Angoisse

Francis Manaud

Depuis maintenant de longues semaines, on nous prépare à entrer dans une période d’austérité sans précédent. D’ailleurs si nous en doutions encore, il n’est qu’à voir ce qui se passe en Grèce, en Espagne et au Portugal pour comprendre ce que nous allons subir à notre tour tant il apparaît que ce lien qu’est l’Euro nous entraîne dans une spirale dont on nous promet de sortir sans que la méthode proposée soit fiable à 100%. Il y a deux façons d’affronter une difficulté. Soit on en connaît la valeur réelle et on lui fait front, soit on a du mal à l’appréhender. Dans ce deuxième cas, on ne sait par quel bout la prendre. Alors l’angoisse survient et fait place au doute quant aux solutions à mettre en œuvre. Il faut nous dit-on trouver trente milliards immédiatement que l’on va chercher dans trois poches différentes. Dix milliards en économie de fonctionnement de l’Etat dont la mise en œuvre est tout sauf évidente, quand on sait par expérience que chaque ministère tend à tirer la couverture à soi. Dix milliards dans les entreprises déjà lourdement fiscalisées et qu’un effort supplémentaire risque de pénaliser définitivement dans une conjecture internationale concurrentielle impitoyable. Enfin dix milliards dans la poche des contribuables qui sentent peser sur eux une menace diffuse, mal définie, et dans l’attente d’un avis d’imposition qui sera le seul indicateur de la réelle portée de l’effort qu’ils vont devoir supporter. Car toutes les simulations aussi didactiques soient- elles, ne valent rien en définitive confrontées au réel, au concret.

 

Besoin d’un chef

 

Il faudra bien se soumettre et payer, mais sans nul doute au détriment d’un pouvoir d’achat dont la diminution sera proportionnelle à l’effort demandé. Une fois de plus les entreprises en feront les frais et le chômage continuera sa courbe croissante jusqu’à quel niveau ? Il existe sûrement un seuil critique à ne pas dépasser, mais il serait bon que nous le connaissions. Et tout cela nous dit-on à la condition que la croissance prévue de 0,8 % du PIB pour 2013 ne soit pas inférieure, sans quoi il faudra revoir tous les calculs et recourir à de nouvelles ponctions. De plus et pour couronner le tout, ce sera le gendarme Européen qui viendra nous indiquer quand et comment il faudra faire pour nous remettre dans des clous sensés nous conduire à la sagesse et à la félicité. Dans toute son Histoire, la France a eu l’habitude de faire face au danger et toutes ces tergiversations ne peuvent et ne doivent lui convenir. Qu’il faille faire un effort, nous en sommes conscients mais cet effort doit venir de nous-mêmes et ne doit pas nous être imposé. En toutes circonstances, la France a su se montrer généreuse. Elle n’a pour cela à recevoir aucun diktat fusse des gens qui la gouvernent. Elle possède assez de richesses pour faire face à l’adversité. Il suffit pour cela de la convaincre qu’elle est en danger pour la voir réagir. Faut-il encore qu’elle ait confiance en quelqu’un qui lui montre le chemin. La France n’a pas besoin d’argent, elle a besoin d’un chef. Il est grand temps qu’elle le trouve et qu’il lui montre un projet clair qui la sortira de l’angoisse. Les chefs se révèlent toujours dans la difficulté. Le nôtre, c’est sûr, n’est plus très loin.

 

Francis Manaud



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