Et si… on séparait politique et économie ? (2/2)

Avez-vous noté que le politicien s’est pris d’affection pour le miséreux ? Mais a contrario du religieux, avant de se pencher sur le sort de la misère du monde, il a pris soin de se mettre lui-même à l’abri : il se sent si indispensable que « politicien » est devenu un métier. Via une légalité douteuse reposant sur le sentiment, l’homme de pouvoir n’a aucune once de culpabilité à taper dans la caisse des fruits du travail des autres. Ainsi est née cette religion d’état au concept singulier : le vol du plus « riche » que soi est devenu légal. Peu importe si les pauvres restent pauvres, tout est prétexte à intervenir pour appauvrir le plus riche.

Cette forme de croyance et ses variantes s’appellent « socialisme ». N’entrons cependant pas dans ce débat idéologique clos depuis 1922, lorsque Ludwig Von Mises démontra de manière brillante dans son ouvrage « Le Socialisme » qu’aucune forme de cette idéologie ne peut réussir durablement.

Aucune des expériences socialistes (nationaliste, internationaliste, communiste, gaulliste, social-démocrate…), qui toutes supposent le politicien capable d’intervenir valablement dans l’économie, n’a résisté à l’épreuve du temps. Avant que cela ne tourne au vinaigre en France, il y a urgence de tirer la conclusion que L. Von Mises avait dégagée : se libérer de la croyance que le politicien ferait le bonheur de tous. Car en réalité, il fait le malheur de chacun.

Le miséreux, c’est celui qui a des difficultés à participer aux échanges humains, qui a un mal être pour avoir au sein de la société humaine. Peu importe les causes. Le constater ne doit pas servir de fausse justification au vol fiscal ou à l’inflation législative. La générosité, le don et les associations caritatives sont adaptés pour venir à son aide.

Brider les échanges économiques de tous pour cause de la misère de certains, c’est refuser de voir que beaucoup sortent de la misère grâce au libre-échange. Penser que la prospérité vient de l’action politique, c’est nier l’action humaine, sa liberté et sa puissance imaginative. La situation économique française et l’hyperfiscalité prouvent le déni politique : jamais l’Etat français n’a autant taxé d’argent, et pourtant la misère progresse.

Heureusement, le pouvoir politique a une limite naturelle qui s’exprime clairement à l’article 2 des Droits de l’homme et du citoyen. Le problème tient au dévoiement de la démocratie : l’électoralisme. La voie prise repose sur le vice, sans la vertu : s’accrocher aux vestiges d’un illusoire modèle français en préconisant la « démondialisation. » En clair, découpler la France du reste du monde, à l’instar de l’ensemble des bedeaux politiques qui préfèrent une misère persistante par calcul électoraliste.

Ce qu’on s’imagine, c’est un Etat redistributeur. Mais l’Etat est réservé à protéger l’être, pas à spolier l’avoir de l’être. Par ce mélange des genres, les politiciens entraînent l’Etat dans un rôle de prédateur. C’est la corruption intellectuelle du système. Rien à voir avec un Etat protecteur des droits de l’être humain et du citoyen. Le meilleur des gouvernements sera celui qui ne gouvernera pas et dont l’objectif est la séparation de l’économique et du politique, stricto sensu, comme avaient été séparés la religion et l’Etat. Séparer le droit d’être des citoyens, rôle de la politique, du droit d’avoir par échanges économiques légitimes, rôle du citoyen au sein de la Société pacifiée. Cela n’empêche pas les inégalités ? Tant mieux ! L’inégalité est source de toute richesse.

 

Patrick Aubin



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