Libéralisme ? Economie ? Cliché quand tu nous tiens (11/12)…

Ma lectrice poursuit : « Plus sérieusement, votre conclusion soulève cependant un espoir : supprimer le droit du travail et, s’il faut accepter des « sacrifices courageux », selon une formule affectionnée par nos « élites », rétablir l’esclavage, au moins temporairement ».

Sarcastique ? Sérieusement, Madame, puis-je vous demander de vous imaginer chef d’entreprise et de tenter d’appliquer le code du travail français ? Nous verrions alors, quel serait votre avis sept ans plus tard (si vous y arrivez), votre expérience objective faite. Bien sûr qu’il faut supprimer les 3500 pages du code du travail français ! Car jusqu’à preuve du contraire, il n’empêche pas chômage, délocalisations, emplois précaires, etc. Ni surtout les emplois inutiles de la fonction publique, ni l’insatisfaction des salariés face à leur perte de pouvoir d’achat due à l’hyperfiscalité, etc. Au contraire, c’est l’existence même de ce code qui est en grande partie à l’origine de ces phénomènes que nous ne connaissions pas avant cette inflation réglementaire.

Pour vous, ce code est sensé nous protéger de « sacrifices » et de « l’esclavage ». Il faut croire que votre rapport au travail n’est pas commun. Car pour le salarié, son emploi n’est rien d’autre qu’un contrat commercial avec l’employeur – ce qui rend vraiment suspect le besoin d’un code dédié. Et comme tout contrat libre et spontané, il faut que chaque partie y ait un intérêt, sinon qui le signerait ? Tout comme lorsque vous achetez une baguette chez le boulanger : vous gagnez un pain et lui un euro. Dans cette perspective, pouvez-vous me dire où se trouvent « sacrifices » et « esclavage » ?

S’il faut un code, je vous propose d’adopter à la place le code du travail suisse : il doit être efficace puisque le taux de chômage y est bas, que de nombreux frontaliers français préfèrent le système suisse où les salaires sont plus élevés et la sécu privée. Sans SMIC, la Suisse n’est pas une plaque tournante de l’esclavagisme. Pourtant, son code du travail se lit le temps d’un Paris-Lausanne… en TGV !

En fait, ceux qui acceptent des sacrifices depuis toujours sont d’abord les non-salariés, puis les salariés du secteur privé, tous obligés de passer à la caisse pour nourrir un secteur public sans limite, fier de sa non-rentabilité. Les « rentables » sont ainsi devenus les esclaves des autres, telles ces « élites » politico-administratives engraissées à un point que le libéralisme ne les accepterait pas – et c’est pour cela que tout pouvoir déteste la morale libérale et est porté à la discréditer.

Il y en a toujours qui doivent payer, dit la chanson. Certes, ce n’est peut-être plus de l’esclavagisme physique comme on l’entendait à l’époque coloniale, où les esclaves étaient tout juste nourris. Il n’en demeure pas moins que  le secteur privé est bel et bien placé dans un système de soumission où ceux qui détiennent le pouvoir prétendent avoir droit sur les richesses produites par leurs laquais, ou plutôt sur l’argent issu du fruit de leur travail. Si quelque chose ne tourne pas rond dans ce bas monde mercantiliste, cela tient aux « élites » et aux privilégiés du peuple qui ne veulent pas abandonner leur capacité de nuire à la Société. L’égalité des droits « d’avoir » (les fumeux acquis sociaux) est la chimère qu’ils agitent pour nous hypnotiser et nous endormir. Mais les droits « à être » (les droits naturels, imprescriptibles) sont plus puissants. Ils finissent toujours par avoir raison de tout épisode de dirigisme ou de collectivisme.

 

Patrick Aubin



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