Confidentiel…; La victoire à tout prix ?…

En France, le pari de la petite entreprise est, au-delà des convenances politiques, des plus hasardeux. C’est bien connu, toutes les instances qu’elles soient administratives, sociales ou politiques poseront toujours un regard suspect sur le candidat entrepreneur. Mais auront des yeux de chimère à celui qui n’aura pourtant jamais engagé le moindre bien personnel, dès l’instant où il aura eu la finesse d’esprit de créer une association, à l’objet fluctuant… Pourtant l’entreprise, c’est un engagement fort et toujours la révélation d’un rêve d’avance à partager, croit-on naïvement. Sauf qu’après quelques mois d’existence, après avoir engagé toutes ses valeurs comme ses biens, on comprend vite que le combat est inégal. Toutes les cartes ont été distribuées depuis trop longtemps. Et si vous avez l’outrecuidance d’espérer atteindre votre but, là où tout le monde a échoué avant vous : la Presse, alors…
Car au-delà du visible profane, des apparences de circonstance, des convenances, les partages de pouvoirs sont inscrits dans la pratique. Tous les rôles sont pris, il ne vous reste que celui du spectateur, du chauffeur de salle… quand on conçoit à vous le donner, à vous l’autoriser. En public, dans une belle répartition des rôles, Gauche Droite s’invectivent, mais en coulisse…
En fait, toutes les couches de la société “France” sont gangrenées par la manipulation, par les accords tacites entre les différentes sphères, où seul l’intérêt de quelques-uns prime sur celui de la majorité.
Quand tu t’engages dans la bataille, avec tes armes, tes valeurs, tes forces, tes us et coutumes, ceux que l’on t’a justement enseigné à l’école de la république, celle de Jules Ferry ; tu as tout faux. Si tu sors de la rue, si tu n’as hérité de personne, si tu as le rêve de changer le monde, les mœurs et les pratiques : tu as tout faux.  
Ici seul le résultat compte à l’exemple des mains successives d’un Thierry Henry qui amène le graal à l’équipe de France de football. L’exemple qui est la parfaite illustration de cette culture de faux culs, de tricheur qui est la nôtre. Thierry Henry n’est que le reflet de cette société qui ne dit pas ses pratiques inavouables… Comme me confiait un ami : cette main vaut de l’or, elle a sauvé les grands médias, des milliers d’emplois et en juin sortira peut-être la France d’une morosité qui la gagne toujours plus. Mais surtout n’est pas Mats Wilander qui veut. Souvenez-vous, il refuse la gagne d’une finale de Roland Garros sur une faute sifflée qui n’y était pas et demande de rejouer le point.

 

FR3, la main supérieure qui change tout…
 
Aujourd’hui le microcosme de la communication politique toulousaine est secoué par la décision de la direction nationale de France 3 d’installer son pôle de gouvernance à Bordeaux et non pas à Toulouse. Alors qu’il faut bien l’avouer, la capitale Midi-pyrénéenne présentait tous les atouts pour être retenue. Tant par la qualité professionnelle de ses représentants, que par sa position stratégique au cœur même de la région Sud Ouest…
Alors, comme Bernard Keller, qui vient pourtant d’être victime à gauche de «combinazione» un tantinet berlusconiennes, on est en droit de s’interroger, sur les raisons qui ont fait pencher la balance en faveur de la Giron-de ? Devant une telle décision, de se demander une fois de plus si la justice, l’équité sont encore des valeurs qui animent notre République et ceux qui sont censés les défendre. De savoir quelle main supérieure a détourné de son destin tout tracé, une si belle reconnaissance… C’est vrai qu’en y regardant d’un peu plus près, on ne peut qu’être d’accord avec le Maire de Blagnac quand il s’interroge sur ce choix… «… En imposant Bordeaux contre toute logique, sans aucun dialogue et dans le mépris absolu des réalités, la direction parisienne serait-elle le bras armé d’un gouvernement qui a déjà choisi Bordeaux pour les directions régionales de la Poste, des Douanes, de la SNCF, de l’Armée et maintenant de France 3 Sud-Ouest ? Chacun saura y voir un Etat qui impose sa ligne sans aucun sens du dialogue et de la démocratie, au mépris de l’équité des territoires et des populations.» En fait tout est dit, sauf que dans le même esprit, on se souvient qu’un certain A380 n’aurait jamais dû être monté à Toulouse, si la logique économique avait été là aussi respectée. Quand dans la circonstance, une région dirigée par un socialiste s’est sentie à juste titre spoliée par le choix final, à Gauche peu de voix toulousaines se sont élevées pour lui donner raison. Les mêmes qui crient au scandale aujourd’hui, ont su, alors rester dans une pudique réserve d’intérêts supérieurs.

 

Et puis Toulouse ne fait plus rêver

Mais surtout force est de constater que depuis quelques années la ville de Bordeaux présente en bien des domaines des attraits nettement supérieurs à Toulouse. Malgré une taxe professionnelle quasiment deux fois moindres 100M € comparée aux 180M € dont bénéficie chaque année la ville de Toulouse. Et des impôts qui vont prendre +10 % en deux ans, comme chez nous… Ainsi la capitale girondine a su se remettre en question, particulièrement dans l’aménagement de son territoire, de son centre ville, dans la propreté de ses rues, la sécurité dans ses quartiers ; autant de points forts qui font la différence aujourd’hui.  
Et puis, qu’on le veuille ou non, d’accepter enfin que suite à un certain 21 septembre 2001 et une certaine catastrophe de l’AZF, Toulouse a perdu de son âme guerrière, de son assurance, de sa force, de son ambition légendaire. Même le Stade Toulousain ne nous fait plus rêver, comme avant. En fait qu’est-ce qui peut bien nous faire rêver encore à Toulouse ?
A gauche, exception faite justement de Bernard Keller et de quelques potes, n’en déplaise à certains grands donneurs de leçons devant l’éternel, où sont les valeurs supérieures ? Où est l’éthique, la générosité d’Hommes de gauche ? Où sont les valeurs humanistes, de fraternité, de respect de l’autre, de respect du travail et surtout d’équité entre les Toulousains?… Non, ces gens se sont drapés de valeurs de gauche, avancent en permanence comme quitus de bonne foi, Jean Jaurès. Mais que connaissent-ils vraiment de ce grand Homme ? En quoi lui ressemblent-ils ? En quoi respectent-ils ses valeurs, ses combats, ses engagements ? Ce ne sont que de pâles imitateurs…  
Et au Journal Toulousain on mesure chaque jour, la pertinence des us et coutumes des leaders socialistes comme de leurs sherpas…
Quant à France 3 Toulouse, si on souhaite le meilleur à nos confrères, comme à tout un chacun sur cette Terre… Il ne faudrait pas que certains parmi ses décideurs oublient qu’à un titre ou un autre et comme tous, les “touristes” qui animent le Journal Toulousain, participent à leur assurer chaque mois leurs notoriétés comme leurs émoluments. Alors pensez de temps à autre à nous inviter sur vos plateaux, on sait s’exprimer et on a aussi des choses intéressantes à dire…
Et puis n’oublions surtout pas qu’on a toujours besoin d’un plus petit que soi… La preuve…

André Gérôme Gallego
Directeur de la publication
andreg@aol.com


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