Libéralisme ? Economie ? Cliché quand tu nous tiens

Une lectrice, pas une admiratrice, mais une lectrice attentive et anonyme, m’a écrit en réponse à la chronique « Football : carton rouge pour l’hyper-fiscalité » (Journal Toulousain du 05/06/13). Cette missive me donne l’idée de reprendre son texte par une série d’une douzaine de chroniques destinées à chasser les clichés classiques sur l’économie mais aussi sur le libéralisme.

Cette lettre commence ainsi : « Bien sûr, en économie, le libéralisme est une théorie parfaitement défendable.» Ma lectrice laisse entendre qu’elle sait que le libéralisme ne saurait être exclusivement économique. C’est déjà bien, il y a souvent amalgame. Veut-elle dire que sur le plan politique, il ne serait pas défendable ? Mais sait-elle seulement que le libéralisme n’est pas une théorie économique ? Le libéralisme prenant acte de la supériorité inéluctable des mécanismes spontanés de toute nature que les hommes pacifiques mettent librement en œuvre entre eux, je n’aurai pas la prétention de répondre exhaustivement à ce point en une unique chronique. Le libéralisme exprime une morale qui existe depuis que l’homme est homme : il trouve son expression philosophique au siècle des Lumières. Cette morale s’appuie sur la liberté associée à son corollaire, la responsabilité individuelle. Le marché libre en économie n’est donc qu’une expression de la morale libérale.

Le libéralisme pose juridiquement toute action humaine dans le cadre du Droit Naturel. Ce droit est par nature non arbitraire. Naturel, il est supérieur en légitimité à tout droit positif, telles les lois et règles que les élus nous imposent, qui sont par nature clientélistes et injustes. Ainsi, c’est l’action des hommes qu’il faut protéger de l’arbitraire du pouvoir et non l’inverse. Le libéralisme n’est ainsi pas la loi de la jungle, comme les Etatistes aiment à le dénigrer. La Constitution française a certes placé en préambule la Déclaration des droits de l’homme, basée sur le droit naturel, mais dans les faits, aucune instance ne censure le droit positif face au droit naturel. Les philosophes du siècle des Lumières évoquaient pourtant l’obligation de « conservation des droits naturels et imprescriptibles ». Dans la devise « Liberté, Egalité, Fraternité », si la Liberté vient en premier, ce n’est pas par hasard.

Le libéral se méfie de tout pouvoir, car le pouvoir conduit à l’arbitraire. Le libéral ne cherche pas à construire une société à coup de lois contraignantes. Il constate que le « laissez-nous faire » d’un cadre où règne la responsabilité est plus juste et plus porteur de prospérité que tout système coercitif. Le libéralisme est honni par tout pouvoir politique ou religieux car il montre leur vacuité. Etonnez-vous que les politiciens le dénigrent par tous les moyens. Observez-le. Tout politicien de droite ou de gauche (nazisme, communisme, fascisme, socialisme…), jusqu’au social-démocrate rejette en bloc le libéralisme. C’est leur seul point d’accord. En France, pays des Lumières, lors de la dernière présidentielle, pas un seul candidat sur les 14 ne se réclamait du libéralisme. Mystérieux cet adversaire commun à tous mais pourtant absent politiquement. C’est dire leur peur de notre Liberté.

Mais le libéralisme ne meurt pas. Quelle est sa force ? Sa cohérence naturelle. Quand on comprend qu’il est le seul à assurer droit et justice, aucun argument politique ne tient plus. N’importe où, n’importe quand, avec n’importe qui, discutez librement. Observez la vie spontanée. Et constatez : l’Etat n’est jamais qu’un arbitraire vaguement utile, plus souvent la source des pires malheurs.

Notre enjeu pour demain, c’est le respect du Droit Naturel, sans nul besoin de plus de paperasserie. Il en va de notre avenir de ne pas associer « Etat » et « civilisation ». La civilisation passe au contraire par l’éclatement du pouvoir politique. Politiquement tout a-t-il été essayé ? Tout oui sauf… le libéralisme, le vrai ! Jamais, nulle part ! Ma lectrice est-elle d’accord pour déjà dire « poursuivons » ?

 

Patrick Aubin



2 COMMENTAIRES SUR Libéralisme ? Economie ? Cliché quand tu nous tiens

  1. Demoralisateur dit :

    Vous confondez état et gouvernement. La nature d’un état dépend de son gouvernement, du régime qui y est instauré. Même un état “libéral” sera de nature coercitive si sa structure politique est de nature oligarchique. Mettez aujourd’hui des libéraux au pouvoir, ils vont imposer à tous le libéralisme, donc ils ne vont libérer personne car la structure institutionnelle de notre pays est coercitive. C’est parce que les instances de désignation politique et de gouvernance sont oligarchiques ( aristocratiques en fait, mais ça me fait trop mal de pense que l’on aurait les meilleurs d’entre nous au pouvoir) que nous avons des lois qui imposent aux autres.

    Vous faites l’impasse sur le fond du problème.

  2. Patrick AUBIN dit :

    Qui confond ? Vous nous dites : “Mettez aujourd’hui des libéraux au pouvoir, ils vont imposer à tous le libéralisme, donc ils ne vont libérer personne car la structure institutionnelle de notre pays est coercitive.”… c’est qui identifiez le mode de gouvernance avec l’état. A priori, vous n’avez pas compris ce qu’est le libéralisme : vous en avez une appréciation très paranoïaque en l’assimilant avec le conservatisme de la droite tout en y voyant le même fonctionnement que celui que la gauche impose à tous. Vous avez également une vision très contrainte et religieuse de la Société : la nature coercitive de la France est une chose, mais ce n’est pas du libéralisme, et aucun libéral ne peut se reconnaître dans la structure institutionnelle de l’état français. La France est un état collectiviste mais surement pas libéral. Pour vous, c’est le système qui s’impose à l’individu, pour un libéral, c’est l’individu qui est au-dessus du système à partir du moment où il respecte les droits fondamentaux d’autrui.

    Un libéral n’est pas là pour imposer quoi que ce soit à qui que ce soit. Pour un libéral, l’état n’est là que pour assurer les fonctions régaliennes et garantir le droit naturel. La différence entre vous et moi, c’est que moi je vous laisse libre de vivre votre socialisme avec tous ceux qui croient en cette philosophie, alors que vous vous souhaitez m’imposer votre philosophie de vie socialiste.

    Car le socialisme sait-il exister sans vouloir s’imposer à tous ? La démocratie est un danger dans son expression majoritaire actuelle : est-ce qu’une majorité sortie des urnes à le droit d’imposer ses vues aux minorités ? Si oui, alors ne vous étonnez pas que des “Hitler” viennent au pouvoir grâce à la démocratie !!! Mais n’êtes-vous pas vous-même un Hitler en puissance avec du socialisme pour tous où les lois deviennent de plus en plus coercitives parce que le socialisme ne marche pas ?

    La liberté n’a jamais imposé quoi que ce soit : c’est la liberté !

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