L’aide alimentaire, source de famine

Début février, le parlement européen à Bruxelles a engagé un débat sur « l’aide alimentaire ». Les bonnes âmes (il y en aurait dans ce bas monde !) y voient l’opération de la dernière chance pour le Programme européen d’aides aux plus démunis qui serait menacé d’abandon.

Qu’elle soit alimentaire ou au développement, l’aide est un des symboles de l’activisme socialiste. Certes, l’aide cristallise diverses formes de générosité primaire et preuves de bonne volonté. Comment être opposé à l’aide aux pauvres ou à ceux qui ont faim ? Seuls nous autres monstres libéraux trouvons à redire à cette démarche altruiste. Altruiste, vous avez dit altruiste ? Venant de gens vivant si généreusement de l’argent des autres, cela prend plutôt des airs de psychanalyse.

Le libéral que je suis ne peut en l’occurrence que crier au scandale moral et économique, car l’aide alimentaire est une hérésie. Voyons pourquoi. Aider son prochain est une belle et noble action… mais uniquement si elle est volontaire. Il n’est pas question de contester la valeur morale de l’aide spontanée de chacun. Ni l’action des nombreuses associations de charité qui viennent au secours des pauvres et démunis véritables. Ce n’est absolument pas de cela que je traite ici.

Non, l’aide « financière » par l’Europe est d’une toute autre nature. Il s’agit de fonds venant d’impôts et de taxes et non de nos dons spontanés directs aux associations caritatives. Voilà une grosse différence. Une part de nos impôts sert donc à nourrir gratuitement une masse grandissante de gens sans notre avis, à nos dépens donc. On prend par spoliation à Paul pour donner à Pierre, sans trop faire cas des conséquences sur Paul ni de la bonne foi de Pierre. Quels circuits prennent ces aides ? Qui juge des montants, comment les distribuer et à qui ? Qui se sert au passage ?

Mais il y a pire que la seule immoralité de la redistribution imposée. Car l’aide alimentaire prise sur l’impôt conduit à l’inverse de son objectif : elle affame au lieu de nourrir. Comment ? C’est assez simple. En premier, l’argent prélevé sur les contribuables l’est autant que ceux-ci ne peuvent investir dans l’économie – la vraie. Les millions donnés par force à l’aide supposée sont autant de millions perdus pour la création et le développement d’entreprises. En cascade, autant d’emplois et de richesse pour tous de perdus. Toute forme d’impôt appauvrit collectivement.

Ensuite, les aides avilissent. Les aidés prennent l’habitude d’être aidés : avez-vous vu les chiffres de l’aide alimentaire baisser ? Celui qui reçoit un repas gratuit est incité à continuer si le système le lui permet. C’est le même phénomène pour tout type d’aide qui devient un droit. Le comble de l’aide !

Enfin, l’aide prolongée fausse le marché de l’alimentation. Les personnes ayant véritablement peu de moyens créent en temps normal une demande sur le marché pour des repas peu chers. Cette demande finit immanquablement par amener à une offre correspondante. C’est le principe même de cette « main invisible » mais réelle des marchés dont la logique échappe aux esprits socialisants.

Mais lorsque sur une longue durée, des repas gratuits en grande quantité noient le marché, cette concurrence devient déloyale envers l’offre de tels repas à bon marché. Et très vite, cette offre fait faillite ou se réoriente et disparaît ainsi que les emplois, faute de rentabilité. Les gens qui profitaient de ces repas à petit prix finissent par n’avoir d’autre option que venir eux aussi crier famine auprès de l’aide alimentaire. L’économie saine a des lois qui s’imposent à tous sinon ce sont les effets pervers qui sont à attendre. Une de ces lois fait que les aides alimentaires issues des impôts sont une calamité pour les plus démunis et pour, de manière générale, la Société.



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.