Cette France que l’on oublie d’aimer…

André Gallego

Oui, bien loin de la boîte de Pandore que se sont créés inconsciemment et volontairement les socialistes avec leurs primaires, bien loin des frasques d’un Dominique Strauss-Kahn dont le mea culpa a bien du mal à être digéré ici et là et particulièrement dans son propre camp. Bien loin des dérives d’un Le Pen, père, ou d’un Cohn-Bendit qui par ses sorties intempestives, fait plus pour la publicité du Front national qu’une Marine Le Pen elle-même.

Aujourd’hui la vraie question qui va être rapidement posée au nouveau Président dela République, François Hollande, la plus importante à mes yeux, sera de reconnaître qu’aujourd’hui et chacun à son niveau, on oublie simplement d’aimerla France, notre pays…

Pourtant la prise de conscience nationale est à mes yeux nécessaire et indiscutable, pour pouvoir mener à bien toute politique crédible et pérenne.

Oui, avec cette nouvelle personnalité aux commandes dela France, il serait peut-être temps de faire un état des lieux et de partir à la recherche du temps perdu. Celui qui donnait du sens, de l’espoir, de la force, de l’honneur et de la fierté d’être simplement Français. Une France certes laïque et tolérante, mais qui n’oubliait pas ses origines judéo-chrétiennes. Une France qui savait accueillir l’Autre, le plus faible, avec largesse et tolérance, mais pas au point de se faire marcher sur la tête, car nous serions devenus un peuple de lâches et de faibles.

 

Une vocation humaniste…

 

Une France où nos penseurs comme nos politiques d’hier avaient autre chose en tête que de nous proposer un nivellement par le bas. Habités qu’ils étaient par cette vocation naturelle et responsable de porter de grandes idées. Certes auxquelles nous n’étions pas obligés d’adhérer dans leur globalité, mais qui imposaient la prise en considération, le respect et pourquoi pas le travail sur soi. Car de toutes les manières elles étaient, quelque soit le domaine abordé, bien loin de toutes ces dérives auxquelles nous assistons aujourd’hui.

Cette France que l’on oublie d’aimer, c’est pourtant elle qui nous a nourris de son histoire, de sa culture, de son particularisme, du courage de ses leaders d’opinions. Ces femmes et ces hommes engagés qui certes baignaient dans la complexité voire la singularité, mais qui néanmoins habillaient l’esprit français, apprécié et reconnu de tous. De leur temps,la Francedes droits de l’Homme, dela Libertéde l’Egalité et dela Justiceétait une référence pour le monde qui s’éveillait. Elle était grande et respectée.

Elle avait une vocation humaniste : Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Oui, que reste-t-il aujourd’hui de tous ces rêves, de tous ces espoirs, de toutes ces illusions qui faisaient l’expression, le label, la grandeur de notre pays ?

Le Général De Gaulle l’avait bien compris : Les rêves mobilisent mieux que les plus belles stratégies. Mais cela n’empêchait pas de rêver éveillé, conscient et avant tout libre.

 

Le déclin la guette…

 

Partout, grâce à sa pensée supérieure,la Franceétait reconnue et savait se faire respecter. Avec un style unique, elle pesait sur le destin du monde.

Mais aujourd’hui, le déclin la guette car elle a perdu la foi en ses idées, la foi en son identité, la foi en son destin ; victime de quelques décideurs qui dictent leurs lois et n’ont pour seule ambition que de pérenniser leur fonds de commerce. Incapables qu’ils sont de défendre les idéaux et les valeurs qui ont fait, au fil des siècles, les fondamentaux dans lesquels se reconnaissent les Français.

Car chez ces «gens-là», on ne pense pas, on compte… ! Ici le double langage est monnaie courante. D’un côté, on exprime l’idéologie qui assure le pain quotidien et de l’autre, on encaisse la dure réalité des faits. Mais seulement pour faire mine de partager la détresse, sans pour autant tenter d’y apporter le remède. Comme si la détresse humaine, la perte de repères des plus nombreux parmi nous étaient le vivier sur lequel ils espéraient un jour assurer leur piédestal.

Le «bien-penser» français englué qu’il est dans ses contradictions, pourrait enfoncer peu à peu le pays dans un non-retour écrit à l’avance. La liberté d’expression, notre raison d’être d’hier, pourrait devenir de fait un sujet tabou, soumis qu’il serait à un chantage à «deux balles» qui donnerait raison à un Bernanos qui parlait de «civilisation d’estomacs heureux». Celui qui refuse la réalité, interdit de fait de la relater, voudrait boire à plusieurs sources à la fois, sans s’imposer un choix à faire.

Vont-ils finir par donner raison à un Dostoïevski lorsqu’il disait que «la civilisation française est morte, elle n’a plus rien à dire» ?

Comme d’autres, je veux encore croire enla Franceéternelle. Celle qui aurait le courage d’outrepasser la guerre des idées et qui serait capable de nous rassurer sur ce que nous sommes, sur ce que nous voulons et sur quel chemin nous souhaitons nous engager pour transmettre demain à nos enfants en héritage l’amour dela Franceque nous ont légué nos Pères…

Monsieur le Président dela République, je vous souhaite le meilleur à la tête dela France, notre pays. J’espère que vous aurez simplement le courage et la force de rappeler à tous et indiscutablement à tous, ce que sont les valeurs et forces de notre pays. Plus, que vous ferez tout pour les faire respecter. Qu’enfin, c’est mon rêve fou, que chaque Français, comme chaque Américain, et quelles que soient son origine, sa confession, son obédience politique, ait toujours dans sa poche un seul drapeau à brandir, le drapeau tricolore, le drapeau dela France.

 

André Gallego

Directeur de l’information

andreg@aol.com

 



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