Education Nationale ; Ne touche pas à mon école ?

Un slogan, comme une bouteille à la mer, un moyen de communication qui sera offert au plus optimiste d’entre nous. Un message livré comme l’ultime espoir, l’appel au miracle qui voudrait que rien ne soit jamais perdu. Mais, on le devine, avec peu de chance d’être lu, d’être entendu. Le sort de notre éducation nationale en est-il arrivé à ce point extrême d’inquiétude ?
Une grève générale qui associe, pour la première fois, le privé et le public. Certains verront là, un principe, une manière récurrente, pour faire acte de mécontentement mais sans aucun espoir de faire bouger les choses. Rappeler en vain les déficiences d’un système scolaire qui ne dit pas ses maux comme ses engagements. Malgré, diront certains, l’importance des effectifs qui lui sont dédiés, soit 1,2 million de salariés dont 900 000 enseignants. Plus, si on y ajoute la masse des crédits qui lui sont consacrés chaque année, à travers l’Etat, les collectivités locales, les entreprises, les ménages eux-mêmes, soit près de 10 000 euros par élève.

Pour des résultats que bon nombre de pseudos spécialistes jugent des plus médiocres. Ces derniers, pour nous convaincre du bien-fondé de leurs analyses, tenteront de nous culpabiliser en nous rappelant que 100 000 enfants sortent de l’école sans diplôme ce qui, de fait, les exclut quasiment de l’emploi et de la vie sociale. Qu’il est dramatique de constater que 50 % des élèves qui entrent en 6ème ne maîtrisent ni la lecture, ni l’écriture, ni le calcul !

Qui, parmi nous pour s’occuper d’une classe pendant un jour ?

Mais rien pour supprimer ou maintenir et surtout alléger la carte scolaire qui de fait ne changera pas grand chose au problème posé de la qualité de l’enseignement et des résultats qui en dépendent. Une carte scolaire que bon nombre de nantis con-tournent sans état d’âme et qui est, rappelons-le, en pleine contradiction avec les directives européennes de libre circulation des personnes. Une réglementation française qui, de fait, nous obligerait à placer nos enfants dans l’établissement de notre quartier. Sauf que les mêmes qui s’opposent à un débat sur la carte scolaire, n’imaginent pas un instant une “carte économique” qui les obligerait à travailler dans l’entreprise la plus proche de leur a-dresse fiscale. La liberté qu’ils s’adjugent, en tant qu’adultes, la refuseraient-ils pour nos enfants ?
Pourtant, la logique de nos valeurs républicaines voudrait que l’on se donne les moyens de viser l’excellence et ce, dans tous les établissements scolaires. Mais en contrepartie, il faudrait qu’on leur assure les moyens financiers et humains, si d’aventure on avait le souhait de leur imposer des résultats …
Entre-nous, qui aurait le cran et la patience nécessaires d’affronter chaque matin une classe de 30 élèves, alors que la veille on a été incapable de garder son cal-me en faisant réviser la géographie à l’un de ses propres enfants ?

Ne touche pas à mon école…

Tous ces budgets que l’on économise, dit-on, dès le primaire, en ne considérant pas que, passé un effectif de 20 élèves, une classe n’est plus gérable, ne les retrouvons-nous pas, plus tard, lorsque ces gamins, justement en échec scolaire partiront à la dérive ? Comment ne pas généraliser l’obligation que les devoirs soient réalisés en étude sur le si-te scolaire, avec un encadrement adapté ?… Et non pas à la maison, où dans la plupart des cas, on le sait, les bonnes conditions  ne sont généralement pas requi-ses ? Et pourquoi ne pas laisser, à chaque établissement, une autonomie réelle ? Laisser ces Femmes et ces Hommes au fait des réalités du terrain agir en conséquence et de façon responsable face aux problématiques spécifiques qui leur sont proposées, notamment en fonction des acquis réels reconnus chez chaque élève.
Des dispositions d’autant plus responsables que nos dirigeants politiques de tout bord n’ignorent pas la principale injustice : celle qui réside d’abord dans la distribution sociale des lieux de résidences. Une étiquette que chaque gamin portera durant une bonne partie de son cursus scolaire, comme un signe distinctif, le plus souvent négatif. Avec les conséquences que l’on imagine : dis-moi d’où tu viens et je te dirai ton avenir… Et pourtant, c’est dans ces lieux que l’on envoie en nombre les jeunes professeurs faire “leurs classes”…

Se remettre en cause ?

Une reconnaissance qui n’exclut pas de demander à une corporation toute entière, celle du corps enseignant, d’oser se remettre en question. Certes, elle est injustement et trop souvent montrée du doigt comme la seule responsable de tous ces manquements. On la dit aussi trop recroquevillée sur elle-même, probablement victime de son propre protectionnisme, arc-boutée sur des principes, parfois même trop politisée. Plus, revoir des méthodes de travail qui mériteraient d’être un tantinet dépoussiérées et dans l’intérêt de tous : élèves et enseignants.
Car, si nous prenons conscience que la mission de l’Ecole se doit d’être revue et corrigée, d’être plus en harmonie avec les réels besoins de la société comme de la Nation, n’est-il pas temps de mettre justement en évidence et de prendre en compte le rôle majeur que joue le corps enseignant français pour garantir le meilleur à nos enfants et à travers eux à notre pays ? Ils y ont et ils y jouent le rôle majeur, car ils sont à la fois les acteurs, les témoins et les garants de savoirs comme de valeurs humanistes à transmettre à nos enfants. Tout ce qui fait la résonnance et la force d’un pays…
Ils ont mon admiration, car ce qui m’interpelle toujours plus, au ris-que de me répéter, c’est de savoir comment font ces femmes et ces hommes pour avoir la patience d’éduquer parfois jusqu’à 30 enfants ou plus, et de les amener malgré tout, aux résultats qui sont les leurs aujourd’hui.
Le rôle d’un maire, d’une mairie, d’un département comme d’une région et surtout du simple citoyen qu’est le parent d’élève, c’est de participer au débat, d’apporter des réponses ainsi que des solutions pour que le meilleur soit garanti à nos enfants.
Il est anormal que là comme ailleurs, dégradations comme vétusté soient le lot de bon nombre de ces lieux d’éducation et de formation.
Alors arrêtons de disserter, de tout politiser et agissons pour le seul combat qui vaille d’être me- né ensemble, celui de garantir le meilleur à nos enfants !



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