Deux poids deux mesures ?

«La religion n’est pas autre chose que l’ombre portée de l’univers sur l’intelligence humaine», écrivait Victor Hugo.
A Strasbourg, une église a été attaquée et taguée. A Clermont Ferrand on trouve des graffitis anti-chrétiens sur la porte de la Cathédrale, sans oublier deux mois plus tôt l’incendie criminel de l’Eglise Saint Joseph. Comme toujours dans pareille circonstance si on parle du sujet c’est pour relever la responsabilité de cas isolés, l’œuvre de détraqués. Sauf que là comme ailleurs, on se trouve obligé de faire l’amer constat que ces actes criminels n’ont suscité aucune réaction des politiques et une quasi-indifférence des médias locaux et nationaux. Alors que cela n’est jamais vrai, et heureusement, quand il s’agit de graffitis ou de dégradations sur les murs d’une Mosquée ou d’une Synagogue. Des cibles qui déclenchent immédiatement l’émoi de la classe politique toute entière, font la “Une” de toutes les éditions locales et nationales, des poursuites judiciaires sont engagées par les pouvoirs publics… 
Finalement dans cette société “France”, toujours plus difficile à assimiler, au moment même où on lance le débat sur l’identité nationale, on se doit de constater que des communautés dites minoritaires font, elles, l’objet de toutes les attentions, ceci au détriment de l’autre soi-disant majoritaire et responsable de tous les maux de la planète.

Jusqu’à quand une telle inégalité de traitement ?

Que l’on soit croyant ou athée, pratiquant ou non, peu importe, en France, les Eglises, les Cathédrales sont notre patrimoine culturel commun. La religion catholique est l’un de nos héritages historiques majeurs, qui doit être défendu comme tel, même si nos valeurs de tolérance, d’humanisme nous commandent de reconnaître tous les autres symboles religieux, comme de leur permettre de s’épanouir aussi. Pour moi, l’ignorance, la désinformation est mère de toutes les dérives, base de tous les débordements. Il faut se connaître davantage, s’apprivoiser, voir ce que l’on peut mieux faire ensemble. Et même tout reprendre à zéro et particulièrement notre savoir au niveau des religions monothéistes. Accepter enfin ce que chacune a apporté à l’autre. Admettre qu’elles sont même complémentaires et surtout indissociables, n’en déplaise à ceux qui en ont fait leur fond de commerce.
En France, nous devons également réaffirmer la liberté de religion, dans son sens le plus large. Ce qui suppose comme minimum nécessaire que chacun puisse disposer de lieux de culte adéquats. Mais pourquoi ce qui devrait être une règle dans notre pays serait systématiquement banni ailleurs ? N’ayons pas peur de le dire et de le souligner… Naturellement, les mosquées comme les églises doivent respecter le paysage urbain et le contexte culturel. Pas question de construire une cathédrale devant la grande mosquée de Riyad ou une mosquée devant Notre-Dame de Paris ! Le sens commun doit nous dicter le respect d’autrui. Comme l’ont fait remarquer des personnalités musulmanes : le minaret n’est pas essentiel à une mosquée. Le muezzin doit obéir à la loi locale, tout comme les cloches de l’église y obéissent déjà !
En revanche, des progrès concrets ont-ils été réalisés en matière de réciprocité que ce soit en Afrique comme au Moyen-Orient ? Malheureusement non, en dé- pit de la visite historique du roi Abdallah d’Arabie Saoudite au Vatican le 7 novembre 2007. En fait hors de France, nous ne voyons rien venir de concret, d’encourageant dans le respect des uns et des autres.

Les Chrétiens sont les plus persécutés

Sait-on aussi que, bien loin des idées reçues, dans le monde, ce sont les Chrétiens qui sont les plus persécutés. Oui, 75 % à 85 % des persécutions religieuses visent des Chrétiens. Si les mesures oppressives contre cette catégorie de croyants «fondées sur les idéologies athéistes» comme le communisme «diminuent», force est de reconnaître qu’il y a de nouvelles idéologies qui disent oui à la religion mais seulement à une seule religion, la leur. C’est le cas dans tous les pays musulmans, mais aussi en Inde.
Oui, sait-on que nous sommes les représentants d’“une Eglise de martyrs”, comme nous le rappelle la situation des Chrétiens en Palestine chassés de leur terre d’origine. Mais il en est de même en Irak, au Pakistan, en Egypte, au Nigeria et en Turquie. Oui dans ces pays «l’avenir du christianisme est fortement menacé». Alors, que faire aussi pour soutenir les Chrétiens Coptes d’Égypte, pays dans lequel ils sont de plus en plus persécutés et où la liberté religieuse est de plus en plus difficile ?
Il est temps d’y réfléchir, demain il sera trop tard…

 

 
Il en est de même à Toulouse ?

