste par l’Elysée, sa campagne patine et se complique pour le moment avec une Christine de Veyrac, députée européenne en titre. D’autant que cette dernière vient de prendre la présidence de l’UMP local et veut la seconde place éligible ou menace de semer la discorde. Sauf que la logique voudrait que cette place revienne aux autres composantes régionales. Alors et dans ces conditions, sûr que l’ancien Maire de Toulouse, dont bon nombre de ses proches se posent la question de savoir ce qu’il est venu faire dans cette galère, est attendu au tournant et même et surtout dans son propre camp. Espérons qu’il ne laissera pas d’autres plumes dans un combat de trop, comme nous l’écrivions voilà peu.

 


Au PS Kader Arif est en ordre de marche…

C’est du moins ce que prétend son proche environnement. Sauf que là aussi, au milieu d’une gauche bien divisée, et une région entièrement qui lui est dédiée, les querelles de pouvoir se font jour. Pas certain qu’un bon score de sa tête de liste aux Européennes ravirait tous les ténors du PS déjà dans les starting blocks pour d’autres pouvoirs à conserver ou à prendre. Sans oublier que l’élection de Pierre Cohen, à la tête de la mairie de Toulouse, a de fait redistribué les cartes au sein même du PS. Si l’on ajoute au constat les guéguerres lors des dernières sénatoriales, que les Présidents du Conseil Régional et Général sont atteints par la limite du raisonnable, (ils auront plus de 74 ans aux prochaines échéances), voilà qui aiguise les appétits de renouveau et de prise de pouvoirs.

 


Le MoDem à l’offensive…

Oui, mais pour se détruire en interne par des guerres de pouvoir qui n’en finissent pas. D’autant que l’environnement de François Bayrou, qui a démarré dès février sa campagne européenne, n’a pas l’air de vouloir écouter les desiderata de la base et continue à prendre ses décisions depuis le siège parisien. Particulièrement en favorisant, par des méthodes pas trop “catholiques”, ici et là et en douce, quelques proches. Créant de fait encore plus la confusion comme la révolte. Oui, en Haute-Garonne la fronde gronde au point que le Président du MoDem pourrait même éviter de tenir un meeting à Toulouse de peur de voir quelques récalcitrants lui dire ses quatre vérités en public. Il est vrai que cela ferait désordre. Pourtant cette élection européenne est faite pour le MoDem…

 


Europe-Ecologie, Bové prend les devants

Dans la bataille, eux sont partis parmi les premiers. Au point que certains se demandent si les amis de Daniel Cohn-Bendit, ne sont pas à l’instar de leur emblématique leader, toujours en campagne. Mais aujourd’hui les écologistes font fort avec des recrutements, lors du mercato de l’hiver, d’attaquants de pointe des plus reconnus avec l’ex-magistrate anticorruption Eva Joly, l’altermondialiste José Bové et même Jean-Paul Besset, le bras droit de Nicolas Hulot. Sauf que les meilleurs éléments à leur poste ne font pas une équipe et bien souvent qu’illusion. C’est le mal dont pourrait souffrir ce consortium d’autant que les thèmes de l’Ecologie comme du développement durable sont, et c’est heureux, repris par d’autres qui n’ont pas l’intention de se laisser dépasser par les chouchous des médias. Plus, la première soirée à Toulouse a laissé sur sa faim pas mal d’aficionados. La machine n’est pas encore réglée, mais si les prochaines semaines, elle trouve un peu plus de cohésion, là elle ris-que vraiment de surprendre car sur le papier, elle a belle allure.  

 


Le FN s’agace tout seul

Comme depuis quelques échéances électorales, le parti de Jean-Marie Le Pen et de sa fille Marine, semble avoir du mal à trouver son rythme de croisière. Il faut dire que ses efforts pour rallier à lui l’électorat populaire semblent vains, car en bonne partie subtilisé par Nicolas Sarkozy en 2007. Bien sûr et comme d’autres, le FN multiplie les communiqués pour fustiger l’impuissance de Bruxelles et même prôner la “préférence nationale” sauf qu’ils ne sont pas les seuls sur ce registre. Plus grave, quand ici ou là quelques-uns de ses représentants cherchent, à s’emparer de l’i-mage de Roger Salengro ou comme dans notre région, à attirer l’attention du lectorat par des coups médiatiques du style «Aujourd’hui Jean Jaurès aurait voté FN». Plus difficile sera aussi d’admettre de voir un Jean-marie Le Pen prétendre à une élection à un âge canonique ou d’expliquer que Marine Le Pen est l’une des plus performantes en matière d’absentéisme justement à Bruxelles ? Mais la vraie démocratie c’est aussi de permettre à tous de s’exprimer et, ici et là, l’on se doit de tout faire pour protéger cette valeur supérieure d’égalité entre les hommes.

 

 
A la gauche de la Gauche, rien ne va plus…

Faites vos jeux… C’est un fait certain, à la Gauche de la Gauche on nage dans un flou artistique qu’Olivier Besancenot semble aujourd’hui, seul capable de maîtriser. Même quand il refuse la main tendue d’un certain Mélenchon… Pour lui tout va démarrer après les ponts du mois de Mai et particulièrement après le défilé du 1er Mai qu’il veut grandiose et festif. En fait, il sait qu’il est capable de tirer un bon profit de ces élections européennes qui vont consolider son leadership au sein de la Gauche de la Gauche et pourraient garantir de bonnes places à ses compagnons de route. C’est ainsi que l’autre chouchou des médias, considère cette échéance comme une rampe de lancement de son mouvement annoncé à plus de 12 % d’intentions de vote. Une performance qui laisse pantois les spécialistes de la chose politique qui ne peuvent expliquer ce qui donne une telle puissance à un mouvement qui n’a pas 9 000 adhérents sur le plan national. Les mauvaises langues prétendent même que le miracle a été organisé par les proches du Chef de l’Etat qui encouragent leurs potes patrons de presse à tout faire pour le mettre en avant.

 


Dupont-Aignan l’Europe oui, mais…

Le leader de “Debout la République”, n’est pas contre l’Europe si elle s’inscrit de fait et en premier lieu dans la préférence nationale. Pas contre l’Europe, pas contre le «machin», comme disait De Gaulle, dont Dupont-Aignan s’inspire, si nos us et coutumes, nos faits et gestes, notre façon d’être, nos différences ne sont pas aux mains de technocrates qui ne savent rien de nos valeurs, coutumes et différences à défendre. Si ces élections doivent nous réserver une surprise, elle pourrait justement venir de ce jeune mouvement politique.

Alors l’Europe, oui ou non ?
 
En fait tous nos dirigeants et quelques soient leurs tendances savent pertinemment que nous ne sommes rien sans l’Europe. Que dans le concert mondial, la France n’est rien sans l’Europe. Sauf que là comme ailleurs l’on se doit de défendre justement nos identités, nos valeurs, nos forces et cela sans aucune concession.

André Gérôme Gallego
Directeur de la Publication
andreg@aol.com


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