Ce que le Pape a vraiment dit…

C’est une certitude, l’Afrique est blessée par les guerres, les maladies, la sécheresse, la faim, le chômage et même le commerce de la drogue comme des armes. Cette amère réalité justifierait à elle seule et aujourd’hui plus qu’hier l’allègement, voire l’effacement de la dette des pays en voie de développement et même l’accroissement sans limites des aides en leur faveur. D’autant si l’on ajoute à tous ces maux le mal du siècle avec ses 20 millions d’âmes, adultes et enfants compris, tous atteints du Sida et donc irrémédiablement condamnés par manque de soin.

Alors et comme toujours, le voyage du Pape, hier avec Jean-Paul II ou aujourd’hui avec Benoît XVI sont, particulièrement sur ce thème du sida, placés sous haute surveillance journalistique. Ainsi, à l’occasion de ce dernier voyage papal, et depuis quelques jours, devrais-je ajouter comme toujours, les propos de Benoît XVI sont disséqués, commentés, mais surtout revus et corrigés au-delà de tout respect pour la fonction comme pour les millions de personnes qu’il représente. Certes, ce voyage en Afrique en pleine campagne du Sidaction ne pouvait se dérouler sans la complainte bien orchestrée de celles et ceux qui voient dans ce Pape, un relent d’intégrisme et surtout le farouche opposant au préservatif. Bien qu’il ne tienne pas, dans ce domaine comme dans d’autres, des positions autres que celles défendues par son illustre prédécesseur.   
La position exprimée par le Pape est bien connue, c’est celle de toujours, celle du pontificat de Jean-Paul II, ni plus ni moins. Plus, dans l’avion qui le conduisait à Yaoundé, Benoît XVI ne s’est pas limité à prononcer la phrase citée par les médias et qui a été sortie de son contexte. Le Pape n’a pas abordé le sujet spontanément, mais a répondu à la question du journaliste de France 2, Philippe Visseyrias, lui demandant s’il comptait aborder la question du Sida pendant son voyage et lui faisant remarquer que la position de l’Église catholique en la matière était souvent jugée peu réaliste et inefficace.
 
Hypocrisie collective

« – Votre Sainteté, parmi les nombreux maux qui affligent l’Afrique, il y a en particulier celui de la diffusion du sida. La position de l’Eglise catholique sur la façon de lutter contre celui-ci est souvent considérée comme n’étant pas réaliste et efficace. Affronterez-vous ce thème au cours du voyage ?
«… Je dirais que l’on ne peut vaincre ce problème du sida uniquement avec des slogans publicitaires. Je pense que la réalité la plus efficace, la plus présente sur le front de la lutte contre le sida est précisément l’Eglise catholique, avec ses mouvements, avec ses différentes réalités*. Je pense à la Communauté de Sant’Egidio qui accomplit tant, de manière visible et aussi invisible, pour la lutte contre le sida, aux Caméliens, et tant d’autres. A toutes les sœurs qui sont au service des malades. Oui, je dirais que l’on ne peut pas surmonter ce problème du sida uniquement avec de l’argent, pourtant nécessaire. Si on n’y met pas un supplément d’âme, cela ne marche pas. On ne peut pas dépasser ce problème par la distribution de préservatifs ; au contraire, on le voit par les chiffres, indirectement ils augmentent le problème. Aussi je dirais que notre force est double : renouveler l’homme intérieurement, lui donner de la force spirituelle et humaine pour un comportement juste à l’égard du corps de l’autre, doublé par cette capacité de souffrir avec les souffrants, de rester présent dans les situations d’épreuve, me semble être la juste réponse. Et l’Église le fait, le démontre en offrant ainsi une contribution très grande et importante. Remercions tous ceux qui le font. On ne peut rien, si les Africains ne s’aident pas, en engageant leur responsabilité personnelle ! Tels sont les facteurs qui aident et produisent des progrès réels et visibles…»

