Automobile, le déclin ?

Francis Manaud

Après les déboires de Peugeot, c’est maintenant Renault qui annonce la suppression de 7500 emplois dans les prochaines années à venir. Certes cette annonce s’est faite en précisant qu’aucun site français ne serait fermé, et les emplois supprimés ne seraient que des mises à la retraite de personnels qui ne seraient pas remplacés. Cela implique sans aucun doute possible une surcharge de travail pour le personnel restant et donc une productivité accrue, ce qui ne sera peut-être pas du goût des syndicats. Il faut ici se rappeler des problèmes déjà rencontrés au niveau du stress au travail chez les cadres pour imaginer que produire plus et mieux avec moins de main d’œuvre sera très compliqué. Quoiqu’il en soit, il fallait s’attendre pour les années à venir à voir chuter les ventes chez nos constructeurs qui n’ont pas su voir venir les grandes modifications commerciales dans ce domaine. Il y a eu tout d’abord la fameuse prime à la casse, avec les avantages gouvernementaux, qui a incité les gens à changer en masse leurs véhicules anciens pour des engins plus fiables et moins gourmands en énergie. Bien que l’ensemble n’ait pas profité exclusivement aux fabricants nationaux, ces derniers ont pu tout de même en retirer profit. Il eut été judicieux à ce moment-là de promouvoir plus que cela l’a été fait, notre industrie française. On remarquera ensuite qu’au fil du temps après la guerre, de fusions en concentrations, plusieurs marques autrefois prestigieuses ont disparu du paysage national pour qu’il n’en demeure que deux, aujourd’hui bien menacées. Même constatation chez nos voisins britanniques dont les marques emblématiques ne figurent plus que chez des industriels étrangers au Royaume-Uni.

L’innovation

Triste destin pour des pionniers de l’automobile qui ne savent pas prendre le tournant de l’innovation et de la demande des pays en développement. Car c’est bien vers ces pays que doit se développer la production et non vers notre vieille Europe dont les besoins ont été comblés depuis bien longtemps. Renault l’a bien compris en s’implantant progressivement en Chine mais insuffisamment cependant si l’on en juge par ses dernières déclarations. Si l’Allemagne par contre a progressé dans ses ventes, c’est dû avant tout au choix qu’elle a fait de privilégier le haut-de-gamme qui bénéficie avant tout à l’exportation et qui donne un rapport financier bien meilleur que la vente de petits modèles. On peut à cet égard s’interroger sur la politique européenne concernant l’industrie automobile car si l’on avait procédé dans ce domaine comme dans celui de l’aéronautique, on aurait pu parvenir à des résultats beaucoup plus significatifs et plus rentables au niveau international. Il n’est pas douteux que l’évolution dans ce domaine passera inéluctablement par l’innovation et que cette innovation sera d’autant plus probante que les moyens investis seront importants. L’Europe en mettant en commun ses potentialités au lieu de pratiquer le chacun pour soi aurait acquis une avance sur ses concurrents des autres nations. Il n’est peut être pas trop tard pour le faire, alors au travail.

 

Francis Manaud



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