La Monnaie, mystérieuse inconnue ?

Un événement qui prend la monnaie comme sujet est assez rare. A Mazamet, ce 9 mars dernier, la sortie d’un livre « Les secrets de la monnaie » a été pris comme prétexte par les socialistes locaux pour organiser un débat sur « Changer la monnaie pour changer le monde », rien de moins. En tant que libéral, face à la cuisine monétaire de nos sociales-démocraties, je salue l’intérêt apporté à ce sujet difficile et central à la société humaine. Voilà donc une grande et intéressante ambition issue de notre région ! Hélas, sans juger l’événement mazamétain ni le livre, constatons que ces débats sombrent dans les travers les plus communs en la matière. Accordons-leur qu’ils aboutissent sur de bonnes questions – celles pour lesquelles tout libéral apporte les seules réponses depuis toujours.

Ainsi un tel débat commence souvent bien en rappelant que la monnaie est « l’instrument commun et universel des échanges ». En effet, instrument social, la monnaie n’a d’autre fonction que de faciliter les échanges commerciaux et se doit de conserver la valeur ainsi transférée pour de futurs échanges. Mais très vite, on assiste au dérapage avec « l’accès libre et équitable » à la monnaie comme « indispensable au progrès et à la prospérité ». Or il existe deux types de monnaies.

Les monnaies métalliques (or, argent…) n’ont jamais posé de question d’équité. Leur reconnaissance par le marché, à l’abri des manipulations politiques, suffisait à assurer leur caractère éthique. Mais la monnaie contemporaine n’est plus une monnaie marchande. Arme politicienne, sa dématérialisation sur du papier sans valeur intrinsèque permet à ceux qui s’arrogent le pouvoir d’en produire à l’envi. Si l’euro pose ainsi question en matière d’éthique, aucune monnaie ne pose de problème d’accès. On en a ou pas, selon sa capacité à valoriser son activité. Où est le problème ? De plus, ce n’est pas la monnaie qui fait le progrès, surtout quand il est constaté qu’elle ne vaut plus rien ! Même l’accès au crédit n’est pas une question de monnaie, mais d’investissement.

Les âmes bien-pensantes estiment que « les conditions d’accès à la monnaie sont fondamentale … pour l’accomplissement de la démocratie ». Totalement démagogique, car si une monnaie en général suscite plutôt la convoitise des hommes politiques, l’or, par exemple, n’a aucune « condition d’accès autre que l’échange » et est dénué de tout pouvoir politique. Pour l’euro, c’est différent : la monnaie est créée à discrétion par les banquiers, qui en disposent avant tous les autres citoyens. Le montant en euro sur le papier ne reflète absolument pas la valeur réelle du papier que vous avez entre les mains. Hautement immoral et arbitraire, ce n’est qu’une belle escroquerie.

Souvent, les auditeurs entendent un message fort comme : « Espérer obtenir une société libre et respectueuse du droit des personnes avec un système monétaire qui viole ces principes est une utopie ». Cette phrase résume parfaitement le problème du système monétaire mondial et ses enjeux sociétaux. Là où c’est comique, c’est que les valeurs de « société libre » et de « droit des personnes » sont des valeurs libérales bafouées régulièrement par les sociales-démocraties.

En conclusion, vous entendrez « qu’il est nécessaire de proposer des solutions alternatives concrètes ». Mais rien de concret ne surgira de ce type de débat. Or le libéral a compris et expliqué depuis longtemps le rôle des mécanismes monétaires. Les vraies solutions pour une économie saine sont tout aussi connues : elles s’appellent libéralisation de la monnaie, abandon de toute banque centrale et retour à une contre-valeur métal marchandise comme monnaie universelle. Le retour à la liberté est la seule condition d’une société libre et respectueuse du droit des personnes. Mais les socialistes et sociaux-démocrates en sont bien incapables, pour le plus grand malheur des peuples.

 Patrick Aubin



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