Football : carton rouge pour l’hyper-fiscalité

La ferveur populaire pour le football a amené bien des mécènes à investir des sommes importantes, s’attirant ainsi les meilleurs joueurs. Voici que la remontée en ligue 1 de Monaco met au grand jour des distorsions que les présidents des autres clubs dénoncent mais en parlant de « concurrence déloyale ». Vous l’aurez compris, cette concurrence vient des différences de fiscalité entre la France et la Principauté et non d’un savoir-faire monégasque hors du commun. Rappelons que Monaco est un pays indépendant, donc souverain en matière du vol fiscal de ses citoyens.

Prenons un joueur payé 1 million d’euros net : le montant déboursé, toutes charges comprises, par le club monégasque sera de 1,051 million d’euros, à comparer aux 3,2 millions d’euros pour les clubs français. De plus, alors que le joueur monégasque finance sa couverture sociale avec ses propres revenus, les joueurs des clubs français bénéficient de droits sociaux conséquents sans devoir les payer – ce sont les spectateurs qui leur financent. Pour être logiques, tous les Français qui « kiffent » l’Etat devraient se satisfaire que plus des deux tiers de leur argent servent à financer un système supposé généreux. Concurrence déloyale ? Où ça ?

Derrière cette boutade, on aura compris que la France croule sous une fiscalité arbitraire, aggravée par des raisonnements fallacieux et économiquement inacceptable. Il ne s’agit pas de concurrence déloyale de la part du club de Monaco, mais à l’inverse de la boulimie fiscale de l’Etat français : 5% à comparer à 220% ! La Principauté a gardé une gestion rigoureuse de ses finances et su mettre ses limites à l’Etat. En France, les hommes politiques ont abusé du pouvoir pour exiger, à l’instar d’une mafia, des sommes toujours plus élevées et plus arbitraires au regard des fruits du travail de l’individu. Quand le footballeur reçoit 1 million d’euros, l’Etat rackette l’employeur – le club – de 2,2 millions d’euros supplémentaires, sans la moindre justification valable. Sans oublier qu’en plus le joueur à son tour sera extorqué via les impôts directs et indirects (notamment avec la future taxe à 75%). Ce racket mafieux, pourquoi continuer à l’accepter ?

Une justification morale ou scientifique à tant de spoliations ? Aucune, cette boulimie mercantiliste ne repose sur rien de solide, à part l’abus de pouvoir et le vol organisé. Et plus l’Etat extorque, pire est la situation économique. Notre exemple permet de constater que l’Etat empêche les clubs français d’être aussi compétitifs que Monaco sur le terrain. Avec la même somme, le club monégasque peut s’offrir trois joueurs de niveau équivalent – ou un seul joueur, mais d’un niveau très supérieur – contre un seul pour les clubs français. D’habitude, quand on parle de concurrence déloyale, les salaires sont miséreux : Monaco est loin de sous-payer ses joueurs. Vu par le club cette fois, disposer d’un budget de 1,051 million lui permet de s’offrir un joueur demandant 1 million d’euros. Ce qui sera donc possible pour le club monégasque ne le sera pas pour un club français, obligé d’abandonner ses ambitions. L’hyper-fiscalité de l’Etat français fabrique de la médiocrité.

Les clubs de football ne sont hélas qu’un exemple. Les charges trop importantes obligent toutes les entreprises à revoir leurs projets à la baisse. L’économiste Frédéric Bastiat (1801-1850) avait déjà cette admirable formule suivante pour décrire cette gabegie : « Quand un fonctionnaire dépense à son profit cent sous de plus, cela implique qu’un contribuable dépense à son profit cent sous de moins. Mais la dépense du fonctionnaire se voit, parce qu’elle se fait ; tandis que celle du contribuable ne se voit pas, parce que, hélas, on l’empêche de se faire. » Que l’Etat n’extorque plus, qu’il laisse l’économie s’organiser naturellement et nous verrons les emplois et la prospérité de tous revenir.

Patrick Aubin



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.