Chienlit

Francis Manaud

C’est certainement parce qu’ils se disent gaullistes que les deux ténors de l’Ump ont voulu illustré ce mot célèbre du général confronté à la révolte étudiante de mai 1968. Ils y sont parvenus au-delà de toute espérance et tous ceux qui ont le souvenir de cette page d’Histoire française n’ont pas manqué de constater à quel point le trop plein prophétisé venait d’atteindre des sommets. Et pourtant c’était promis juré, pas d’attaques personnelles qui pourraient mettre à mal l’image d’un parti, parti à la reconquête des illusions perdues. Et effectivement pendant des semaines l’un et l’autre des prétendants distillèrent leur vision d’avenir en prenant bien soin de faire semblant d’ignorer ce que l’autre avait en ligne de mire. Quoiqu’il arrive, le ralliement serait total et les militants de croire qu’ils pouvaient en toute quiétude choisir l’un ou l’autre pour chef puisqu’au bout de cette grande démonstration démocratique l’élan tant attendu serait donné. Hélas comme dans les compétitions de saut en longueur, il arrive que l’élan se termine dans le bac à sable et que le sauteur sorte rageur de n’avoir pas pu atteindre son objectif. Finies les postures de façade, désormais ce sont les vrais visages qui s’affichent et qui montrent combien le fossé était profond entre les paroles et les actes. Tout ceci ne pourrait n’être qu’une simple pantalonnade si le mal n’était pas plus profond qu’il n’y paraît.

 

La droite la plus bête du monde ?

 

Cette querelle en vraie grandeur montre hélas au grand public combien les hommes politiques sont capables des pires dissimulations dans le seul et unique but de parvenir à leur fin, à leur ambition personnelle. Qu’un événement aussi bénin soit-il intervienne, et alors leur vrai visage apparaît dans toute l’étendue de la fourberie dont ils sont capables. Les voilà ces hommes, ces élus du peuple qui vont faire voter des lois que l’on devra respecter alors qu’eux ne respectent rien, pas même l’adversaire que l’on poignarde dans le dos à la première occasion. Drôle d’exemple pour une jeunesse que pourtant ils sont prompts à critiquer. Après de telles démonstrations d’hypocrisie, qui s’étonnera de constater que les citoyens fuient de plus en plus le suffrage universel pour se réfugier dans une dangereuse abstention. Décidemment, on aura bien compris que les pires ennemis en politique ne sont pas en face mais à côté, et qu’il faut se garder de croire ce que l’on veut nous faire croire à savoir que la démocratie soit la seule manifestation de l’équité. Les protagonistes de cette pitoyable mascarade ne seront pas hélas les seuls concernés. Ils vont laisser autour d’eux un champ de ruine politique dont la France aura du mal à se relever car il serait illusoire de croire que seul leur parti en sortira affecté. En cette période si difficile pour notre économie, on ne manquera pas de faire le lien entre la situation actuelle et les hommes en charge de diriger le pays. D’ailleurs dans le même temps les dirigeants européens qui se font photographier ensemble le sourire aux lèvres, sont dans la coulisse en train de tirer chacun la couverture à soi ; preuve que l’intérêt commun est bien loin de l’intérêt de chacun d’eux. Qui a dit que la France avait la droite la plus bête du monde ? Guy Mollet ? Pasqua ? Ou combien d’autres ?

Francis Manaud



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