Libéralisme ? Economie ? Cliché quand tu nous tiens (9/12)…

Ma lectrice poursuit : « et je constate qu’il s’agit simplement de comparer paradis fiscaux, présentés comme des modèles, et nations normales, forcément plus dépensières. »

A la lecture de mon billet consacré à l’excès de charges sociales pesant sur les emplois dans notre pays, comment arrivez-vous à conclure, Madame, que ma vision du libéralisme se réduit à comparer les « paradis fiscaux » aux « nations normales » ? C’est non seulement erroné, mais c’est ne pas voir qu’un exemple criant comme le football peut simplement servir à démontrer l’absurdité de l’interventionnisme politique français. L’enjeu n’est plus de donner de bonnes notes ou de mauvaises notes aux gouvernants, car après plusieurs décennies de dérives et de promesses électoralistes, il y a une tout autre urgence ! Il s’agit de pointer le drame qui en découle : on ne peut continuer impunément à charger l’économie et les hommes d’un fardeau injuste et disproportionné.

Il est tout de même extraordinaire qu’en France, pays des philosophes des Lumières et des principes modernes du droit naturel et du libéralisme, que leurs héritiers soient à ce point aveuglés et bercés d’illusions par le collectivisme. Au point de ne pas accepter la critique, voire de déformer la vérité ou de nier les faits. Vouloir sans cesse obliger chacun à partager sa soupe avec ses voisins ne donnera jamais la possibilité à tous de manger une assiette complète ! Il faut en finir avec le socialisme.

Les politiciens professionnels, constructivistes, sont passés par là et se croient plus malins. Incompétents économiques notoires, ils imaginent construire le bonheur de tous par la fiscalité. Prendre par force une bonne part de nos revenus, directement ou via nos diverses activités économiques, fait vite de belles sommes… Il est alors facile de dépenser l’argent des autres en affichant une bonne conscience. Mais cette dépense sans borne est-elle pour autant le signe d’une « nation normale » ? Et la nation la plus normale est-elle la « plus dépensière » ?

Les hommes politiques ont beaucoup d’ambition pour la construction de la société, mais ils ne financent jamais en propre leur folie des grandeurs. Est-ce bien « normal » ? Par exemple, l’écart de charges sociales, qu’elles soient patronales ou salariales, entre Monaco et la France est énorme. Il n’est pas le fait de la Principauté, mais bien du jacobinisme français enfermé dans une logique incohérente. Si la France est une « nation normale », pourquoi les autres ne suivent-elles pas son modèle ? Non, c’est bien sûr Monaco qui donne l’exemple et confirme qu’une « nation normale », telle la fourmi, n’est pas dépensière.

Nous, Français, oublions trop souvent de regarder nos voisins – un complexe de supériorité entretenu, mais hélas sans fondement. Car les besoins que nous posons comme prétendument publics existent aussi bien à Monaco qu’en France. L’effet d’échelle lié à la population n’a que peu d’influence. La manière d’y répondre est par contre avant tout une question de mentalité. C’est ce qui nourrit la différence entre leur paradis fiscal et notre enfer fiscal. Le politicien y est quasi-inexistant, il y reste dans ses limites, il ne peut jouer à Zorro avec l’argent des autres.

La solution de nos maux n’est pas à chercher bien loin. Le pouvoir en redevenant modeste, en laissant les citoyens organiser la société et produire de la diversité, peut laisser émerger les réponses et donner naissance à cette nation évoluée où la contribution de chacun sera enfin consentie.

 

Patrick Aubin



3 COMMENTAIRES SUR Libéralisme ? Economie ? Cliché quand tu nous tiens (9/12)…

  1. guadalupano dit :

    Autres foutaises, où avez-vous vu le collectivisme en action dans la politique fiscale en France? ou alors j’aurais été téléporté sur une planète parallèle?

    • Patrick Aubin dit :

      Nous ne vivons effectivement pas dans la même France :

      - Sécurité sociale : c’est privé ? Chaque individu choisi ou cela lui est imposé ? Vous en connaissez le fonctionnement ? Vous ne devez être ni artisan, commerçant, agriculteur, profession libérale ou entrepreneur : tout doit vous tomber tout cuit dans la bouche sans vous posez de questions !!!
      - Tous les mécanismes de redistribution, c’est fondé sur le libre choix ou sur la décision politique ?

      57% du PIB en dépenses publiques, c’est à dire plus que la valeur ajoutée créée par le privé passant dans les mains des politiques : c’est un monde libéral ???

      Nous n’avons vraiment pas les mêmes notions du collectivisme ou de l’individualisme.

  2. Fred dit :

    Patrick, pour abonder dans votre sens et mettre Guadalupano face à l’évidence des chiffres

    a) En effet avec ce taux de 57 %, La France est le pays qui a le plus haut niveau de dépenses publiques au monde par rapport à la richesse créée. Nous étions devancés par le Danemark mais c’est terminé. Nulle part ailleurs, l’Etat n’est plus interventionniste qu’en France. Rappelons au passage qu’il n’était que de 13% ce taux il y a un siècle. Nous sommes passés de 13% à 57% et la France serait devenue libérale ? Soyons sérieux deux secondes.

    b) A deux ou trois exceptions près, la France a également le taux de prélèvements obligatoires le plus élevé du monde à 46%. Et il n’a jamais été aussi élevé qu’aujourd’hui.

    c) On peut aussi parler de la fameuse casse sociale libérale. Savez vous combien d’articles comportait le code du travail en 1973 ? 600. En 2013, nous en sommes à plus de 10 000.

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