Carburant : baisse de prix en trompe-l’œil…

La baisse du prix des carburants donne régulièrement lieu à une agitation de nos gouvernants. Rappelons quelques vérités simples que nos «élites» voudraient plutôt enfouir. La baisse à la pompe de 6 centimes sur un prix de l’ordre de 1,65 euro, représente 3,6% (moitié distributeurs/moitié Etat). Tout automobiliste a observé que cette baisse n’est que le tiers de la différence entre le prix le plus bas et le plus haut du fait de la concurrence entre stations-services.

Rappelons la triste réalité de l’exagération fiscale sur les produits pétroliers avec la répartition du prix du litre entre le privé et l’Etat : la grosse part du prix des carburants est due aux taxes qui s’y cachent (essence : 56%, diesel : 47%, source : site du gouvernement). Le monopole d’Etat double le prix de vente du produit : Belle marge ! Quand le citoyen pourra-t-il avoir le choix de la concurrence en matière de gouvernement et donc de paiement d’impôts volontaires ?

Une petite moitié du prix reste imputable aux aléas du brut sur les marchés internationaux. Ce prix, soumis à une véritable concurrence, serait bien plus bas si ce n’était des Etats – via le cartel de l’OPEP – qui le contrôlaient.

Produit de première nécessité économique et sociale, le carburant est bien plus taxé que nombre de produits dits de luxe. Trois taxes entrent en jeu : la TICPE (ex-TIPP), la TVA, et la TVA sur… la TICPE ! Sommes-nous donc tous si riches pour être autant taxés, en admettant que le produit des taxes sert à réduire les inégalités ?

Ainsi en sociale-démocratie, où on est censé avoir à cœur l’intérêt du citoyen modeste, on aurait pu croire qu’une telle inquiétude quant à l’impact de prix élevés sur la vie de M. Toutlemonde donnerait lieu à une vraie réflexion. La véritable décision courageuse s’imposait : réduire drastiquement la part des taxes sur le prix. A ce niveau de taxes, il y avait largement de quoi marquer les esprits et montrer son «volontarisme» à augmenter le pouvoir d’achat des citoyens.

Mais la sociale-démocratie a besoin de «sous». Beaucoup de «sous». Le bouc-émissaire de la crise : l’euro. Serions-nous si dupes ? Celui qui ne veut pas voir que les dettes accumulées sont le résultat des promesses électorales et d’une inefficacité bureaucratique, doit sûrement profiter de ce système immoral qui consiste à piller le peuple.

Depuis bientôt 40 ans, tous les gouvernants sont responsables : cette dette croît continuellement sans distinction de bord politique. Aucun budget n’a plus été équilibré depuis des années : on nous fait croire que l’économie ne pourrait pas fonctionner sans ces dettes dites «publiques». Ainsi la solution qu’on nous promet, est réellement le problème.

Plutôt que de réduire son train de vie, l’Etat-social préfère garder son régime gras et faire avaler aux petites gens qu’avec 6 centimes de moins, ils pourront bientôt rouler jusqu’au bout du monde. Belle affaire ! Pour un couple faisant 25 000 Kms/an, à 5 litres d’essence/100 Kms, cela ne fait qu’une économie de 75 euros sur un budget de 2062 euros et une spoliation fiscale de 1155 euros !

Proposons une mesure concrète pour finir sur une note positive : que cette part de taxes dans le prix des carburants fasse l’objet d’un affichage obligatoire dans toutes les stations-services. On verrait alors que la moitié de nos kilomètres sert subrepticement à financer – quoi déjà ? Ah oui : surtout, surtout, la rémunération de ces ministres qui osent nous faire croire que cette baisse serait une grande victoire politique.

 

Patrick Aubin



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