Pour conclure, sur un sujet qui n’est finalement pas si éloigné du premier cité. Car que dire des débordements qui ont suivi la qualification de l’Algérie au prochain mondial d’Afrique du Sud, s’ils ne sont pas des actes d’intolérance envers notre pays de la part d’une minorité qui se sait protégée voire soutenue… Alors, comme toujours nous avons subi les débordements de voyous qui d’actions de vandalisme en actions d’intolérance envers la société déplacent toujours plus loin les limites du non retour. En sont-ils conscients ? Les pouvoirs publics mesurent-ils la gravité des actes commis ?
Oui ces gamins frôlent toujours plus le point du non-retour, celui où justement il faudra ne plus avoir peur d’appeler un chat un chat, de faire fi de ses réserves légendaires pour les ramener coûte que coûte à la raison. Leur montrer où est le droit, le respect de l’autre et même les mettre au défi d’aller justement se faire voir ailleurs si d’aventure nos lois comme nos règles de vie et d’engagement envers notre Nation ne pouvaient leur convenir.
Oui, ils frôlent le point du non-retour, car en grimpant sur la façade du Capitole, pour en arracher le drapeau français, le remplacer par le drapeau algérien et le brûler en place du Capitole, les pseudo-supporters d’un pays ami et respecté l’Algérie, ont atteint l’intolérable. S’ils n’avaient fait que poser le drapeau algérien, aux côtés des autres drapeaux, pourquoi pas… On pouvait excuser la maladresse, mais dans ce cas précis, non… Que dire aussi de nos autorités supérieures qui ont imposé aux policiers présents et témoins de ces actes crapuleux de ne pas intervenir pour éviter soi-disant tout débordement ? Avec là aussi une question qui me taraude l’esprit : si mon fils avait escaladé le Capitole pour planter le drapeau de Galicie, où serait-il aujourd’hui ?
Et puis il y en a assez de tous ces lamentos qui voudraient nous présenter leurs pères comme des victimes permanentes de la France. Au fait où sont-ils quand leurs enfants se comportent comme des voyous ? Je ne peux pas croire qu’ils aiment leurs enfants moins que moi ? Mais aussi, qui tire les ficelles, qui est derrière tous ces débordements ? Personnellement, on ne m’a jamais fait le moindre cadeau et encore moins à mes parents. Au contraire on m’a toujours présenté l’addition et tout fait payé cash et aujourd’hui plus qu’hier. Au Journal Toulousain pas de cadeaux, pas de budgets extraordinaires, le moindre retard Urssaf, Assedic, etc. les huissiers sont là… Et les comptes sont bloqués…
Mes enfants n’ont bénéficié d’aucun passe-droit, au contraire. Le dernier 17 ans, dans un cursus de Compagnon du Tour de France, loin de sa famille, se lève chaque matin à 3h du mat’ pour rejoindre, en petite moto et avant 4h, son chantier situé à 20 bornes. Et son Père qui ne l’a pas vu depuis 6 mois souffre en silence… Ma fille qui pour faire plaisir à son père se destinait à un destin de Notaire a été bloquée dans son cursus car son père dirige le Journal Toulousain. Idem pour mon fils aîné qui a tout gagné à la force du poignet.
Et puis en plein débat sur la nationalité Française, je me souviens simplement que mon grand-père maternel, d’origine espagnole, a quitté son Algérie natale en 1910 pour s’engager dans l’armée française pour obtenir disait-il : «ses papiers français»… A l’époque 4 ans d’armée qui voulut qu’en 1914 il soit aussi réquisitionné pour la grande guerre. Gazé et enterré vivant à Verdun, il ne retrouva sa ville natale Mostaganem qu’en 1919, soit plus d’un an après la démobilisation. Trop tard pour être reconnu comme ancien combattant… Bizarre, ses enfants et petits enfants, comme lui-même d’ailleurs, n’en ont jamais voulu à la France qu’ils respectent. Plus, pour la plupart natifs du Maroc, ils se sentent et sont fiers d’être Franco-marocains. Ils sont toujours sensibles à tout ce qui se passe, ce qui fait le destin de leur pays d’origine. Ils ne brûlent pas des voitures, ne saccagent pas des magasins, ne sifflent pas la Marseillaise.
Oui, il est temps de réfléchir à tout cela… Et les débordements de ces gamins pourraient finalement donner raison, à un certain André Malraux qui en 1956, dans un texte prémonitoire, parlait déjà de la menace islamiste dans le monde : «La montée de l’Islam est analogiquement comparable aux débuts du communisme du temps de Lénine. Le monde occidental ne semble guère préparé à affronter le problème de l’Islam…». Un demi-siècle plus tard, l’actualité confirmerait les craintes de l’ancien Résistant, les doutes de l’ancien ministre et les prémonitions du fervent gaulliste qu’était Malraux…
J’espère que non et que nous, les pères, allons ramener nos enfants à la raison et à la responsabilité et chasser les marchands du Temple de la Vérité…

André Gérôme Gallego
Directeur de la Publication
andreg@aol.com


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