Défi propreté ; La Mairie s’engage ?

Il n’y a qu’à arpenter les rues de la Ville Rose, pour comprendre que son maire nous prend pour des idiots.
En fait, depuis quelques semaines et à grand renfort de publicité, la Mairie de Toulouse nous informe qu’elle a pris conscience de l’ampleur du phénomène : Toulouse est la ville la plus sale de France. A court de solutions, elle tente avec un sous-titre révélateur «Et vous ?» de renvoyer la responsabilité de cette dérive, vers les Toulousains.
Oui, une affiche qui sous entend que les élus du Capitole font tout pour que la ville soit propre, mais que les Toulousains sont sales et peu respectueux de leur environnement. Oui, ces derniers seraient responsables de toutes ces dérives constatées ici et ailleurs ; devenus, du jour au lendemain, parmi les plus négligents de France. Sauf que la vraie question est de savoir si notre député Maire et Président de tout ce qui bouge, j’ai nommé Pierre Cohen, n’est pas un adepte de la méthode bien connue des chimistes et définie comme telle :
1 – Je cause le problème ;
2 – J’attends la réaction ;
3 – Je fais semblant d’avoir la solution ;
4 – Si ça ne marche pas, c’est la faute des autres.
En fait, plus simplement et plus pervers, si dans une “situation” prévue à l’avance, il ne crée pas le problème de toute pièce ; s’il ne fait pas tout pour susciter une réaction de gravité de la part de ses administrés, comme, voilà quelques jours, en laissant peu à peu la ville être envahie par toutes sortes de détritus ; s’il ne provoque pas l’inorganisation totale pour au final, tel un Zorro, faire croire au remède miracle, en l’occurrence culpabiliser ladite population de toutes les dérives possibles et même égratigner au passage, des syndicats éboueurs qui refusaient, avec raison, la réforme des collectivités locales. Et même de les montrer du doigt en leur rappelant qu’ils sont les seuls responsables si la cote de popularité du camarade Cohen est en berne…
Alors qu’à y regarder d’un peu plus près, on comprend vite qu’il suffirait de si peu pour tout remettre en ordre de marche, car les compétences et la volonté sont là… Mais vouloir tout politiser à outrance, comme le fait le Maire de Toulouse, commence à montrer ses limites même dans son propre camp.

 

Les Shadocks et les Gibbies…

Plus, pour jouer la diversion, au Capitole c’est bien connu, on ne manque pas de ressources, on va même friser le ridicule. Ainsi tentera-t-on de distraire les Toulousains avec le magicien, le Mike Gyver de service, Alexandre Marciel. Ce dernier, un soir de grande écoute, et faisant fi de la situation du non ramassage des ordures, dont il a pourtant la charge, nous proposera sur TF1 et à une France toute attentive, un remake des Shadocks… Avec des Toulousains qui pourraient sous peu devenir les Gibbies de service en arpentant des trottoirs vivants, susceptibles de créer à chacun de leurs pas de la lumière “gratis” et pour tous. Oui, on en est là à Toulouse… En fait, le bonhomme, le sieur Alex, fan de Mickael Jackson aurait-il été marqué dans sa jeunesse par le clip “Billy Jean” qui voit le roi de la pop nous faire admirer son talent de danseur et de magicien du bitume avec des dalles qui s’allume sous ses pieds… Voudrait-il faire danser les Toulousains et sur quels trottoirs ? Car, secret oblige, on ne sait toujours pas où seront placés ces fameux trottoirs magiques ? Pour être les plus rentables possibles ; peut-être seront-ils du côté de la rue Bayard ?

Jamais à “cououurt…” d’idées ?

Eh oui, le magicien du maître du Capitole, ne peut s’arrêter en si bon chemin. Voilà que quelques jours plus tard, notre “Mister gadget” local fait à nouveau l’actualité avec cette fois, la machine miracle qui décolle la saleté du trottoir, avant de la dissoudre et sans aucun trucage, écolo oblige. Oui la machine qui vous rend le trottoir comme neuf… Entre-nous et après vérification, la fameuse machine d’une valeur de plus de 70.000 €, (une paille), ne nettoie pas mieux qu’un bon karcher. Mais elle pourrait par contre à court terme supprimer quelques emplois municipaux…
Sauf que loin de tous ces divertissements qui font plaisir à quelques amis et coûtent très cher en communication aux contribuables toulousains, la question de la propreté de Toulouse n’a toujours pas été résolue. Avec cette question lancinante qui est sur toutes les lèvres : nos élus font-ils tout pour que notre ville soit la plus rayonnante possible, et ce quelque soit le domaine abordé ?

 

Les Toulousains plaident non coupables…

L’image qui est offerte de notre ville pourrait être la résultante d’un mélange des carences relevées des deux côtés, où l’on se pose, politiques et habitants, pour faire de Toulouse une ville sale et désordonnée… Sauf que notre ville si elle perd peu à peu de son charme d’antan, de son mieux-vivre légendaire, qui est de plus en plus rarement exprimé sauf dans quelques lieux typiques comme le Donjon du Capitole, Saint Sernin, Saint-Pierre ou les bords de Garonne, elle le doit au laxisme ambiant généré par des indécisions politiques. Oui, Toulouse l’invincible a au fil des années, perdu de son âme conquérante, car cela entraîne trop d’obligations, d’engagements à respecter, de comportements susceptibles de satisfaire enfin des cercles de qualités qui restent à établir, dans tous les domaines et particulièrement sur celui de la propreté. Mais surtout et chaque jour davantage, avec l’arrivée de Pierre Cohen aux commandes, Toulouse ne s’aime plus.  
Les maîtres du Capitole d’aujourd’hui, ne font rien pour inverser le cours des choses. Voire même fixer dans bon nombre d’endroits un laisser-aller qui désespère tous ceux qui vivent cette errance au quotidien. Oui, les Toulousains pourraient être reconnus comme indisciplinés, peu respectueux de leur proche environnement. Mais qui pour les rappeler à l’ordre, les éduquer, trouver la parade à leur manque de civisme ? Leur donner l’envie de crier «Allez Toulouse !»…
A Toulouse, il est temps de prendre au sérieux ce phénomène de laisser-aller qui veut que notre ville qui, malgré tous ses atouts tant dans les domaines de la culture, de l’économie, du mieux-vivre, pourrait passer à côté du destin qui lui était promis. Il est temps de prendre conscience de la réalité, de cette gangrène qui gagne peu à peu toutes les sphères de la société… Demain il sera trop tard. N’attendons pas 2014 pour réagir.
 

André Gérôme Gallego
Directeur de la Publication
andreg@aol.com


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