Balade européenne

Francis Manaud

Toutes les civilisations se comportent en fonction des progrès qu’elles réalisent. Depuis l’âge du feu ou du fer, l’homme n’a cessé de se perfectionner en s’emparant de ses découvertes et en les propageant. Le 20e siècle aussi bien que le 21e se caractériseront comme les siècles de la vitesse qui sera un progrès mais aussi une hantise. Aller toujours plus vite c’est aussi la possibilité d’aller toujours plus loin aussi bien sur terre que sur mer et évidement dans l’espace. Jusqu’à ce jour les seules limites possibles sont fixées par la propre constitution de l’homme et ses capacités physiques à devoir subir les contraintes de son état. Aller plus vite entraîne immanquablement des comportements journaliers différents de ceux qu’ils étaient les siècles précédents. Il a donc fallu s’adapter et la société s’organiser en fonction de cet impératif nouveau qui est la vitesse. Pour aller plus vite et être plus efficace, on déjeune hors de chez soi, ce qui a provoqué la création de multitudes de restaurants dans les villes ou les files de voitures s’allongent pour ingurgiter les produits de la restauration rapide sans descendre de son véhicule. On a créé, pour faire les commissions plus vite, les supermarchés où l’on trouve de tout et ainsi dégager du temps pour des loisirs ou tant d’autres choses encore.

 

« Heureusement qu’il y a eu Findus ?»

 

Mais il manque encore d’y trouver des produits pharmaceutiques pour éviter de perdre du temps à écouter les conseils des pharmaciens. Alors on fait du forcing pour obtenir cette autorisation qui est censée faire baisser les prix en faisant croire que tout le bénéfice ira au consommateur comme si les promoteurs des grandes surfaces étaient des philanthropes. La réalité est tout autre. Les centrales d’achat n’ont qu’un seul but : mettre les fournisseurs et les industriels à genoux pour proposer à la clientèle des produits bon marché dont la composition est des plus douteuses. Nous venons d’en avoir la plus magistrale des démonstrations avec les désormais célèbres lasagnes de chez Findus. Le marché de la viande comme bien d’autres est le jeu de traders qui cherchent dans l’Europe voire dans le monde la fourniture meilleur marché qui permettra aux industriels de faire encore baisser les prix et augmenter les profits au détriment de la qualité pour les ménages les moins fortunés. Pour ce faire, rien de tel que de multiplier les intermédiaires, se promener dans toute l’Europe pour embrouiller les pistes et au final des « assembleurs » qui ne savent pas faire la différence entre de la viande de bœuf et de la viande de cheval qui n’est plus distinguée que par des étiquettes. De qui se moque-t-on ? Il arrive un moment où trop vite c’est trop vite, un moment où il est nécessaire de refuser que l’on nous amène où nous ne voulons pas aller. Revenir aux valeurs fondamentales, apprendre à reconnaître ce qui est bon de ce qui est frelaté en se rapprochant au plus près de l’origine de ce que nous consommons. Nous y perdrons peut-être un peu de temps mais qui sait in fine si ce ne sera pas le contraire ? Alors pourquoi ne pas dire « Heureusement qu’il y a eu Findus ?»

 

Francis Manaud



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