Angolagate ; Charles Pasqua reste sur la défensive…

En apprenant la sentence qui le menaçait, le vieux lion de la politique française, le baroudeur, l’homme des basses œuvres, prétendront certains, avait promis qu’il allait contre-attaquer. Plus, par des menaces directes, il mettait directement en cause ses potes d’hier : Jacques Chirac, Edouard Balladur et même Alain Juppé… «Ils veulent que je coule, on coulera ensemble, je n’ai pas grand-chose à perdre. Dans ce dossier je vais réclamer la levée du secret défense et même pour d’autres affaires politiques sensibles», confiera- t-il à un proche, à l’écoute de la sentence qui pèse désormais sur lui…
Chez notre confrère Canal+, il assurait même que cela «ferait trembler un certain nombre de personnages de la République et garnirait, probablement, les beaux quartiers des prisons françaises».
Il est vrai que le vieux serviteur de la France, dans les bons coups comme les mauvais de la Vème république, a de quoi être aigri aujourd’hui en se voyant infliger, pour la première fois, une peine de prison ferme pour son rôle dans le dossier de “l’Angolagate”. Une affaire de trafic d’armes qui remonte aux années 1990.
Gaulliste à ses heures, comme pour se parer de valeurs supérieures, sauf qu’en 2009 que veut dire être gaulliste ? On se le demande bien trop souvent.
Alors, le vieux Sénateur, annonçait qu’il allait faire appel de cette condamnation. Une condamnation qui vise notamment le versement, en juillet 1996, par la société de ventes d’armes Brenco de quelque 230.000 euros à une association “France-Afrique-Orient”, dont Charles Pasqua fut un temps le vice-président, et dissoute depuis.
Sauf qu’il semblerait que le tout Paris politique était au courant de ces fameuses ventes d’armes et particulièrement à droite, le président de la République de l’époque en la personne de Jacques Chirac, leJustifier premier ministre, le ministre des Finances et bien entendu le ministre de la Défense. Tous les quatre étaient forcément au courant et comme d’autres puisque les tractations ont couvert une partie du mandat de François Mitterrand de 1993 à 1995, pour se conclure sous la présidence Jacques Chirac de 1995 à 1998.
Dans son jugement, sans vouloir vraiment le reconnaître et avec subtilité, le tribunal accréditera même les propos de Charles Pasqua en dénonçant «l’incurie des autorités de l’époque» sans pour autant exonérer les prévenus de leurs responsabilités.
Aujourd’hui pour s’absoudre, l’intéressé relèvera les “coïncidences” entre son ambition présidentielle déclarée en 2000 et le début de ses “ennuis” judiciaires, Alors, dans un dernier baroud d’honneur et histoire de gagner un peu de temps, il menace les fondements même de la république, ses anciens partenaires et même les autres demandant «que toute la lumière soit faite sur toutes les ventes d’armes afin que l’on sache s’il y a eu des retours de commissions en France et savoir qui en a bénéficié ?». Allant même plus loin en demandant que l’on fasse de même dans les dossiers Clearstream et les frégates de Taïwan : «Il faut tout lever ! Les Français ont besoin de le savoir».
Sauf que le juge Renaud van Ruymbeke a, dans cette affaire, des frégates de Taïwan, justement rendu un non-lieu. Même si là aussi les soupçons de versements de rétro-commissions, à des politiques comme à des industriels, sont forts et des plus pertinents…
Dans l’affaire Clearstream, c’est l’affrontement entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin, qui a fait l’affiche et l’actualité. Sauf que le fond de cette affaire, s’il avait pour origine des documents falsifiés, il prétendait aussi révéler le nom de bénéficiaires de commissions diverses et variées. Par ailleurs, dans l’attentat de Karachi, des juges étudient la piste d’un contentieux franco-pakistanais qui pourrait être liée là aussi à des non versements de commissions pour la vente de sous-marins.  
Un monde de l’ombre, des mélanges de genres, des personnages qui se sentent au-dessus des lois, inattaquables, aux comportements inavouables pour le commun des mortels. Et pendant ce temps les Français subissent chaque jour un plus les effets négatifs de la fameuse crise, probablement inventée de toutes pièces pour les asservir un peu plus. Des Français qui ne comprennent plus rien à toutes ces dérives, à tous ces abus, à ce monde parallèle. Conscients que pour s’en sortir, il faudrait une autre révolution… peut-être pour 2012… Comme le prévoit Nostradamus ?

André Gérôme Gallego
Directeur de la publication
andreg@aol.com


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