Rare sagesse

Finalement rien de bien réactionnaire, seulement des paroles d’une rare sagesse qui rappelle à plus d’éducation et de respect de l’Autre ; sous entendu que le préservatif ne peut pas tout. Quoi de plus responsable d’autant si l’on sait, chiffres en main, que l’avènement du préservatif, n’a pas freiné le mal et encore moins sa propagation…
Benoît XVI est ensuite revenu sur l’Evangile du jour qui raconte comment vint la lumière de Dieu au monde et comment le monde a préféré les ténèbres. «De façon tragique, les sombres nuages du mal ont aussi assombri l’Afrique. Nous pensons au fléau de la guerre, aux conséquences cruelles du tribalisme et des rivalités ethniques, à la cupidité qui corrompt le cœur de l’homme, réduit en esclavage les pauvres et prive les générations futures des ressources dont elles auront besoin pour créer une société plus solidaire et plus juste, une société vraiment et authentiquement africaine dans son génie et dans ses valeurs…» … Ajoutant : «la Parole de Dieu est une Parole d’espérance sans limite. Dieu ne nous donne jamais pour perdus ! Il continue à nous inviter à lever les yeux vers un avenir d’espérance et il nous promet la force pour le concrétiser. Il nous a donné ses commandements, non comme un fardeau, mais comme une source de liberté : la liberté de devenir des femmes et de hommes pleins de sagesse, des maîtres de justice et de paix, des gens qui ont confiance dans les autres et qui recherchent leur véritable bien. Dieu nous a créés pour vivre dans la lumière et pour être lumière pour le monde autour de nous !»

 

Quid de la défense des chrétiens ?

Oui, des paroles responsables pour un Homme qui n’a pour seul objectif que de participer, partout où sa parole portera, à la paix et à la justice dans ce monde.
En revanche, pas le moindre commentaire de la part de ses contradicteurs, pas la moindre ligne ou témoignage pour défendre les chrétiens de ce monde. Des Chrétiens qui sont persécutés, chassés de leurs terres, alors que dans bien des endroits ils y sont depuis l’avènement de la chrétienté. Comme aujourd’hui en Irak, en Turquie, en Inde, mais aussi en Afrique du Sud et au Burundi, au Pakistan, en Bosnie, au Nigéria, au Kosovo où leurs églises sont détruites de façon barbare, où des milliers de chrétiens sont laissés sans toit et contraints à l’exil. En Cisjordanie et à Gaza où la charia est la source principale de la législation, particulièrement à Bethléem où les chrétiens sont chassés alors qu’en 1950 ils représentaient pourtant 75 % de la population. En Arabie saoudite, aux Philippines, en Russie, au Vietnam, en Egypte, en Chine, aux Philippines, en Erythrée, au Laos, en Algérie et également dans la partie de Chypre occupée par l’armée turque et où les églises sont soumises à la destruction. Autant de lieux et de pays où les populations chrétiennes souffrent cruellement et dans une totale indifférence…

En France 100 églises menacées de destruction
 
Même en France, avec cette injustice qui voudrait que la tolérance se mette en application, mais toujours au détriment des chrétiens qui constituent toujours la majorité de la population française. Oui en France et en Europe, les cas de «christianophobie» et de discrimination des chrétiens doivent être officiellement dénoncés et condamnés.
Finalement, il n’est pas trop surprenant que dans notre pays pas moins d’une centaine d’églises est menacée de destruction. Une dizaine l’a déjà été depuis le début de l’année.
Il est temps de réagir, demain il sera trop tard.

André Gérôme Gallego
Directeur de la publication
andreg@aol.com

 

 * Dans le monde, 30% des centres de soins du sida sont gérés par des structures catholiques. Tous les spécialistes notent que le recours massif aux préservatifs en Afrique n’a pas permis, jusqu’ici d’endiguer l’épidémie alors que des thérapies efficaces tardent à être appliquées.


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