Burqa ; Tu veux ou tu veux pas ?…

«La parole c’est comme le Lion, quand tu le tiens en laisse, il te protège… Quand tu le laisses en liberté, il te dévore…». Notre Ministre de l’Intérieur devrait méditer encore et encore ce proverbe africain.

Dans ce fait divers bien sensible, encore une fois vitesse et précipitation font qu’aujourd’hui le sujet de fond est embrouillé voire même disqualifié tant la manière de faire est digne d’une république bananière.
Désolé, mais on est en droit d’attendre du Ministre de l’Intérieur de la France, beaucoup plus de réserve, beaucoup plus de self-contrôle.
Qu‘un policier verbalise une personne au volant d’un véhicule parce qu’il estime que sa tenue ne peut être compatible avec une conduite en toute sécurité pour elle comme pour les autres, pourquoi pas. D’autant que le rôle majeur de ce dernier c’est la prévention, d’apporter la raison afin de garantir la sécurité à tous. Sauf que là comme ailleurs, que dit le code de la route ? Il m’étonnerait qu’il précise l’interdiction du port de la burqa. Alors se pose la question de savoir si le policier en question était bien dans son droit au moment de verbaliser ? Plus, si la loi ne précise rien et particulièrement l’interdiction de conduire avec cette tenue vestimentaire, elle légitime même la réaction de cette conductrice, de vouloir contester cette amende. Et s’il s’avérait demain qu’elle ait raison, le policier aura fait, en la circonstance, une faute professionnelle. Par contre, la réaction de ce dernier, légitime ou pas, aura eu le mérite de mettre sur la place publique une dérive au volant qui pourrait demain se généraliser avec d’autres tenues, d’autres comportements. Comme ces motards “bikers” qui ont surdimensionné leurs guidons, placés 70 cm au-dessus de leurs têtes et qui conduisent pour moi très difficilement. Idem avec des touristes qui en ville ont des vélos revus et corrigés, qui entraînent même certains à la position couchée, sans que les pouvoirs publics n’interviennent. Bizarre… 

 


Une histoire peut-elle en cacher une autre ?

… Au point même d’en limiter l’opportunité pédagogique que ce fait divers nous “offrait” ? Car voilà qu’une petite histoire de respect du code de la route avec une amende de 22 €, contestée pour le principe par la conductrice, se révèle cacher une affaire montée en épingle par le ministère public comme par toutes les parties en cause ou pas.
En effet, il s’avèrerait que le mari de la conductrice à la burqa, qui de son côté criait au scandale, aurait constitué autour de lui un harem. Il serait, au minimum, le papa de 12 enfants qu’il aurait eu de quatre concubines. Ces dernières profiteraient avec beaucoup de maestria du système social français. Sauf qu’il semblerait que les services sociaux du département aient, en son temps, alerté sur ces dérives, les autorités compétentes. Mais que rien n’ait jamais été fait jusque-là ? Bizarre, car si l’artiste s’appelait Gallego ou Dupont, on aurait pris moins de gant pour lui compliquer la vie et lui demander de rendre compte. Mais il est vrai que là comme ailleurs, la France est la spécialiste du régime spécial quasi au cas par cas. Dis-moi comment tu t’appelles, ce que fait ton père et je te dirai si tu peux jouer en toute impunité. Et là certains savent très bien nous manipuler, en faisant valoir leurs particularités religieuses voire ethniques, leur lieu d’habitation etc. Et au moindre rappel à l’ordre, c’est l’étendard du racisme qui est posé en bouclier à toute volonté de recherche de vérité voire de justice. Les associations bidon qui réagissent et profitent de l’occasion pour faire valoir leurs fonds de commerce, entendez par là les subventions de la mairie du coin, du Conseil Général et Régional… Les voitures brûlées et autres dérives dont tire parti l’extrême droite comme les élus de gauche d’ailleurs… Et puis, le principe “Pasqua”, pour gagner la paix : on ferme les yeux sur l’origine des 10 € que le gamin pose chaque matin sur la télé du salon a fait long feu. Aujourd’hui la dérive a gagné bon nombre de couches sociales et le mal commence à gangrener radicalement notre société et bien plus que ce que certains voudraient bien nous le faire croire.

 

Faut-il légiférer ?

Oui, pourquoi apporter une loi de plus qui sera plus ou moins comprise par les intéressées qui auront, là aussi, facilité à jouer les victimes en tous genres. Et surtout qui, quand elle sera applicable, donnera sur le terrain encore plus de difficultés voire de risques physiques aux fonctionnaires qui seront en charge de verbaliser ? Qui finalement pourrait coûter plus cher que ce qu’elle serait susceptible de rapporter… Mais surtout ne remplirait en rien son rôle pédagogique, celui de permettre, dans notre pays et à toutes les femmes de s’épanouir en toute liberté, selon la loi, nos us et coutumes. Encore une fois cela ferait porter sur l’Etat la responsabilité de tout alors que là plus qu’ailleurs tout relève de la responsabilité familiale. Si tu es capable de voir ta fille, ta sœur, ta voisine victime d’un macho sans que cela ne t’impose à réagir, c’est que tu ne vaux pas mieux que l’autre.
En fait, on a l’impression à chaque instant de devoir tout expliquer, jouer de la pédagogie en permanence, lutter à contre courant contre l’inacceptable qui durerait depuis la nuit des temps et voudrait pour certains que la Femme ne soit pas l’égal de l’Hom-me… Déjà en 1800, Stendhal dans ses écrits prenait la défense de la Femme dont il disait qu’elle est «le cœur généreux cherchant son chemin dans les ténèbres… Qui aident l’homme à accomplir sa destinée… L’admission des femmes à l’égalité parfaite serait la marque la plus sûre de la civilisation et elle doublerait les forces intellectuelles du genre humain»… Tout est dit. Reste à l’appliquer, à le défendre coûte que coûte. Il en va de l’avenir de l’Homme, comme dirait le regretté Jean Ferrat.
Alors, combien de temps encore, en France ou ailleurs, ce combat sera-t-il vain ?

André Gérôme Gallego
Directeur de la publication
andreg@aol.com


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