Honoraires : une source de maux ?

Le gouvernement voudrait réduire les dépassements d’honoraires des médecins. Or, évoquer un «dépassement», c’est déjà reconnaître l’existence d’un tarif fixe, car réglementé. Pourtant quand on parle d’honoraires pour les professions «libérales», ces dernières sont supposées libres… de fixer leurs tarifs. La rhétorique de la bien-pensance diffuse encore un message économiquement subversif, inverse de la finalité réelle, qui n’est que d’intervenir pour fausser l’économie.

Ainsi, une question mérite réflexion : les professions médicales, à l’origine réellement «libérales» et libres, sont-elles en train d’être fonctionnarisées, menant vers une étatisation de la santé ? En effet, le politique, par le système de sécurité sociale, entend fixer la rémunération des professions médicales, estimant qu’un certain montant ne saurait être dépassé. C’est ne pas tenir compte des différences de savoir-faire ou autres critères qui font que certains «libéraux» sont plus sollicités.

Les vrais économistes l’ont expliqué depuis longtemps : toute fixation autoritaire des prix a des conséquences négatives, ce sera ici sur la qualité des soins. Ces professions, dont les spécialistes, disposent de frais loin d’être en rapport avec des tarifs ridiculement bas fixés par la SS. Pour maintenir leur pouvoir d’achat, ils devront réduire la durée des consultations pour en augmenter leur fréquence. Ils auront aussi le choix de partir à l’étranger, dans des lieux où la soviétisation tarifaire n’est pas encore en marche. Les meilleurs ont déjà fait ce choix.

Le dépassement de tarif n’a pourtant aucun impact sur le déficit de la sécurité sociale, puisque le patient paye la différence. De quoi vient donc s’occuper le politique ? Les citoyens ne sont-ils pas suffisamment adultes pour demander le prix d’une consultation ou d’une opération et savoir si ce supplément vaut la différence à leurs yeux ? Plus la sécurité sociale, depuis 1945, cherche à se mêler de ce qui ne la regarde pas, plus la qualité des soins et de la santé en France se dégrade et plus le déficit s’accroît. Le niveau de remboursement des soins des patients n’a jamais été aussi faible et les cotisations jamais aussi élevées. Mais personne ne remet en cause ce système mammouth né sous des auspices marxistes de l’après-guerre.

À vouloir réguler, à tenir en dépendance les professionnels de santé par tous types de subventions, la sécurité sociale a fait perdre son dynamisme au secteur, pourtant majeur pour une vie meilleure. Il y a urgence à stopper toute distribution d’aides pernicieuses aux médecins – sédentarisation, télétransmission, installation, etc. – et à laisser les professionnels travailler, même le soir ou le dimanche, s’ils estiment qu’ils rendent service à leurs patients.

Car au rythme actuel, on pourra bientôt tous aller consulter des marabouts ou des sorciers. Il ne suffit pas de crier l’évidence de la priorité de l’accès aux soins pour tous : il faut d’abord du réalisme. Si la loi du marché avait tort, alors pourquoi ne pas supprimer toute liberté tarifaire et imposer aux médecins un tarif unique et nul ? Car après tout, ce sont eux qui assurent notre santé, et comme la santé serait «un droit», les soins devraient donc être gratuits. Utopie socialo-marxiste !

Avec le contrôle des prix, l’Etat entraîne des déséquilibres et à terme la misère. Il faut cesser les réglementations iniques. Un fort vent de liberté doit souffler sur la santé en France si nous voulons retrouver rapidement un niveau d’excellence qui soit digne de notre devise de fraternité.

 Patrick Aubin



2 COMMENTAIRES SUR Honoraires : une source de maux ?

  1. Ch. Romain dit :

    Que de sottises, mon Dieu, que de sottises !…

    “Le politique, par le système de sécurité sociale, entend fixer la rémunération des professions médicales, estimant qu’un certain montant ne saurait être dépassé. C’est ne pas tenir compte des différences de savoir-faire ou autres critères qui font que certains «libéraux» sont plus sollicités.”
    Il existe des différences de tarifs, déjà reconnues et admises par la Sécu, en particulier entre généralistes et spécialistes. M. Aubin l’ignore-t-il ?

    “Les vrais économistes l’ont expliqué depuis longtemps : toute fixation autoritaire des prix a des conséquences négatives.”
    Les vrais économistes ? C’est-à-dire ceux qui partagent les opinions hyper-libérales de M. Aubin. Les autres sont évidemment de “faux économistes” : Keynes, Paul Samuelson, Maurice Allais, Joseph Stiglitz…

    “Ils auront aussi le choix de partir à l’étranger, dans des lieux où la soviétisation tarifaire n’est pas encore en marche. Les meilleurs ont déjà fait ce choix.”
    Passons sur la comique “soviétisation”… Les meilleurs ont fait le choix de l’exil, nous affirme M. Aubin. A-t-il quelques noms à nous citer ?

