Crise des subprimes, Madame “ X ”… nous dit tout …

Pour nous les simples, à qui l’on ne demande jamais leur avis, pas facile de retrouver un sens et une explication à tout ce que l’on nous assène comme mauvaises nouvelles pour notre économie. Pour être franc il y a bien longtemps que les modestes, comme nous, sont déconnectés du réel, trop occupés à regarder le quotidien par le petit bout de la lorgnette et quand on veut bien nous la prêter. Oui, il y a bien trop longtemps que cette France vit à deux vitesses, avec d’un côté les nantis, de droite comme de gauche, les plus protégés, les plus marioles aussi qui vivent au dépend des autres, dont nous sommes. Ils s’aident, se cooptent pour se garantir les bons portefeuilles, les bons salaires, les bons budgets, les bons coups.
Mais comme on le voit, ces abus ont leurs limites et peut-être même, que nous pourrions trouver un bienfait à cette crise si d’aventure, les uns comme les autres se trouvaient obligés de déclarer officiellement salaires et avantages en tous genres. Mais cela serait un autre sujet…
Revenons à nos subprimes. Non, cela ne nous empêche pas, à nous aussi les “simples”, de réfléchir et même de proposer une explication très “simple” à celles et ceux qui essayent encore de comprendre.
Ainsi, imaginons, comme me l’a suggéré un internaute que Madame “X”, dixit Janine a un bar tabac du côté de Villefranche de Lauragais. Pour augmenter ses ventes et être sympa avec ses fidèles routiers, qui ne manquent pas de faire au moins une escale par semaine dans son établissement, elle décide de leur faire crédit et d’accorder une note récapitulative par mois.  

Confiance…

Au vu des nouvelles conditions proposées, l’information circule vite dans ce milieu professionnel, Janine devient la plus sympa des commerçantes. Comme de bien entendu la fréquentation de son établissement se multiplie par deux et puis trois. Le chiffre d’affaires est en nette progression, ce qui va ravir le jeune et dynamique directeur de l’agence bancaire locale. Ce dernier conscient du challenge de sa cliente accepte de prendre en compte les “ardoises” du troquet comme de l’actif recouvrable. Ainsi, il accorde à Janine un découvert important, sur lequel il compte bien faire quelques bénéfices non négligeables… Au siège de la banque, des traders avisés, les fans de Kyriel, transforment ces actifs recouvrables en Sicav et autres produits valorisés dont nul n’est capable d’estimer alors, la performance. Ces instruments financiers servent ensuite de levier au marché actionnaire et conduisent, à la City de Londres, aux Bourses de Francfort, Paris, Madrid, Milan, Tokyo et New-York, à des opérations de dérivés dont les garanties, entendez les ardoises de Janine, sont totalement inconnues de tous. Ces “dérivés” sont alors négociés pendant des années, comme s’il s’agissait de titres très solides et sérieux, sur les marchés financiers de 80 pays. Et puis un jour, un quidam qui connaît le troquet de Janine se rend compte que les “Routiers sympas”, ont depuis longtemps dépassé le budget accordé pour leurs déplacements et qu’ils sont de fait insolvables et même sans adresse fixe pour les relancer.
Ici tout se faisait à la confiance à l’amitié. La buvette de Janine fait faillite.
Et le monde entier se mord aujourd’hui la queue…

André-Gérôme Gallego
Directeur de publication
andreg@aol.com


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