Bayrou à court de recours

Où comment continuer à exister quand on a perdu, sans gloire…
Eh oui, à propos des Municipales à Pau et un tantinet mauvais perdant, voilà le Président du MoDem qui veut réécrire l’histoire de sa ville de «prédilection», en demandant rien de moins qu’un recours en annulation du résultat du 16 mars dernier…
En effet, ce dernier à court de stratégies et surtout de voix pour l’emporter, avance aujourd’hui, le soupçon d’une collusion entre l’hebdomadaire gratuit «Les Coulisses de Pau», qui a fait ouvertement campagne contre lui, et Yves Urieta le maire sortant soutenu par l’UMP. Sauf que son contradicteur et lui-même ont été tous les deux battus et à la régulière, par la Socialiste Martine Lignières-Cossu (PS) la nouvelle Mairesse de Pau. Un nom, une situation, vite oubliés par François Bayrou qui, il est vrai, a le chic pour être amnésique quand cela l’arrange…
Pour sa défense, le Palois dit avoir été insulté par un journal financé par une entreprise contractuelle du maire sortant mais battu, Yves Urieta. Un étrange imprimeur aurait réalisé le fameux journal, comme les tracts de l’ex-socialiste devenu entre-temps UMP (?) et dont les colonnes disaient le plus grand bien. Un coût de 90.000 Euros qui devrait selon les conseillers du Président du Modem être réintégré dans les comptes de campagne dudit ancien maire. Une situation qui pourrait, certes, gêner Yves Urieta pour se faire rembourser ses dépenses, mais en aucun cas susceptible de faire repartir aux urnes… Même s’il est vrai que pour la bonne conscience, et surtout pour réécrire une histoire plus favorable au «Comte de Pau» tout cela pourrait mériter recours.

Et le MoDem dans tout ça…

Mais alors que penser des tripatouillages d’un Modem qui a perdu sa raison d’être pour avoir oublié l’essentiel : une conscience, des valeurs, un programme pour marcher droit. Un MoDem qui, durant ces Municipales, a fait fi du principe de base de la marche en avant. A savoir que pour bien marcher, il suffit d’avancer une jambe après l’autre, la jambe droite puis la jambe gauche, ou vice-versa. En fait, appliquer l’alternance. Un mouvement qui a oublié aussi, que si l’on veut avancer sur une seule jambe, même en sautant assez longtemps, on finit par s’épuiser en vain, ce qui expliquerait sa dérive.
Mais voilà que François Bayrou qui n’est jamais à court d’idées, comme certains de ses émules d’ailleurs, nous a proposé d’avancer les deux jambes en même temps. Comprenez l’opportunisme à outrance, la victoire à n’importe quel prix, en s’associant simultanément avec l’UMP et le PS, suivant le cas, quand ça n’était pas des MoDem face à face. Une nouvelle manière de faire de la politique, un tantinet peu recommandée si l’on veut être crédible et éviter le casse gueule.
Un véritable cas d’école qu’un ancien professeur ne pouvait pourtant ignorer.
Mais surtout, dans une période de grande turbulence politique, pour la grande majorité des Français qui ont un temps cru au Modem, un beau gâchis coupable, une belle désillusion. François Bayrou a, un temps, incarné l’opportunité de pouvoir réinventer une société plus juste, plus équitable, plus responsable où chacun aurait sa place et la garantie d’un mieux vivre pérenne. Aujourd’hui où sont passées ces belles promesses ?
Au fait, à quand des élections au MoDem, pour une fois en totale transparence, afin d’avoir une infime chance de repartir d’un bon pied ? S’il n’est pas déjà trop tard…

André-Gérôme Gallego
Directeur de la publication
Andreg@aol.com



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.