    “Mais personne ne remet en cause ce système mammouth né sous des auspices marxistes de l’après-guerre.”
    La Sécu a été construite par le Conseil National de la Résistance (CNR) qui réunissait, outre ceux du PCF et de la CGT, des représentants des divers courants politiques de la IIIe république, y compris des démocrates-chrétiens et des conservateurs fort éloignés du marxisme. Pour info, on pourra consulter cet article : http://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_national_de_la_R%C3%A9sistance

    “Il y a urgence à stopper toute distribution d’aides pernicieuses aux médecins – sédentarisation, télétransmission, installation, etc.”
    M. Aubin semble ignorer le problème de la désertification médicale, que ces subventions tentent en partie de réduire. Il devrait peut-être quitter Tournefeuille de temps à autre et aller se promener en Ardèche, en Corrèze ou en Corse. Mais il répondra sans doute que la solution à cette désertification es à trouver dans le libéralisme et dans la multiplication par six ou sept des honoraires médicaux dans les régions désertifiées, afin de rendre l’installation attractive pour les jeunes médecins… quitte à laisser crever ceux qui hésitent déjà à se soigner faute de moyens.

    “Car au rythme actuel, on pourra bientôt tous aller consulter des marabouts ou des sorciers.”
    Pourquoi pas, en effet ? Nous lisons bien la prose d’un marabout de l’économie…

    “Pourquoi ne pas supprimer toute liberté tarifaire et imposer aux médecins un tarif unique et nul ? Car après tout, ce sont eux qui assurent notre santé, et comme la santé serait «un droit», les soins devraient donc être gratuits.”
    Qui a dit qu’un service public devait forcément être gratuit ? M. Aubin n’a-t-il pas encore remarqué que les billets de train ou de bus sont payants ? Qu’il faut acquitter un timbre fiscal pour faire faire un passeport ou une carte d’identité ? Que l’inscription à une bibliothèque publique est parfois payante ?

    “Avec le contrôle des prix, l’Etat entraîne des déséquilibres et à terme la misère.”
    La misère, bien sûr, avec à sa suite le choléra, la peste et les autres plaies d’Egypte. M. Aubin sait-il que les “Trente glorieuses” se sont faites, en France, dans un contexte d’étatisme très supérieur à aujourd’hui et de contrôle des prix et des changes bien plus draconien ? D’où vient alors que nous n’ayons pas sombré dans la misère dès les années 60, et que celle-ci s’amplifie depuis que notre pays opte pour des mesures libérales (privatisation, libre-échangisme européen, mondialisation…) ?

    • Patrick Aubin dit :

      M. CH. ROMAIN,

      Quel est votre but ? Savez-vous lire ou pratiquez-vous l’intoxication pour réécrire ce que je n’ai ni écrit, ni sous-entendu ?

      1) je n’ai jamais laissez entendre, qu’il pouvait y avoir un tarif unique, ne serait-ce qu’entre généraliste et spécialiste !!!

      2) Mes opinions sont libérales : d’ailleurs, c’est écrit dans la chronique. Rien n’est caché… hyper-turbo-méga-giga-libérales ??? Oui des fois, qu’il prend à des socialistes d’épouser des thèses libérales après s’être trompé, il vaut mieux dès maintenant tenter de faire croire qu’il puisse y avoir différent libéralisme avec différentes économies.

      3) vos auteurs “économistes” sont effectivement des interventionnistes, c’est à dire qu’ils sont contre le laissez-faire, et pour l’intervention des politiques dans l’économie, à un niveau plus ou moins important avec des interprétations reposant sur l’arbitraire. Par exemples définir le niveau de revenu d’un riche, fixer un niveau de taxation, introduire des taxes, etc… Ces économistes prétendent avoir des réponses aux crises et depuis toujours, nous allons de crises en crises : oui je prétends que ce sont de faux économistes car le système étatique n’est jamais stable avec eux.

      4) Merci de confirmer mes propos “système né sous des auspices marxistes” et même de les expliquer, comme je n’ai pas avec la chronique, la place d’écrire un livre : PCF et CGT, des représentants des divers courants politiques de la IIIe république, y compris des démocrates-chrétiens et des conservateurs fort éloignés du marxisme : tous des interventionnistes. Et ceci sans aucun débat ou ratification par le peuple français !!! Nous voyons que ce système de PONZI est en train d’aller tout droit dans le mur, en demandant maintenant au assurances privées de prendre le relais. Les politiques savent très bien l’explosion qui les guette mais tente de repousser au fur et à mesure l’échéance. Regardez les cotisations des travailleurs salariés et des travailleurs non salariés… elles ont exclusivement tendance à augmenter !!! Regardez les prestations : soit elles ont tendance à être déréglementées, soit elles sont transférées !!!

