Et si… on séparait politique et économie ? (1/2)

Par quoi les politiciens sont-ils guidés? Dans une chronique économique, que peut bien faire une question sur les hommes qui s’adonnent à la politique ? S’il y avait une séparation effective entre économie et  politique, cette question ne se poserait pas. Mais elle s’impose parce que la politique a sombré dans le mercantilisme et a un impact funeste sur la vie quotidienne de chacun.

L’échange est le fondement de toutes les relations entre individus. Certes, il n’y a pas que l’échange économique entre humains, mais il demeure, que celui-ci relève du domaine privé, et même sans qu’on en ait conscience, tout échange est un contrat de droit privé. La Loi ne doit intervenir que lorsque l’échange – ou ses conditions – viole ce contrat, c’est-à-dire qu’un conflit survient où la propriété de l’un ou de l’autre a été abusée. Dès lors, c’est à la justice de régler toute nuisance ou abus de droit, y compris issu d’un pouvoir. Là est la finalité naturelle de la politique : sur l’organisation et la séparation des pouvoirs.

Ainsi le politique n’a aucune raison d’intervenir dans la décision d’échange. Rien ne justifie qu‘il prétende à une quelconque justice dans le domaine économique. Il en est même tout simplement incapable. Croire qu’on doit et qu’on peut égaliser par la loi les relations économiques est un non-sens contraire à la vie en société d’individus libres. C’est nier la souveraineté individuelle. Pire, c’est ne pas comprendre la richesse issue des différences entre les hommes.

Car il faut le dire : le politicien n’est guidé que par son intérêt personnel, celui du pouvoir sur les autres, pouvoir qu’il exerce par la spoliation économique, consacrée à travers impôts et taxes. C’est hélas la réalité de son objectif dont il masque son action mais c’est en complète contradiction avec l’idéal qu’il avance, celui du bonheur des citoyens.

Ainsi pour le pouvoir, comment peut-il prétendre vouloir assurer l’égalité des hommes devant le droit en détenant lui-même un pouvoir sur les autres ? Et le politicien détourne le droit : il place le droit « positif » (la législation) au-dessus du Droit Naturel.

Le politicien est arrivé peu à peu à bafouer le « droit d’être » (Droit Naturel) en imposant des droits artificiels que sont les « droits à avoir » (droit au RSA, à un statut, etc…). Cela traduit l’arbitraire et conduit à la catastrophe car on supprime progressivement tout consentement individuel. Il est immoral de priver les hommes des fruits de leur travail sans leur volonté, comme le fait la fiscalité. De fait, l’échange fiscal « forcé », au nom de droits d’avoir, n’est rien d’autre qu’un vol économique, qui plus est abject lorsqu’il est organisé, sous couvert de démocratie, par une majorité contre une minorité. Cela n’est ni juste ni pacifique.

Les droits d’être sont une notion humaniste, valable en tout lieu et toute époque. Ce sont eux qui fondent les principes économiques. Ils sont universels, naturels et imprescriptibles. Mais l’abus de pouvoir les méprise. A l’inverse, les droits d’avoir n’ont de base que matérialiste. Ils sont variables avec les époques et les territoires où ils sont censés s’appliquer, preuve de leur injustice. Arbitraires et clientélistes, seul l’abus de pouvoir les met en place.

Une société épanouie, faite d’individus libres et responsables, a-t-elle place pour des « droits d’avoir » qui bafouent les « droits d’être » ? Comment les politiciens justifient-ils à cette lumière leur interventionnisme économique ? Suite dans la seconde partie

 

Patrick Aubin



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