      5) Toujours dans la caricature, mais jamais dans la recherche de solution autre que celles du moule étatique actuel. Pourquoi effectivement ne pas faire payer le coût réel et vouloir le faire contrôler par le système en fonction de critères arbitraires de l’administration fixant un SMIC rural pour les médecins ? Si il y a désertification, c’est qu’il y a de moins en moins d’habitants, on ne va donc pas payer des sommes extravagantes pour maintenir un médecin à la même distance qu’en ville uniquement pour une famille au fin fond de l’Ardèche !!! Or le système peut directement prendre en charge le complément lié à l’isolement, avec une participation plus ou moins importante de la famille, soit par cotisations supérieures, soit par remboursement plus ou moins important, sans en faire tout un pataquès … ou plutôt une monstreuse usine à gaz.

      6) “Qu’il faut acquitter un timbre fiscal pour faire faire un passeport ou une carte d’identité ?” Vous qui avez l’air de tout savoir et surtout d’avoir une recette miracle, avez-vous déjà refait votre carte d’identité : elle est gratuite depuis déjà belle lurette!!! Si vous avez payé, vous vous êtes fait escroqué !!!

      7) “Les trente glorieuses se sont faites avec dans un contexte d’étatisme très supérieur à aujourd’hui et de contrôle des prix et des changes bien plus draconien ?” : M. ROMAIN, vous n’êtes pas sans ignorer que l’interventionnisme d’Etat peut se faire à plusieurs niveaux : soit sur les citoyens, soit sur les entreprises, soit sur les deux. Et on reconnait un pays, soit socialiste, soit libéral aux libertés politiques et aux libertés économiques. Merci donc de reconnaitre que l’intervention de l’État était très importante lors des trente glorieuses : vous m’auriez dit qu’elle était libérale, je vous aurai demandé quels étaient les ministres libéraux que vous avez connu alors. Car cela m’aurait complètement échappé. D’ailleurs, vous n’êtes pas sans ignorer que je pouvais le savoir puisque vous avez relevé mon “sous les auspices marxistes de l’après-guerre” !!!

      Donc la France est parti de loin de son état miséreux d’après-guerre, en passant par le maoïsme étudiant de 68 alors que les libertés étaient très réduites, et si elle n’a pas sombré dans les années 60, c’est qu’elle s’est libéralisé (pas assez, malheureusement!) tout en gardant ses archaïsmes économiques en alourdissant la facture sur ses entreprises. Quand vous prenez des crédits en jouant avec la monnaie, la dégradation de l’économie ne se fait pas en quelques années… L’ex-URSS a réussi a faire croire à son modèle environ 75 ans !!! Le modèle de social-démocratie que nous avons adopté va durer encore quelques années de plus, mais il est à bout de souffle pour avoir laisser croire à l’illusion de la richesse mais avec des gènes modifiés du communisme : le socialisme (EGM : Etat Modifié Génétiquement) mais toujours avec un interventionnisme des politiques dans l’économie qui repose sur l’immoralité : l’esclavagisme des citoyens au service du système étatique. Non pas pour les plus pauvres, mais pour la noblesse d’État et le clergé-exécuteur des basses œuvres qui se nomme l’administration. Par contre le tiers Etat, lui n’a le droit que de suivre ce que les deux autres tiers lui ordonnent !!!

      8) “D’où vient alors que nous n’ayons pas sombré dans la misère dès les années 60, et que celle-ci s’amplifie depuis que notre pays opte pour des mesures libérales (privatisation, libre-échangisme européen, mondialisation…) ?” Ah toujours le petit bout de la lorgnette : Quand la France colonisait le monde, vous ne vous posiez pas ce type de question sur la misère du monde. Pourquoi en tant que colonisateur, nous avons laissé nos colonies aussi exsangues ??? Si au lieu de nous comporter en êtres supérieurs, nous avions apporté ce formidable message de liberté issu des Lumières, nous ne nous poserions pas ce genre de question. Mais les étatistes et les capitalistes de connivence avec le pouvoir ont préféré voir dans les peuples des pays conquis, des attardés et les ont exploités en imposant des dictateurs, plus facile pour maitriser les “sauvages”. Mais aujourd’hui, la misère dans le monde régresse grâce à la libéralisation, et la France ne s’était pas préparé à voir ces “sauvages” se rebeller et vouloir êtres des “êtres humains dignes”. Et le prix à payer à cette non-adaptation à la liberté, c’est un peu plus de misère dans un pays qui est résolument socialiste avec plus de 56% du PIB capté par l’Etat, chiffre qui va encore s’accroitre… Voilà de où ça vient, regardez le classement de la France par pays pour les libertés économiques, cela parle de lui-même : http://www.heritage.org/index/ranking?src=home

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